Vote de la loi sur les médias «agents de l’étranger» en Russie

Vladimir Poutine, président de la fédération de Russie. [Frederic Legrand - COMEO/Shutterstock]

Sur fond de tension avec les États-Unis, le parlement russe adopte une loi de censure des médias étrangers. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Le Parlement russe a adopté le 15 novembre la loi permettant de désigner les médias internationaux comme des « agents de l’étranger ». Une réponse du Kremlin à la décision américaine de faire de même pour la chaîne RT. Les accusations d’ingérence russe dans la présidentielle remportée par Donald Trump en 2016 continuent de nourrir les tensions entre les deux pays.

Les députés russes ont adopté mercredi une loi permettant à tout média international d’être désigné comme « agent de l’étranger », la riposte de Moscou à l’enregistrement sous cette désignation de sa chaîne RT aux États-Unis. Cette mesure, qui place une épée de Damoclès au-dessus de tout média implanté en Russie et financé depuis l’étranger, constitue un nouvel épisode des tensions entre Moscou et Washington liées aux accusations d’ingérence russe dans la présidentielle remportée par Donald Trump en 2016.

Une loi adoptée à l’unanimité

La loi a été adoptée successivement en deuxième et troisième lecture par la Douma, la chambre basse du Parlement russe, sans qu’aucun député ne s’y oppose. Elle doit maintenant être validée par la chambre haute, le Conseil de la Fédération, ce qui relève généralement de la formalité, puis promulguée par Vladimir Poutine.

« Toute atteinte à la liberté des médias russes à l’étranger ne peut pas rester sans réponse de Moscou », a expliqué aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Formellement, les députés étendent aux médias une loi datant de 2012 qui ne concernait jusqu’à présent que les organisations non gouvernementales. La décision de déterminer quels médias, américains ou d’autres pays, devront s’enregistrer en tant qu’« agent de l’étranger » reviendra au ministère russe de la Justice.

Cette mesure pourra s’appliquer à toute entité « qui distribue des messages imprimés, audio ou audiovisuels » si elle « reçoit de l’argent d’un gouvernement étranger, […] d’organisations étrangères ou internationales, ou de citoyens étrangers ».

Des parlementaires ont estimé que la nouvelle loi pourrait s’appliquer à Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty, deux radios financées par le Congrès américain, voire aux chaînes américaines CNN ou allemande Deutsche Welle.

« C’est une décision que nous sommes contraints à prendre. Personne ne voulait la prendre et elle n’a pas d’impact sur la liberté de la presse dans le pays », a déclaré le vice-président de la Douma, Piotr Tolstoï, cité par l’agence de presse Ria Novosti.

Une épée de Damoclès pour tous les médias internationaux

La loi de 2012 sur les « agents de l’étranger » oblige les ONG bénéficiant d’un financement de l’étranger et ayant une « activité politique » — une formule aux contours flous — à s’enregistrer sous cette dénomination controversée, qui rappelle celle utilisée sous l’URSS pour qualifier les dissidents.

Cela contraint notamment les entités concernées à donner des informations aux autorités sur leur situation financière ainsi qu’à préciser dans les documents qu’ils produisent qu’ils sont classés comme tels.

>> Lire la suite de l’article sur Ouest-France

Subscribe to our newsletters

Subscribe