Faire barrage à Marine Le Pen : l’objectif de l’extrême gauche française

Lors des dernières élections, il a fallu à l’extrême gauche française jusqu’aux derniers instants de la campagne électorale pour donner des consignes de vote claires aux électeurs afin qu’ils votent contre l’extrême droite. Nous dirigeons-nous vers le même scénario en 2022 ? [Parlement Européen]

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Aujourd’hui dans les Capitales

PARIS

Faire barrage à Marine Le Pen : l’objectif de l’extrême gauche française. À cinq mois du premier tour de l’élection présidentielle française, EURACTIV France s’est entretenu avec le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, l’eurodéputé Manuel Bompard.

Lors des dernières élections, l’extrême gauche française a attendu les derniers instants de la campagne électorale pour donner des consignes de vote claires aux électeurs afin qu’ils votent contre l’extrême droite. Nous dirigeons-nous vers le même scénario en 2022 ?

Jean-Luc Mélenchon, le leader de l’extrême-gauche française (La France Insoumise), a été critiqué pour ne pas avoir donné à ses partisans des consignes de vote claires en 2017 contre la candidate de l’extrême-droite, Marine Le Pen, au second tour des élections présidentielles.

En 2017, cette absence d’appel à voter pour Emmanuel Macron avait suscité une levée de boucliers. M. Mélenchon n’affichait pas de position claire sur la question s’était contenté de déclarer, quelques jours plus tard, sur sa chaîne YouTube : « Ce que je vais voter, je ne vais pas vous le dire, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour deviner ce que je vais faire. »

Ce n’est que le 30 avril, une semaine avant le second tour, que M. Mélenchon a appelé ses électeurs à ne pas faire la « terrible erreur » de voter pour le parti de Mme Le Pen afin de ne pas pousser « le pays [vers] un embrasement général ».

S’il ne se qualifie pas pour le second tour, M. Mélenchon a déclaré à la télévision française, en mars dernier, qu’il ne donnerait pas de consignes de vote car elles « n’ont aucun poids ». « Je ne reprendrai jamais l’initiative de dire “faites ceci, faites cela” », a-t-il déclaré.

Son directeur de campagne, l’eurodéputé Manuel Bompard a déclaré à EURACTIV France que malgré ce que les gens ont pu dire, « Jean-Luc Mélenchon a toujours été très clair à chaque élection : aucune voix ne doit aller au Rassemblement national ».

« Pour l’instant, notre objectif est d’être au second tour », a souligné son directeur de campagne, nuançant l’engagement pris par M. Mélenchon.

Interrogé par EURACTIV sur la position du parti au second tour cette fois-ci, M. Bompard a répondu : « Répondre à cette question, c’est s’enfermer dans un second tour qui n’existe pas ».

La « frénésie sondagière »

Selon le dernier sondage d’Elabe, M. Mélenchon recueillerait entre 6 et 7 % des voix — en fonction du candidat choisi par Les Républicains et en supposant qu’Éric Zemmour se présente.

« Nous avons un problème en France avec les sondages », a déclaré M. Bompard, faisant remarquer que cette « frénésie sondagière » donne le sentiment que « la possibilité d’accéder au second tour pour un candidat comme le nôtre est très éloignée ».

« La possibilité d’accéder au second tour dépend de notre capacité à mobiliser les personnes qui, aujourd’hui, se posent la question d’aller voter », a-t-il ajouté, citant l’exemple des jeunes et des catégories populaires

Enfin, pour participer officiellement à l’élection, les candidats doivent obtenir les signatures de 500 élus de la République (députés, sénateurs, maires, etc.). Ces parrainages doivent provenir d’au moins 30 départements ou territoires d’outre-mer différents. Lors de la précédente élection, M. Mélenchon en avait obtenu 805.

Mais l’exercice n’est pas toujours facile, surtout pour « les formations politiques qui ne s’appuient pas sur un réseau d’élus extrêmement important », a expliqué M. Bompard.

Pour l’heure, il a précisé que la France Insoumise avait dépassé « plus de la moitié de l’objectif ».

Interrogé sur la possibilité d’une alliance des partis de gauche, M. Bompard a déclaré qu’il existait de nombreuses différences programmatiques, notamment sur la question des traités européens et sur la réforme des institutions françaises. Il ne s’agit pas d’une « question d’ego, contrairement à ce que l’on entend parfois ».

(Mathieu Pollet | EURACTIV France)

BERLIN

Le bilan environnemental d’Angela Merkel passé au crible alors qu’elle fait ses adieux à Emmanuel Macron. Le président français Macron a accueilli la chancelière allemande, Angela Merkel, mercredi 3 novembre, pour sa visite d’adieu. Mais des critiques de haut niveau accusent le gouvernement allemand sortant de laisser derrière lui un héritage épineux. Lire plus.

(Julia Dahm | EURACTIV Allemagne)

VIENNE

La reprise économique autrichienne est meilleure que prévu. Le Conseil fiscal prévoit un déficit budgétaire de seulement 1,6 % en 2022 pour l’Autriche. Dans le même temps, le taux d’endettement passera de 83,2 % actuellement à 77,7 %. Cela signifie que l’Autriche atteindra l’année prochaine le ratio d’endettement de 2017.

(Oliver Noyan | EURACTIV Allemagne)


ROYAUME UNI – IRLANDE 

DUBLIN 

L’Irlande ne respecte pas les normes de l’UE en matière de traitement des eaux usées, selon un rapport. L’agence irlandaise pour la protection de l’environnement (EPA) a publié son rapport sur le traitement des eaux usées en 2020, qui révèle que le traitement est resté en deçà des normes fixées par l’UE, 15 ans après l’échéance de 2005.

(Molly Killeen | EURACTIV.com)


SCANDINAVIE ET PAYS BALTES

HELSINKI

Les énergies renouvelables couvrent plus de la moitié de la production d’électricité en Finlande. Les sources d’énergie renouvelables ont couvert plus de 52 % de la production d’électricité de la Finlande en 2020, selon un nouveau rapport publié par Statistics Finland. C’est la première fois dans l’histoire du pays que les énergies renouvelables représentaient plus de la moitié du mix énergétique du pays.

 (Pekka Vänttinen | EURACTIV.com)


EUROPE DU SUD

ROME

Le plan de Matteo Salvini pour unir l’extrême-droite européenne n’a aucun sens, selon un membre clef du parti. Dans une interview accordée à l’animateur Bruno Vespa, le ministre italien du développement économique, Giancarlo Giorgetti, a commenté le projet du leader de son parti, Matteo Salvini, de lancer une alliance européenne d’extrême droite qui comprendrait Marine Le Pen, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le parti d’extrême droite allemand AfD. Lire plus.

(Viola Stefanello | EURACTIV Italie)

MADRID

Le tourisme et le marché de l’emploi espagnols battent des records après de sévères restrictions liées à la pandémie. L’Espagne a accueilli 4,69 millions de touristes étrangers en septembre de cette année, soit une augmentation de 311,9 % par rapport au même mois en 2020, lorsque la plupart de l’UE souffrait de sévères restrictions de voyage pour contenir la pandémie, a rapporté EFE, partenaire d’EURACTIV.

(Fernando Heller | EuroEFE.EURACTIV.es)

LISBONNE

Le Premier Ministre portugais rassure la présidente de la BCE. Le Premier ministre António Costa a déclaré mercredi à la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, qu’il ferait tout ce qu’il faut pour que le Portugal poursuive le processus d’assainissement budgétaire et d’assainissement des finances publiques.

(Pedro Morais Fonseca | Lusa)

ATHENES 

Le Premier ministre Mitsotakis s’en est pris aux personnes non vaccinées dans une interview, à l’exception de l’église orthodoxe. Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a été catégorique, lors d’une interview complète avec la chaîne de télévision nationale grecque MEGA mercredi soir, sur le fait qu’aucun nouveau confinement ne sera imposé dans le pays en raison de l’augmentation des cas de COVID-19.

(Matthaios Tsimitakis | EURACTIV Grèce)​​


GROUPE DE VISEGRAD 

VARSOVIE

Le président polonais signe la loi sur la construction d’un mur à la frontière biélorusse. La loi spéciale sur la construction d’une clôture permanente à la frontière avec la Biélorussie, signée par le président Andrzej Duda mardi (2 novembre), a été publiée au journal officiel polonais. Lire plus.

(Anna Wolska | EURACTIV Pologne)

PRAGUE | VARSOVIE

La ministre polonaise de l’Environnement se rend à Prague dans une ultime tentative de débloquer le conflit de Turów. La ministre polonaise du climat et de l’environnement nouvellement nommée, Anna Moskwa, se rendra à Prague vendredi pour reprendre les discussions bilatérales entre la République tchèque et la Pologne dans le but de débloquer le différend sur la mine de lignite de Turów.

(Aneta Zachová | EURACTIV République thhèque)

BUDAPEST

L’opposition hongroise toujours en tête des sondages dans la capitale. L’opposition est toujours en tête à Budapest, la liste commune des six partis obtiendrait 44 % des voix, tandis que le Fidesz-KDNP en obtiendrait 31 %, si les élections législatives avaient lieu dans un avenir proche, selon un sondage commandé par HVG.

(Vlagyiszlav Makszimov | EURACTIV.com with Telex)

BRATISLAVA

La Slovaquie prend des mesures pour protéger ses forêts primaires. Le gouvernement a approuvé un plan visant à réunir 76 forêts intactes réparties sur 6 500 hectares dans une nouvelle zone protégée baptisée « Forêts primaires de Slovaquie ». Cette réserve sera placée sous le plus haut niveau de protection, ce qui devrait permettre de protéger la biodiversité locale.

(Barbara Zmušková | EURACTIV Slovaquie)


NOUVELLES DES BALKANS

SOFIA

Le candidat d’extrême droite à la présidence de la Bulgarie arrêté pour l’attaque d’un centre LGBTQ. Le candidat à la présidence de la Bulgarie, le nationaliste Boyan Stankov, a été mis en examen pour avoir attaqué un centre LGBTQ à Sofia. Il a été placé en détention pendant 72 heures par le procureur. Une décision de justice devrait être prise pour qu’il soit arrêté plus longtemps.

 (Krassen Nikolov | EURACTIV Bulgarie)

BUCAREST

La Roumanie toujours à la recherche d’un premier ministre. Les politiciens roumains ont entamé un nouveau cycle de négociations dans le but de former une coalition, plus de deux mois après l’effondrement de la coalition de centre-droit, après que le désormais ancien premier ministre et leader du PNL, Florin Citu, ait congédié le ministre de la justice de l’époque, Stelian Ion, membre de l’USR (Union pour Sauver a Roumanie).

(Bogdan Neagu | EURACTIV Roumanie)

TIRANA

Plus de 37 000 Albanais se sont installés dans l’Union européenne en 2020. En 2020, 37 592 citoyens albanais ont obtenu un premier permis de séjour dans un État membre de l’Union européenne, selon les statistiques publiées par EUROSTAT.

(Alice Taylor | Exit.al)


AGENDA:

  • Espagne : La délégation du Parlement européen se rend à Vitoria, au Pays basque, et à Madrid pour recueillir des informations relatives aux 379 décès de l’ETA non encore élucidés.
  • Pologne : La ministre de l’environnement, Anna Moskwa, se rendra à Prague pour le prochain cycle de négociations sur le différend concernant la mine de Turow.
  • Bulgarie : le ministre de l’Intérieur Boyko Rashkov et le ministre de la Défense Georgi Panayotov visiteront une section de la frontière bulgaro-turque.
  • Croatie : La commission parlementaire de la défense tient une session sur le rôle de l’industrie de la défense dans le développement de la production nationale dans le nord-ouest de la Croatie.
  • Serbie : le président Aleksandar Vučić rencontrera le premier ministre albanais Edi Rama et le vice-premier ministre de Macédoine du Nord en charge des questions européennes, Nikola Dimitrov, dans le cadre de l’initiative « Open Balkans ».
  • Bosnie-Herzégovine : Première session du Conseil des ministres depuis trois mois.

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[Edité par Sarantis Michalopoulos, Alexandra Brzozowski, Daniel Eck, Benjamin Fox, Zoran Radosavljevic, Alice Taylor]

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