L’Allemagne refuse de soutenir la France dans l’affaire des sous-marins

La réaction sévère de la France est «  compréhensible  », a déclaré à EURACTIV le député Nils Schmid, porte-parole du SPD en matière de politique étrangère, mais a souligné que «  nous n’avons aucun intérêt à une nouvelle escalade et voulons poursuivre l’étroite collaboration avec les États-Unis et l’Australie. » [Dennis van de Water/Shutterstock]

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Avant de commencer à lire l’édition d’aujourd’hui des Capitales, vous pouvez jeter un coup d’œil au sondage d’EURACTIV sur les élections allemandes, en coopération avec Europe Elects. Vous pouvez trouver les versions anglaise et allemande ici.


Aujourd’hui dans les Capitales

BERLIN | PARIS

L’Allemagne refuse de soutenir la France dans l’affaire des sous-marins. L’Allemagne a refusé de soutenir la France dans son conflit diplomatique avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie après que cette dernière a torpillé un accord de plusieurs milliards de dollars portant sur l’acquisition de sous-marins français en faveur d’un accord avec Washington et Londres. L’Allemagne a opté pour une approche plus conciliante.

La réaction sévère de la France est «  compréhensible  », a déclaré à EURACTIV le député Nils Schmid, porte-parole du SPD en matière de politique étrangère, mais a souligné que «  nous n’avons aucun intérêt à une nouvelle escalade et voulons poursuivre l’étroite collaboration avec les États-Unis et l’Australie. »

Après que l’Australie a renoncé à l’accord sur les sous-marins, d’un montant de 56 milliards d’euros, la France a réagi avec force et a rappelé ses ambassadeurs à Washington et à Canberra dans un acte de protestation sans précédent.

«  Ce n’est pas seulement une affaire franco-australienne, mais une rupture de confiance dans les alliances  », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans une interview à Ouest-France. «  Elle appelle une réflexion sérieuse sur le concept même de ce que nous faisons des alliances  », a-t-il ajouté.

La France a déjà réussi à obtenir le soutien de l’Union européenne dans son conflit avec les États-Unis.

«  L’un de nos États membres a été traité d’une manière qui n’est pas acceptable, nous devons donc savoir ce qui s’est passé et pourquoi  », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en défense la France.

L’UE évalue également actuellement la possibilité de reporter le Conseil commercial et technique USA-UE, qui a été salué par les décideurs politiques européens et américains comme une initiative phare visant à encourager la coopération outre-Atlantique.

Les ambassadeurs de l’UE ont déjà reporté les préparatifs du Conseil, qui devait être inauguré le 29 septembre.

Cependant, les États membres sont plus hésitants à se rallier à la France, car l’Allemagne, l’Autriche, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas et le Danemark s’opposent à l’idée de reporter le Conseil «  Trade and Tech  », a déclaré à EURACTIV une source informée sur le sujet.

Le Danemark a décidé de se ranger du côté des États-Unis dans ce conflit, la première ministre danoise Mette Frederiksen déclarant qu’elle « ne comprend pas » les réactions véhémentes de Bruxelles et de Paris.

L’Allemagne a toutefois décidé d’adopter une approche plus conciliante.

Alors que le ministère allemand de l’Économie a déclaré à EURACTIV que la décision de reporter ou d’annuler le Conseil «  Trade and Tech »  relève uniquement «  de la Commission européenne  », le député et porte-parole de la CDU pour la politique étrangère, Jürgen Hardt, a critiqué le fait que le report potentiel de cet évènement serait un «  signal dur  » qui entraverait les relations transatlantiques.

«  Le libre-échange est particulièrement essentiel entre des partenaires comme les États-Unis et l’UE, qui partagent les mêmes valeurs, pour relever les défis auxquels l’Occident est actuellement confronté  », a déclaré M. Hardt à EURACTIV.

M. Hardt a également souligné qu’il est désormais essentiel que la crise entre la France et les États-Unis soit résolue le plus rapidement possible.

«  En tant que partenaire fiable des deux pays, l’Allemagne devrait jouer le rôle de médiateur entre les deux  », a ajouté M. Hardt.

Toutefois, il semble déjà que les tensions pourraient bientôt s’apaiser, le président français Emmanuel Macron et le président américain Joe Biden ayant convenu, lors d’un appel téléphonique mercredi soir, de lancer des consultations approfondies. Le président Macron a également déclaré que les ambassadeurs français retourneraient à Washington et Canberra dans la semaine à venir.

(Oliver Noyan  | EURACTIV Allemagne)

PARIS

Covid-19 : le masque ne sera plus obligatoire à l’école dans certains départements, a annoncé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Lors du conseil de défense sanitaire du mercredi 22 septembre, il a été décidé que le port du masque ne serait plus obligatoire dans les écoles à partir du 4 octobre dans les départements où le taux d’incidence est inférieur à 50 pour 100  000 habitants depuis cinq jours. Les jauges qui s’appliquent dans des établissements recevant du public, comme les salles de concert et les discothèques, seront levées dans ces mêmes départements, a ajouté le porte-parole.(Clara Bauer-Babef | EURACTIV France)

VIENNE

D’après l’Association autrichienne de l’énergie, la hausse des prix de l’énergie « n’est pas une raison de paniquer ». L’augmentation massive des prix de l’énergie et de l’électricité n’est que temporaire et il n’y a « aucune raison de paniquer », a souligné l’association autrichienne de l’énergie. Lire plus. (Oliver Noyan | EURACTIV Allemagne)


ROYAUME UNI – IRLANDE 

LONDRES

L’accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni n’est pas une priorité pour l’administration américaine. Un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni semble avoir été mis en veilleuse après que le président américain Joe Biden ait minimisé les chances d’un accord à l’issue de ses entretiens avec Boris Johnson mercredi. «  Nous allons devoir travailler là-dessus  », a commenté M. Biden. (Benjamin Fox | EURACTIV.com)

DUBLIN 

Le centre irlandais de cybersécurité «  manque de ressources et est surchargé  ». Selon un nouveau rapport du NCSC, le centre national de cybersécurité irlandais (NCSC) manque de ressources et est surchargé par rapport à ses homologues internationaux. Il n’a pas la conception organisationnelle ou la capacité d’atteindre tous les objectifs de la stratégie irlandaise en matière de cybersécurité. (Molly Killeen | EURACTIV.com)


PAYS DU NORD ET BALTES

HELSINKI

Les États-Unis et la Russie entament leurs premiers entretiens post-Afghanistan à Helsinki. Le général américain, président de l’état-major interarmées, Mark Milley, et le général Valery Gerasimov, chef de l’état-major russe, ont tenu une réunion de six heures mercredi (22 septembre) à Helsinki, lors de leur premier face-à-face depuis 2019. Lire plus.  (Pekka Vänttinen | EURACTIV.com)

STOCKHOLM

Les relations suédo-israéliennes se réchauffent. Après sept années de tensions, la Suède et Israël ont repris le dialogue. Les deux pays pourraient ouvrir un nouveau chapitre de leurs relations à l’approche du Forum international de Malmö sur la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme. Les relations tendues entre les deux pays ont une longue histoire, y compris une série d’incidents colorés répertoriés par le site d’information du Moyen-Orient, Al-Monitor. (Pekka Vänttinen | EURACTIV.com)


EUROPE DU SUD

ROME

La Ligue d’extrême droite italienne divisée sur le passe sanitaire obligatoire. Un décret rendant obligatoire pour les travailleurs des secteurs privé et public la possession d’un passe sanitaire indiquant qu’ils sont vaccinés, qu’ils ont été testés négatifs dans les dernières 48 heures ou qu’ils se sont rétablis de la Covid-19 n’a été soutenu que par 69 des 132 députés de la Ligue, bien que le parti fasse partie de la coalition au pouvoir qui a décidé de rendre obligatoire lesdits passes sanitaires. (Viola Stefanello | EURACTIV Italie)

MADRID

L’éruption du volcan sur l’île de La Palma pourrait durer jusqu’en novembre, avertissent les experts. La zone touchée par la coulée de lave sur l’île espagnole de La Palma a augmenté de 50 % depuis l’éruption du volcan il y a trois jours et les experts prévoient qu’elle se poursuivra pendant encore 55 jours en moyenne et pourrait même se prolonger jusqu’à 84 jours.

LISBONNE

Portugal : le projet scientifique des étudiants de l’université de Coimbra va partir dans l’espace. Un projet scientifique entrepris par un groupe d’étudiants de l’université portugaise de Coimbra est prêt à partir dans l’espace sur la montgolfière Bexus 31 qui sera lancée par l’Agence spatiale européenne (ESA), a annoncé l’université mercredi (22 septembre). Lire plus. (João Ernesto Fonseca and Mariana Caeiro | Lusa.pt)


GROUPE DE VISEGRAD

VARSOVIE

Le parti PiS au pouvoir en Pologne recule-t-il sur certains sujets ? De nombreux différends opposent actuellement le gouvernement Droit et Justice (PiS) de Varsovie aux institutions de Bruxelles, mais mardi, le parti au pouvoir semble avoir fait marche arrière sur certains points. La liste des différends entre le gouvernement polonais et Bruxelles comprend la chambre disciplinaire de la Cour suprême, qui continue de fonctionner malgré la décision de la CJUE de la démanteler en juillet, la question de la suprématie du droit communautaire toujours en cours devant le Tribunal constitutionnel polonais, une sanction prononcée par la Cour de justice de Luxembourg concernant la mine de Turów, des fonds gelés pour discrimination à l’encontre de personnes appartenant à des minorités sexuelles et la tentative du PiS de prendre le contrôle de la chaîne de télévision TVN. (Piotr Maciej Kaczyński | EURACTIV Pologne)

PRAGUE  | BUDAPEST

Viktor Orbán devrait soutenir Andrej Babiš avant les élections tchèques, le groupe Renouveau reste silencieux. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán se rendra en République tchèque la semaine prochaine pour soutenir son homologue tchèque Andrej Babiš avant les élections législatives tchèques prévues les 8 et 9 octobre. Mais les leaders du groupe Renouveau, affiliés à M. Babiš, restent silencieux. (Aneta Zachová | EURACTIV République tchèque)

BUDAPEST 

Bruxelles trahit la Hongrie et le peuple européen, selon Viktor Orbán. Les personnes qui quittent l’Afghanistan tentent d’entrer en Hongrie par la frontière sud, et la pression sur la frontière va augmenter, a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orbán après avoir visité la frontière hongroise avec son homologue tchèque Andrej Babiš mercredi, rapporte Telex via l’agence de presse nationale MTI. (Vlagyiszlav Makszimov | EURACTIV.com with Telex)

BRATISLAVA

Des chercheurs de l’université slovaque ont fourni des «  briefings hebdomadaires  » à un groupe de réflexion chinois controversé. Plusieurs enseignants et chercheurs de l’Université d’économie de Bratislava ont coopéré avec le China-CEE Institute — un groupe de réflexion chinois travaillant sous l’égide de l’Académie chinoise des sciences sociales, dont les experts disent que le gouvernement chinois l’utilise pour ses objectifs politiques. Les enseignants de l’université ont dû présenter régulièrement des «  briefings hebdomadaires  » sur la situation dans le pays, a rapporté le média slovaque SME. (Michal Hudec | EURACTIV Slovaquie)


NOUVELLES DES BALKANS

SOFIA

Skopje promet de ne pas appeler les Bulgares «occupants fascistes». «Nous ne changerons pas les manuels d’histoire, mais nous changerons le terme occupants fascistes bulgares », a annoncé le Premier ministre de Macédoine du Nord, Zoran Zaev, alors que la Bulgarie continue d’insister pour que Skopje corrige ses livres d’histoire. (Krassen Nikolov | EURACTIV Bulgarie)

BUCAREST

La Roumanie se prépare à de nouvelles restrictions. Les infections de Covid-19 se propagent rapidement en Roumanie et les grandes villes se préparent déjà à renforcer les restrictions, notamment en limitant la participation à des événements, en réintroduisant le couvre-feu nocturne et peut-être même des mesures de quarantaine. (Bogdan Neagu | EURACTIV Roumanie)

PRISTINA

Le nettoyage ethnique se poursuit au Kosovo, selon la Russie. La détérioration de la situation dans le nord de la province autonome serbe du Kosovo est extrêmement préoccupante, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères. Selon le ministère des affaires étrangères, il s’agit d’une tentative des Albanais locaux de s’emparer des zones de la province peuplées de Serbes et d’y exercer un contrôle. Les actions du Kosovo semblent viser à poursuivre le nettoyage ethnique et à pousser les Serbes hors du Kosovo. (Željko Trkanjec | EURACTIV Croatie)

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[Edité par Alexandra Brzozowski, Sarantis Michalopoulos, Daniel Eck, Zoran Radosavljevic]

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