L’épineuse négociation du premier budget de l’UE post-Brexit

[EPA/ JULIEN WARNAND]

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BERLIN

« Retour en arrière » pour le budget. Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz (SPD) a vivement critiqué la proposition du président du Conseil européen Charles Michel pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP). Il la qualifie de « retour en arrière » et déplore l’absence de « politiques modernes ». Il souligne la nécessité de taxer les multinationales technologiques, ce qui n’apparait pas dans la proposition de budget actuelle. Malgré ces critiques et sa présence habituelle parmi les pays contributeurs nets « économes », l’Allemagne a indiqué qu’elle était prête à contribuer au budget à hauteur de plus de 1 % de son revenu national brut (RNB). (Sara Lawton | Euractiv Allemagne)

PARIS

Trop, c’est trop. « Nous sommes fatigués de donner de l’argent ensuite redistribué sous forme de rabais à d’autres pays voisins », a déclaré la secrétaire d’État aux affaires européennes, Amélie de Montchalin (LREM), à la veille du sommet extraordinaire sur le budget à long terme. Le gouvernement français espère que Brexit ouvrira la voie au retrait des rabais accordés à l’Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas, à l’Autriche et à la Suède. « La France est un contributeur net ; nous contribuons plus au budget que nous ne recevons, mais nous voulons payer pour les Européens, pour des projets concrets, pour des bénéficiaires tangibles », a souligné Montchalin. (Euractiv France)

VIENNE

Approbation prudente du budget. La ministre autrichienne de l’UE Karoline Edtstadler (ÖVP) a déclaré que la proposition de budget « allait dans la bonne direction ». L’Autriche, troisième plus gros contributeur net, exige toujours que ses contributions budgétaires bénéficient de rabais. Sans ces rabais, le pays deviendrait le deuxième plus grand payeur net, explique la ministre. (Philipp Grüll | Euractiv Allemagne)

HELSINKI

Construire un pont budgétaire. La Finlande joue désormais le rôle de médiateur entre le groupe dit « frugal », qui souhaite que le budget soit fixé à 1 % du revenu national brut (RNB) des États membres, et les « amis de la cohésion », qui veulent que les pays les plus riches contribuent davantage et considèrent les réductions trop importantes. Maintenant que le Royaume-Uni a quitté l’UE, la Finlande veut un budget représentant 1,06 % du RNB de l’UE et espère que les rabais dont bénéficient certains pays seront abandonnés. (Pekka Vänttinen | Euractiv.com)

DUBLIN

Les agriculteurs irlandais touchés par les réductions de la PAC. Plusieurs grands lobbies agricoles irlandais se sont opposés aux propositions de réduction de la politique agricole commune (PAC) dans le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE, affirmant que les agriculteurs du pays pourraient être parmi les plus touchés par les coupes budgétaires. De récents documents du Conseil révèlent que la PAC pourrait subir une réduction de 14 % de son financement. (Samuel Stolton | Euractiv.com)

D’autre part, les sociodémocrates ont décidé d’annuler une réunion avec Fine Gael suite à une déclaration de Leo Varadkar selon laquelle son parti est prêt à entrer dans l’opposition au sein du nouveau Parlement irlandais. « Bien qu’il ait toujours été peu probable que nous trouvions un terrain d’entente avec le Fine Gael, nous avions l’intention d’honorer notre engagement de nous impliquer ouvertement avec tous les partis », déclarent les sociodémocrates. « Il est clair que l’intention du Fine Gael est de s’engager dans le shadow-boxing pour les semaines à venir, et nous n’avons aucun intérêt à participer à une telle mascarade ». (Samuel Stolton | Euractiv.com)

MADRID

Une proposition jugée « injuste » et « insuffisante ». La proposition de budget de Charles Michel n’est pas suffisante, a averti la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arantxa González Laya. La ministre affirme qu’elle est insuffisante d’un point de vue géopolitique, et qu’elle ne résout pas non plus les inégalités qui résultent de la crise financière de 2008.

Les propositions de réduction de la PAC inquiètent particulièrement l’Espagne, dont les agriculteurs manifestent depuis des semaines. La proposition « ne reconnaît pas le rôle de l’agriculture comme un outil de cohésion et un élément clé pour la transition verte », a déclaré la ministre. (Beatriz Rios | Euractiv.com)

En outre, le Conseil des ministres espagnol a approuvé mardi 18 février une taxe nationale sur les services numériques, la « taxe Google », ainsi qu’une taxe sur les transactions financières, rapporte EuroEFE, partenaire d’Euractiv. Toutefois, pour éviter d’attiser la colère des États-Unis, la taxation ne prendra effet qu’en décembre de cette année. (Euroefe)

ATHÈNES

Le budget rend perplexe. Athènes estime que les propositions de Charles Michel ne sont pas assez ambitieuses, et que plus d’argent devrait être consacré à la cohésion et aux agriculteurs. Par ailleurs, la Grèce, qui se trouve en première ligne du flux migratoire vers l’UE, souhaite également obtenir plus d’argent pour alléger le fardeau de la migration. (Sarantis Michalopoulos | Euractiv.com)

LISBONNE

Le Portugal s’oppose à la proposition. Le Premier ministre portugais António Costa a déclaré qu’il n’accepterait pas le projet de budget de l’UE, mais a refusé d’y opposer son veto, plaidant plutôt pour une approche constructive consistant à ne pas céder aux « quatre pays radins » qui défendent le sous-financement. Les partenaires sociaux, qui comprennent les représentants des travailleurs et des employeurs, se sont également opposés aux coupes budgétaires après une réunion extraordinaire avec le gouvernement portugais le 17 février. (Maria de Deus Rodrigues et Vanda Proença | Lusa.pt)

VARSOVIE

Une réalité qui déçoit les attentes. « L’Union européenne a besoin d’un budget dans un esprit de solidarité. Nous voulons que l’Europe soit un acteur mondial », a écrit le Premier ministre Mateusz Morawiecki dans un article publié le 18 février dans Die Welt. Toutefois, comme l’a fait remarquer le ministre des Affaires européennes, Konrad Szymański, après avoir assisté à la réunion de lundi à Bruxelles, il existe encore des différences fondamentales entre les États membres concernant les dépenses de l’UE pour le prochain cadre financier pluriannuel entre 2021 et 2027. La Pologne fait partie du groupe de pays qui souhaitent le budget le plus généreux possible et s’opposent aux réductions de la politique de cohésion et de la politique agricole commune (PAC) de l’UE. (Mateusz Kucharczyk | Euractiv Pologne)

BUDAPEST

« Nous voulons un budget équitable ». La Hongrie n’a pas encore réagi à la nouvelle proposition de budget de l’UE. Auparavant, le Premier ministre Viktor Orbán avait demandé que le budget de l’UE soit « équitable », ajoutant qu’actuellement, les États membres les plus pauvres transfèrent des fonds aux plus riches. Viktor Orbán semblait sceptique quant à la possibilité de réaliser de réels progrès lors du sommet extraordinaire sur le budget de l’UE de ce 20 février, ajoutant que « la qualité du budget est plus importante que la date de son adoption ». (Željko Trkanjec | Euractiv Hongrie, Vlagyiszlav Makszimov | Euractiv.com)

BUCAREST

La Roumanie veut un « budget ambitieux ». Bucarest n’est pas impressionné par la proposition de budget, mais estime qu’elle reste une bonne base pour les négociations du sommet extraordinaire ce 20 février. Outre l’espoir du pays d’éliminer les rabais, le président Klaus Iohannis a réitéré le soutien de la Roumanie à un budget ambitieux, « de préférence au niveau proposé par la Commission européenne, en envisageant de nouveaux objectifs plus ambitieux ». (Euractiv Roumanie)

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