Le centre-droit européen, autrefois dominant, est désormais menacé d’isolement

Une source a déclaré que le PPE devrait éviter une concurrence interne qui pourrait provoquer des dissensions à un moment « où nous perdons l’Allemagne au Conseil de l’UE ». [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

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Aujourd’hui, dans Les Capitales

BERLIN | BRUXELLES

Le centre-droit européen, autrefois dominant, est désormais menacé d’isolement. Le centre-droit de l’UE, force dominante de la politique européenne de ces vingt dernières années, s’apprête à subir un coup dur à l’approche des élections en Allemagne.

La CDU, parti de centre-droit allemand, risque de connaître le pire résultat électoral de son histoire, même si elle peut encore remporter les élections et si Armin Laschet peut devenir le prochain chancelier. Selon les derniers sondages (du 14 septembre) d’Europe Elects, le SPD obtiendrait 25 % des voix, la CDU/CSU 21 % et les Verts 17 %.

Au sein du Parti populaire européen, dont la CDU est membre, la confusion règne. Certains eurodéputés ont déclaré à EURACTIV que la course est «  trop serrée pour que l’on puisse se prononcer  » et appellent à la prudence avant le vote du 26 septembre. D’autres considèrent que la victoire du SPD est garantie et se projettent déjà au lendemain des élections

Les défis pour la plus grande force politique de l’UE sont nombreux, mais le plus important est de « regagner la confiance des électeurs », comme l’a déclaré un membre du PPE à EURACTIV.

Si les sociaux-démocrates l’emportent en Allemagne, le centre-droit européen perdra sa domination au sein du Conseil de l’UE. Le PPE ne comptera que sept chefs d’État dans toute l’Union (Grèce, Chypre, Autriche, Lituanie, Lettonie, Slovénie, Croatie) — aucun d’entre eux ne représentant un grand pays ou un membre fondateur de l’UE.

Certains d’entre eux ont critiqué le gouvernement d’Angela Merkel — en particulier la Grèce et Chypre lorsqu’il s’agit de la position de l’UE vis-à-vis de la Turquie — tandis que d’autres, comme le Premier ministre slovène Janez Janša, font déjà allusion à un nouveau mouvement d’extrême droite dirigé par Orbán, qui se profile à la droite du PPE.

Qui va diriger le parti ? 

Il y a dix jours, Manfred Weber a annoncé sa candidature à la direction du PPE suite à la démission de Donald Tusk, qui a annoncé son retour à la vie politique polonaise en juillet, où il est devenu le dirigeant par intérim du parti Plate-forme civique.

La candidature de Weber signifie que le politicien bavarois, s’il est élu, occupera deux fonctions, celle de président du PPE et celle de président du groupe PPE au Parlement européen. Aucun homme politique n’a occupé ce poste depuis Wilfried Martens, président du parti en 1990-2013 et président du groupe PPE de 1994 à 1999.

Une source du PPE a déclaré à EURACTIV que l’annonce de M. Weber de se présenter à la fois à la présidence du groupe parlementaire du PPE et du parti PPE «  nous a pris par surprise  ». La source a expliqué que bien qu’en public il n’y ait pas d’opposition, dans les couloirs du Parlement européen, beaucoup ont exprimé leur désaccord.

Une autre source proche du dossier a également déclaré que M. Tusk n’était «  pas ravi  » de l’annonce de M. Weber.

Les élections sont désormais prévues pour la fin avril 2022 et pourraient se dérouler soit à Bruxelles, soit à Vienne. En dehors de Weber, Esther de Lange, vice-présidente du groupe PPE du CDA néerlandais, est également mentionnée comme une possible prochaine dirigeante du Parti populaire européen.

Qui va diriger le Parlement européen ?

Des rumeurs circulant au sein du Parlement suggèrent que l’actuel chef de l’assemblée, David Sassoli, pourrait vouloir se représenter en janvier prochain.

Selon les sources du PPE, il existe un «  accord écrit  » entre les trois plus grandes formations politiques selon lequel le prochain président du Parlement «  devrait être issu du plus grand groupe  ». Cet accord a été cosigné par MM. Weber et Sassoli et si ce dernier décide de se représenter, «  cela constituera une violation de l’accord  ».

Le PPE s’apprête à proposer un candidat pour diriger le Parlement. EURACTIV a appris de plusieurs sources que le favori pour le poste est la première vice-présidente maltaise du Parlement, Roberta Metsola. Cependant, la décision n’a pas encore été prise et d’autres personnes sont envisagées, notamment Esther de Lange et le politicien espagnol Esteban Gonzalez.

Quoi qu’il en soit, la source a déclaré que le PPE devrait éviter la concurrence interne, car cela pourrait provoquer des dissensions à un moment «  où nous perdons l’Allemagne au Conseil de l’UE  ».

EURACTIV a également contacté l’équipe de M. Sassoli qui a préféré ne pas répondre. (Piotr Maciej Kaczyński, Niko Kurmayer et Sarantis Michalopoulos | EURACTIV.com)

PARIS

Le secteur médical français confronté à des suspensions alors que l’obligation vaccinale entre en vigueur. À partir de mercredi (15 septembre), tout personnel médical n’ayant pas reçu au moins une injection du vaccin contre la Covid-19 devra être suspendu avec effet immédiat. Alors que l’écrasante majorité des professionnels de santé sont désormais au moins partiellement vaccinés, le nombre de professionnels de santé refusant encore la vaccination est estimé à plusieurs centaines. Lire plus. (Magdalena Pistorius | EURACTIV France)

BERLIN

Un groupe d’extrême droite allemand remporte une victoire juridique avant les élections. Le groupe d’extrême droite allemand « III. Weg » (« La troisième voie » en allemand) a fait des vagues en plaçant des affiches où l’on pouvait lire « Pendez les Verts » autour des affiches de campagne électorale du parti des Verts. Lire plus. (Nikolaus J. Kurmayer | EURACTIV Allemagne)

VIENNE

Le ministre autrichien de l’Intérieur critique l’UE au sujet des migrations. Lors d’un congrès européen de la police, mardi (14 septembre), le ministre de l’Intérieur autrichien Karl Nehammer a critiqué l’UE pour sa prétendue hésitation à s’attaquer suffisamment aux problèmes de migration et a réaffirmé que l’Autriche n’admettra pas de réfugiés afghans. Lire plus. (Oliver Noyan | EURACTIV Allemagne)


ROYAUME UNI – IRLANDE

Le Parlement britannique ferme la porte à l’ambassadeur chinois. L’ambassadeur de Chine au Royaume-Uni, Zheng Zeguang, s’est vu interdire l’accès au Parlement britannique alors que le gouvernement chinois maintient ses sanctions à l’encontre d’un certain nombre de députés et de pairs britanniques. (Benjamin Fox | EURACTIV.com)

DUBLIN

L’Irlande trouve des alliés dans son combat pour l’utilisation des données par les forces de l’ordre. Un groupe d’États membres de l’UE a rejoint l’Irlande devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour s’opposer à une interprétation plus restrictive de la juridiction européenne d’une loi sur les données faisant partie intégrante d’une affaire de meurtre en Irlande. (Molly Killeen | EURACTIV.com)


EUROPE DU SUD

ROME

Les Italiens confrontés à une augmentation de 40 % de leur facture d’électricité. Le ministre de la transition écologique Roberto Cingolani a prévenu les Italiens qu’ils devaient s’attendre à une augmentation de 40 % de leurs factures d’électricité et de gaz au cours des prochains mois. S’exprimant lors d’une conférence à Gênes, M. Cingolani a déclaré que «  le gouvernement s’engage à atténuer le coût des factures, afin que la transition internationale vers des énergies plus durables soit rapide et ne pénalise pas les familles  ». (Viola Stefanello | EURACTIV Italie)

LISBONNE

Plus de 50 % des Portugais voteraient pour Merkel à la présidence de l’UE. Une enquête du Conseil européen pour les relations étrangères montre que les Portugais figurent parmi les trois premiers peuples européens qui choisiraient Angela Merkel pour un poste de «  président  » de l’Europe. ( Pedro Sousa Pereira | Lusa.pt) 


GROUPE DE VISEGRAD

PRAGUE

Les sondages évoquent l’effondrement de la social-démocratie tchèque. À l’approche des élections législatives tchèques prévues les 8 et 9 octobre 2021, les sociaux-démocrates tchèques traversent une période difficile. Contrairement à leurs homologues allemands, ils perdent du terrain et les sondages d’opinion suggèrent qu’ils ne pourraient même pas franchir le seuil des 5 % requis pour obtenir un siège au parlement tchèque.

VARSOVIE

La crise à la frontière biélorusse aide le parti au pouvoir à regagner du terrain. Les derniers sondages montrent que le parti au pouvoir en Pologne regagne un peu de popularité après les pertes subies les mois derniers aux dépens des principaux partis d’opposition. (Piotr Maciej Kaczyński | EURACTIV Pologne)

BUDAPEST

La Hongrie condamne la résolution du Parlement européen sur la reconnaissance du mariage pour les couples de même sexe dans toute l’UE. Les politiques du Fidesz ont vivement critiqué la résolution appelant à la reconnaissance du mariage homosexuel dans toute l’Union européenne, rapporte Telex. Lire plus. (Vlagyiszlav Makszimov | EURACTIV.com with Telex)

BRATISLAVA

La Slovaquie prévoit des dépenses de défense record. Le ministère slovaque de la Défense prévoit l’achat de matériel militaire le plus important de l’histoire du pays. Le gouvernement a déjà approuvé l’acquisition de 152 véhicules blindés de combat à chenilles et 76 à roues. Le prix estimé est de plus de 2 milliards d’euros, rapporte EURACTIV Slovaquie. (Michal Hudec | EURACTIV Slovaquie)


NOUVELLES DES BALKANS

TIRANA

La chancelière allemande Angela Merkel rencontre les dirigeants des Balkans occidentaux à Tirana. L’une des déclarations à l’issu la réunion d’Angela Merkel et des Premiers ministres de six pays des Balkans occidentaux a souligné la nécessité de poursuivre les travaux relatifs au processus de Berlin, l’une des initiatives diplomatiques les plus importantes depuis 2014, attribuée à Mme Merkel et visant l’élargissement de l’UE aux Balkans occidentaux. (Željko Trkanjec | EURACTIV Croatie)

LJUBLJANA

La Slovénie rend le passe sanitaire obligatoire. L’accès à la quasi-totalité des établissements de services et des lieux de travail en Slovénie sera conditionné à la présentation d’un passe sanitaire à partir de mercredi. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un renforcement radical des restrictions visant à endiguer la quatrième vague de la pandémie de Covid-19 qui s’aggrave rapidement dans le pays. (Sebastijan R. Maček | STA)

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[Edité par Sarantis Michalopoulos, Alexandra Brzozowski, Zoran Radosavljevic]

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