Open EURACTIV : nouveaux partenaires, nouveaux concurrents

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Christophe Leclercq est le fondateur d’EURACTIV

Nous entendons beaucoup parler de compétition entre les médias à Bruxelles, comment la percevez-vous ?

Nous sommes toujours contents d’avoir de la concurrence. C’est ce qui nous garde sur le qui-vive, c’est positif pour la transparence des médias et ça élargit le marché (en termes de lectorat et de revenus).

La couverture médiatique de l’UE est déjà innovante. Premièrement, la presse bruxelloise ne cesse d’évoluer. Deuxièmement, les groupes médiatiques ont fait de nombreuses tentatives de conversion « européenne ». Dans l’un des articles de mon blog, j’ai compté 20 de ces tentatives, dont certaines sont encore en cours. Le Financial Times a essayé d’établir un réseau dans quatre pays, avec des ressources considérables. Ce projet n’est jamais devenu rentable. Je regrette la dissolution de European Voice. Avec le soutien de The Economist, ce journal avait de bonnes chances de réussir (mais avait moins de lecteurs qu’EURACTIV). D’autres tentatives se sont avérées être des châteaux de cartes, qui se sont effondrés au bout de quelques années. C’est également le cas du projet de l’UE de créer son propre média (auquel il manquait indépendance et durabilité). Troisièmement, les médias spécialisés se sont développés, surtout en ligne. Le marché reste plus étroit qu’à Washington, mais s’est montré étonnamment résistant.

Comment définissez-vous le rôle d’EURACTIV dans ce paysage médiatique ?

Nous ne sommes ni un média centré sur la sphère bruxelloise, ni un média national, mais un réseau hybride composé de 12 équipes, qui constitue un pont entre ces deux mondes. Nous pratiquons un journalisme de qualité associé à la technologie d’Internet et aux langues.

Nous avons trois valeurs essentielles : efficacité, transparence et multilinguisme. En effet, 100 personnes travaillent pour la marque EURACTIV, dont la moitié, 51 précisément, font partie d’équipes éditoriales. La plupart d’entre eux sont installés dans les 12 capitales, et non au centre. En plus de produire et de publier des actualités originales locales, ils localisent et adaptent à leur pays les nouvelles de l’UE. En tant que média spécialisé, nous sommes aussi un outil pour les professionnels. Nous les aidons à être efficaces et à comprendre la bulle européenne bruxelloise.

Les décisions liées aux politiques sont prises principalement dans les capitales. Pour que l’UE soit plus transparente, ces informations devraient rester gratuites. La grande majorité de nos lecteurs dans les 12 capitales nous lisent dans leur langue maternelle. François Hollande lit en français. Angela Merkel liest eher auf deutsch !

Peut-on rendre l’Europe plus attrayante?

Oui, d’une manière créative, et non destructive. Rome ne s’est pas faite en un jour. Parlons de la politisation et de la personnalisation. L’UE est une puissance douce, multiculturelle et décentralisée, très différente, donc, des États-Unis, de la Russie ou de la Chine. Dans l’histoire de l’Europe, il y a eu de nombreuses tentative de domination, puis des guerre. Aujourd’hui, nous nous concentrons sur la compréhension des différences, et sur la coopération. EURACTIV, de par ses valeurs, de par ses équipes, reflète cette Europe.

La dernière tentative d’implication des citoyens a été la campagne électorale des Spitzenkandidaten lors des élections de 2014. Institutionnellement, ça a fonctionné, mais aucun des candidats n’est devenu un ambassadeur de l’UE.

C’est pourquoi, en plus d’observer l’UE, le réseau EURACTIV se concentre sur les États et sur les grands acteurs. Notre style n’est pas agressif, mais équilibré, il met en valeur des positions différentes et soutient un réel débat.

EURACTIV reçoit-il des aides des institutions de l’Union européenne ? Êtes-vous pro-européen ?

EURACTIV fait partie du secteur privé et est clairement indépendant, comme le prouvent nos études auprès des lecteurs. Notre modèle d’entreprise diversifié soutien cette indépendance. Notre département des ventes participe également à certaines campagnes de communication de l’UE, et la Fondation EURACTIV a lancé un projet de R&D sur la visualisation des politiques, notamment grâce au soutien de l’UE.

Rien de cela ne fait d’EURACTIV un média subventionné, puisque nos clients publics représentent moins de 10 % de nos revenus. La transparence nous tient réellement à cœur, et nous publions donc nombre de nos statistiques, sous le mot clé « Open EURACTIV ».

Quant à l’intégration européenne, nous somme naturellement européens, nés de l’Europe. C’est très différent de la position de la presse anglo-saxonne. Pour nous, l’UE, et même l’euro, ne sont pas des points d’interrogation, mais des réalités, qui soulèvent des tas de questions intéressantes. Nous nous démarquons de la presse anglo-saxonne sur ce point, avec tout le respect qu’il se doit. Parmi les 23 nationalités que compte notre équipe, nous avons plusieurs collègues américains, et ma propre femme est Britannique.

Vous avez évoqué ce qui vous garde sur le qui-vive. Qu’est ce qui est nouveau chez EURACTIV ?

Oui, nous avons quatre nouveautés pour vous. Premièrement, nous venons de terminer le processus d’intégration de nos équipes de Bruxelles, Londres, Paris et Berlin. Il y a dorénavant des traductions plus systématiques de nos articles de et vers l’anglais. Ce qui est important à Paris, Berlin ou Londres, est généralement important à Bruxelles, et vice-versa.

Deuxièmement, nous avons lancé le site EURACTIV.co.uk, à la veille des élections britanniques. Troisièmement, les sites en anglais, français et allemands d’EURACTIV ont fait peau neuve. Ils seront bientôt plus visuels, mieux adaptés aux portables. Nos sections ont également été modernisées. Nous publions plus que notre propre travail journalistique : nous avons des tribunes de parties prenantes et de blogueurs, et le site Internet accueille de plus en plus de contenu de nos partenaires.

Enfin, la quatrième nouveauté. La presse nationale utilise nos articles de différentes façons. Tous les ans, notre journalisme est repris et cité des milliers de fois. En outre, nous développons des échanges de contenus avec un ou deux organes de presse par pays. Ils sont intéressés par notre analyse en profondeur et par notre empreinte multilingue. Nous échangeons par exemple des articles sur l’environnement et le développement avec The Guardian. Nous venons également de signer des accords avec deux nouveaux partenaires : La Tribune à Paris et Der Tagespiegel à Berlin.

Nous aurons bientôt d’autres nouveautés à vous présenter, restez avec nous !

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