En renonçant à la CDU, AKK révèle le profond malaise de la droite allemande

PATRICK SEEGER / EPA-EFE

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BERLIN

Crise politique en Allemagne. La présidente de la CDU, qui était pressentie pour succéder à Angela Merkel, a annoncé qu’elle renonçait à briguer un autre mandat à la tête du parti, faute de pouvoir convaincre ses troupes de l’impossibilité de travailler avec les extrêmes, de droite comme de gauche. Elle prévoit donc de quitter la tête du parti l’été prochain. Le ministre-président nouvellement élu de Thuringe, Thomas Kemmerich, du parti libéral FDP, avait de son côté officiellement démissionné samedi 8 février. Sa victoire avait déclenché une vive controverse dans tout le pays. Les conservateurs songeaient à former une alliance improbable avec la gauche, pour éviter une nouvelle débâcle électorale, ce que AKK a vivement condamné. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne)

PARIS

Le Rassemblement national fait la quête. Le Rassemblement national (RN, extrême droite) cherche à collecter des fonds auprès de ses partisans pour financer ses campagnes électorales, car il est actuellement confronté à des difficultés financières, a annoncé la cheffe du parti, Marine Le Pen, lors d’un voyage en Gironde. Le RN avait déjà collecté 4 millions d’euros de cette manière pour la campagne des élections européennes. (Euractiv France)

VIENNE

L’aveu d’Airbus donne relance une enquête. L’affaire entourant l’achat par l’Autriche de 18 avions « Eurofighter » à Airbus en 2003 fait l’objet d’une enquête depuis de nombreuses années, car on soupçonnait Airbus d’avoir soudoyé des fonctionnaires pour qu’ils achètent ces avions, alors que Saab avait proposé une meilleure offre. Bien qu’un tribunal viennois ait ouvert un procès contre le géant de l’aviation en 2017, ce n’est que maintenant que les preuves semblent être suffisantes. Airbus a admis avoir commis des méfaits dans le cadre de la vente d’Eurofighters à l’Autriche, mentionnant notamment des « contributions politiques » aux principales parties prenantes. On ne sait cependant pas exactement qui a été payé en Autriche. (Philipp Grüll, Euractiv Allemagne)

BRUXELLES

Lettre de plainte. Le ministre turc de la Justice, Abdulhamit Gül, a envoyé une lettre très ferme à son homologue belge, Koen Geens (CD & V), avant le week-end, se plaignant d’un arrêt de la Cour de cassation qui ne considère pas le PKK comme une organisation terroriste. « Le verdict est inacceptable et cause de profondes blessures en Turquie », écrit-il dans la lettre, ajoutant que l’affaire constitue « un coup dur » pour la Turquie. (Alexandra Brzozowski, Euractiv.com)

DUBLIN

Sinn Féin en tête. La présidente du Sinn Féin, Mary Lou McDonald, a salué la performance de son parti lors des élections générales irlandaises comme « une sorte de révolution dans les urnes », le groupe républicain ayant remporté 24,5 % de tous les premiers votes préférentiels. (Samuel Stolton, Euractiv.com)

LONDRES

Le gouvernement moins exigeant sur les salaires des immigrants. Le gouvernement de Boris Johnson devrait accepter d’abaisser le seuil de revenu minimum des migrants souhaitant s’installer au Royaume-Uni. La liberté de circulation à destination et en provenance du Royaume-Uni prendra fin à la fin de 2020, et les nouvelles règles d’immigration du Royaume-Uni s’appliqueront également aux ressortissants de l’UE. Il est désormais prévu d’inclure un revenu annuel minimum de 25 600 £, soit un seuil moins élevé que celui de 30 000 £ prévu à l’heure actuelle. Le gouvernement a revu sa copie après que des chefs d’entreprise et des syndicats de la fonction publique se sont plaints qu’ils seraient confrontés à une pénurie de main-d’œuvre. (Benjamin Fox, Euractiv.com)

ROME

L’Italie et l’Égypte en désaccord, encore une fois. Le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, a déclaré qu’il suivait de près le cas d’un chercheur égyptien de 27 ans étudiant en Italie, qui a été arrêté au Caire vendredi 7 février. Les autorités italiennes veulent éviter une répétition de l’affaire Giulio Regeni, le doctorant italien assassiné au début de 2016, qui avait provoqué de vives tensions entre l’Italie et l’Égypte. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

LISBONNE

Le procureur général accusé d’« attaque majeure » contre les magistrats. Dans une décision considérée par le syndicat des procureurs comme « la plus grande attaque contre l’autonomie des magistrats » depuis que le pays est devenu une démocratie, le procureur général du Portugal a déterminé que la hiérarchie du ministère public pouvait intervenir dans les affaires pénales, en « modifiant ou en révoquant des décisions antérieures ». (Cristina Cardoso, lusa.pt).

ATHÈNES

La BEI perd 15 millions d’euros en Crète. Le premier échec de la Banque européenne d’investissement (BEI) en Grèce s’accompagne de pertes élevées, puisque les banquiers de l’UE avaient octroyé un prêt d’investissement de 15 millions d’euros à une industrie agroalimentaire innovante, Creta Farms, en 2016. Mais aujourd’hui, après une bataille d’un an entre les actionnaires, sur décision de justice, l’entreprise autrefois prospère est vendue au plus offrant. Tous les créanciers sont confrontés à des pertes, mais la BEI perdra 97 % de son capital, contre 65 % seulement pour les banques grecques, comme l’a dévoilé Euractiv Grèce le 7 février. Pour l’heure, la banque n’a fait aucun commentaire officiel. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce )

PRAGUE

Andrej Babiš en pleine ascension. Le parti au pouvoir ANO (Renew Europe), du Premier ministre tchèque Andrej Babiš, remporterait les élections législatives avec 30 % (1,5 point de pourcentage de plus qu’en novembre 2019), selon le dernier sondage de l’agence Kantar publié dimanche 9 février par la télévision tchèque. ANO est en tête des sondages d’opinion en République tchèque depuis longtemps, bien que le Premier ministre Andrej Babiš ait été impliqué dans plusieurs scandales liés à de prétendus conflits d’intérêts. Le Parti pirate tchèque (Verts/ALE), avec 16,5 %, et l’ODS (ECR), parti civil-démocrate, avec 12,5 %, sont à la traîne selon le sondage. (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

BUCAREST

Mascarade de gouvernement. Bien que le leader du PNL (PPE), Ludovic Orban, ait été désigné par le Président Klaus Iohannis (également du PNL) pour former un nouveau gouvernement après que son cabinet a été limogé par le Parlement la semaine dernière, ses propres députés du PNL ne veulent pas voter en faveur du nouveau gouvernement, car ils veulent des élections anticipées. Ludovic Orban déposera néanmoins la liste des nouveaux ministres et le programme de gouvernement actualisé ce lundi 10 février. (Bogdan Neagu, Euractiv Roumanie)

LJUBLJANA

Première prière dans la première mosquée. Plusieurs milliers de croyants musulmans se sont réunis à Ljubljana vendredi 7 février dans le centre culturel islamique nouvellement construit. Cette mosquée est la première construite en Slovénie après des décennies d’attente et de demandes. La plupart des fonds proviennent de dons de l’étranger. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

ZAGREB       

La Croatie défend la cohésion. Le Premier ministre, Andrej Plenković, est prêt à faire tout ce qui est en son pouvoir pour préserver des fonds de cohésion appropriés dans le prochain cadre financier pluriannuel, qui sera au cœur du sommet du Conseil européen du 20 février. « En dehors du Portugal, nous sommes l’un des États membres qui dépendent des fonds de l’UE. Mes collègues devraient reconnaître le fait que la Croatie n’est dans l’UE que depuis sept ans, nous sommes donc dans une position particulière », a déclaré AndreJ Plenković lors d’une réunion avec le président du Conseil européen, Charles Michel, ce week-end. (Tea Trubić Macan, Euractiv Croatie)

BELGRADE

La Serbie d’abord. Le ministre serbe des Affaires étrangères et chef du parti socialiste, Ivica Dačić, a déclaré que « la Serbie n’[était] pas prête à faire n’importe quoi juste pour rejoindre l’UE ».  S’exprimant à Novi Sad, lors de la première d’une série de réunions marquant le 30e anniversaire des socialistes, Ivica Dačić a déclaré qu’être de gauche ne devait « jamais signifier que vous trahissez votre peuple ». « Pas un seul socialiste n’a jamais trahi son peuple. La Serbie passe toujours en premier, c’est le plus important pour nous, c’est pourquoi les socialistes parlent de patriotisme aujourd’hui, et personne ne peut l’interdire. Il doit être clair que la Serbie ne fera pas n’importe quoi pour rejoindre l’UE, elle ne fera rien qui puisse lui nuire », a déclaré Ivica Dačić, cité par son parti. (Euractiv Serbie)

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