Le retrait des troupes françaises du Sahel « serait une erreur », d’après Emmanuel Macron

S’adressant au sommet du G5 Sahel de N’Djamena mardi (16 février), le président français Emmanuel Macron a revu sa volonté de retirer massivement les troupes françaises déployées dans la région du Sahel au nord-ouest de l’Afrique. EPA-EFE/FRANCOIS MORI / POOL MAXPPP OUT

S’adressant au sommet du G5 Sahel de N’Djamena mardi (16 février), le président français Emmanuel Macron a revu sa volonté de retirer massivement les troupes françaises déployées dans la région du Sahel au nord-ouest de l’Afrique.

« Je considère que précipiter un retrait français [] serait une erreur », a indiqué Emmanuel Macron aux journalistes en marge du sommet du G5 Sahel de N’Djamena au Tchad, auquel les chefs d’État et de gouvernement européens ont assisté par visioconférence.

Le président du Conseil européen Charles Michel et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères Josep Borrell étaient également de la partie.

À l’aube du sommet, plusieurs représentants français avaient laissé entendre que le président de l’Hexagone annoncerait vraisemblablement le retrait de 600 troupes, réduisant le nombre de soldats français présents dans la région à 4500. Cette décision aurait poussé sur le groupement européen de forces spéciales Takuba à étoffer ses engagements.

Lancée en mars 2020, la Task Force Takuba rassemble des troupes des Pays-Bas, du Portugal, de la Belgique, de la République tchèque, du Danemark, de l’Estonie, de l’Allemagne, de la Suède et du Royaume-Uni.

L'UE doit renforcer son soutien militaire au Mozambique, d'après la présidence tournante portugaise

L’Union européenne doit renforcer son soutien militaire et son aide en matière de sécurité au Mozambique tandis que le pays peine à lutter contre la menace djihadiste, a fait savoir le ministre portugais des Affaires étrangères Augusto Santos Silva.

La France devrait revoir sa présence militaire à la baisse au cours des prochains mois, a averti M. Macron.

« Des évolutions sans doute significatives seront apportées à notre dispositif militaire au Sahel en temps voulu, mais elles n’interviendront pas dans l’immédiat », a-t-il expliqué, arguant qu’« il serait paradoxal d’affaiblir notre dispositif au moment où nous disposons d’un alignement politique et militaire favorable à la réalisation de nos objectifs ».

De son côté, Charles Michel a indiqué que plusieurs États membres de l’UE « étudiaient la possibilité de rejoindre et conforter le soutien à la force Takuba ».

Toutefois, aucun nouvel engagement n’a été pris sur plan militaire et il semble peu probable que les nations européennes soient prêtes à augmenter le nombre d’effectifs présents dans la région de sitôt. À la suite du sommet mardi (16 février), le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a déclaré que Berlin n’augmenterait pas son déploiement de 1550 soldats au Mali.

La veille, le président tchadien Idriss Deby Itno a annoncé que 1200 soldats supplémentaires seraient envoyés à la zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Cette déclaration intervient au moment où la France souhaite voir les pays de la région assumer le relais militaire.

Le nombre croissant de victimes et les coûts des missions – l’opération antijihadiste Barkhane ayant coûté 900 millions d’euros en 2020 – exercent des pressions sur le président français pour réduire l’engagement des troupes françaises au Sahel.

En outre, ses affirmations de francs succès ces douze derniers mois contre les groupes djihadistes ne font pas l’unanimité dans le nord-ouest de l’Afrique. À l’inverse, pour certains, la stratégie de stabilisation de la région est en train de s’effondrer. Les massacres et la propagande djihadiste sont en hausse, à l’instar de la méfiance portée à l’égard de la France en tant qu’ancienne puissance coloniale.

Abordant cette hostilité, Emmanuel Macro a tweeté : « C’est notre devoir, Français, Européens, d’être en soutien d’États souverains qui le demandent. Engagés, nous le sommes au Sahel contre les groupes terroristes, aux côtés des populations. Le Sommet G5 Sahel du jour a fait le point et défini les priorités pour les mois à venir ».

L’instabilité politique, en particulier au Mali, soulève également des inquiétudes au sein de la communauté internationale. Le mois dernier, Emmanuel Macron a rencontré le président malien de transition Bah N’Daw à l’Élysée. Le gouvernement intérimaire devrait assurer ses fonctions pendant 18 mois, avant la tenue des prochaines élections. Toutefois, le pays demeure fragile et fortement influencé par l’armée depuis le coup d’État militaire d’août 2020, à la suite duquel l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé sa démission.

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