La relance de l’UE au cœur du sommet européen

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PARIS / LISBONNE

À la veille d’une réunion cruciale du Conseil européen ce jeudi 23 avril, une source française de haut niveau a déclaré à Euractiv France : « Nous ne sommes pas du tout sortis de la crise sanitaire ».

« Nous avons besoin d’un montant représentant 10 % du PIB de l’UE, c’est-à-dire le montant que l’Allemagne a mis sur la table pour soutenir son économie. Pour l’UE, cela représenterait environ 1 500 milliards d’euros », a ajouté la source.

Un diplomate européen a assuré à Euractiv.com que, selon les dernières discussions, l’UE emprunterait de l’argent sur les marchés et le verserait dans le budget de l’UE. La grande question est de savoir comment cet argent sera distribué aux États membres. Il pourrait s’agir de prêts à long terme, de subventions ou d’une combinaison des deux.

À Lisbonne, le Premier ministre portugais, António Costa, a déclaré mercredi 22 avril que le Portugal devait savoir si le plan de relance économique de l’UE post-crise sanitaire mettrait « une fronde ou un bazooka » à sa disposition.

Selon l’agence de presse Lusa, António Costa a souligné qu’une partie du financement devrait provenir de l’émission d’une dette européenne commune, et que la répartition entre les États membres était cruciale. « Notre réponse est que ce transfert devrait être garanti […] par le transfert de subventions et non de prêts, bien que nous ne puissions exclure que pour certains programmes […] les prêts puissent constituer la forme appropriée », a-t-il ajouté.

Le diplomate européen a également déclaré qu’il était possible que les « corrections budgétaires » soient échelonnées à mesure que le système des ressources propres de l’UE sera modernisé, une question soulevée hier par le groupe socialiste au Parlement européen.

La source française n’était pas opposée à l’idée que l’UE augmente ses ressources propres, mais avait initialement rejeté l’idée « car il s’agit d’une urgence, nous pouvons nous mettre d’accord à 27 pour émettre une dette qui sera commune, mais quand il s’agit de décider d’une taxe carbone ou de la taxe sur les transactions financières, les choses se compliquent ».

Le Sud de l’Europe souhaite une certaine souplesse dans le budget de l’UE en ce qui concerne les transferts d’argent entre les différents dossiers, ainsi qu’un marché unique qui fonctionne non seulement pour les marchandises mais aussi pour la libre circulation, qui sera cruciale pour les vacances de cet été. (Luísa Meireles et Maria de Deus Rodrigues, lusa.pt, Aline Robert, Euractiv France, Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

BERLIN

L’Allemagne publie ses prévisions de déficit. Mercredi 22 avril, le cabinet du gouvernement a adopté le programme de stabilité allemand – son évaluation des finances publiques à remettre à la Commission. Le rapport prévoit un déficit de 7,25 % du PIB, ainsi qu’un ratio de la dette au PIB qui, en raison des dépenses accrues pour lutter contre l’impact du COVID-19, passera de 58,9 % à 75,25 % pour 2020.

Le rapport a été rédigé au cours des premières phases de la crise du COVID-19, et est donc « actuellement soumis à de très fortes incertitudes ». Le 29 avril, le gouvernement allemand publiera également ses projections de développement économique pour le printemps, qui servent de base aux calculs budgétaires du pays, avec des données plus récentes.

Entre-temps, tous les États allemands ont annoncé de nouvelles règles exigeant le port de masques de protection dans les transports publics et les magasins. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne)

HELSINKI

Olli Rehn n’aime pas les euro-obligations. À la veille de la réunion du Conseil européen, Olli Rehn, le gouverneur de la Banque de Finlande, a pris soin de ne pas apporter son soutien aux euro-obligations lors d’une conférence de presse à Helsinki mercredi 22 avril. Au début du mois cependant, l’ancien commissaire européen à l’économie avait déclaré dans une interview à Bloomberg que les « obligations corona » pourraient constituer une option. (Pekka Vänttinen, Euractiv.com)

BRUXELLES

Fuite sur la levée progressive du confinement. Les experts belges chargés d’élaborer la stratégie de sortie de confinement du pays ont proposé la réouverture de certains magasins, l’assouplissement partiel de certaines restrictions sur les rassemblements et les activités de plein air à partir du 3 mai et la réouverture de certaines classes à partir du 18 mai, selon un projet de recommandations obtenu par Le Soir. (Alexandra Brzozowski, Euractiv.com)

LONDRES

Distanciation sociale pour le reste de l’année 2020. La distanciation sociale sera nécessaire au moins jusqu’à la fin de l’année pour prévenir de nouvelles épidémies de coronavirus, a déclaré mercredi 22 avril le médecin en chef du gouvernement. (Benjamin Fox, Euractiv.com)

ROME

Le pape François prie pour l’unité de l’UE. À l’approche du sommet européen de ce 23 avril, le pape François a appelé l’UE à redécouvrir l’unité fraternelle dont rêvaient ses pères fondateurs. « En ces temps où tant d’unité entre nous est nécessaire, prions aujourd’hui pour l’Europe », a-t-il déclaré, en commençant la messe quotidienne du matin, mercredi 22 avril. La veille, il avait eu une conversation téléphonique de 45 minutes avec le président français Emmanuel Macron pour discuter de la réponse à la crise du COVID-19. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

MADRID

Mauvaise gestion et manque de prévoyance. Le gouvernement espagnol a été critiqué à plusieurs reprises pour sa gestion de la crise sanitaire et son manque de prévoyance. Les derniers reproches en date concernent les règles relatives à la sortie des enfants. Les partis politiques de l’opposition ont accusé le gouvernement d’« improvisation », bien que l’exécutif se soit conformé aux recommandations des experts et aux directives de l’OMS. (Euroefe)

VARSOVIE

Bonnet d’âne en matière de liberté de la presse. La Pologne figure au dernier rang du classement mondial de la liberté de la presse. « Les efforts des autorités pour asservir le système judiciaire », ainsi que « la tendance croissante à pénaliser la diffamation » justifient cette place de la Pologne, selon Reporters sans frontières. Depuis qu’elle a été classée au 18e rang en 2015, la Pologne a reculé chaque année dans le classement. (Natalia Pazura Euractiv Pologne)

BRATISLAVA

Enquête sur la fraude aux subventions agricoles de l’UE. L’Agence nationale de lutte contre la criminalité a arrêté mercredi 22 avril l’ancien directeur de l’Agence de paiement agricole (PPA), Juraj Kožuch, soupçonné de fraude aux subventions agricoles, que l’agence supervise et distribue. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

BUDAPEST

4,2 milliards d’euros de soutien financier. La Banque hongroise de développement a annoncé un plan de soutien aux entreprises de 4,2 milliards d’euros sous forme de prêts, de garanties et d’injections de capitaux. Ces mesures font partie du plan de relance économique du pays annoncé par le Premier ministre Viktor Orban au début du mois, qui vise à mobiliser 18 à 20 % du PIB. (Vlagyiszlav Makszimov, Euractiv.com)

BELGRADE

Procédure contre la Serbie. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a engagé une procédure contre la Serbie pour le traitement dégradant des Roms qui vivent dans un campement informel près de Belgrade, a rapporté mercredi 22 avril l’Initiative pour les droits économiques et humains A11. (Euractiv Serbie)

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