Le prochain gouvernement allemand pourrait « changer la donne » dans le conflit entre l’UE et la Pologne

Tous les groupes politiques en faveur de l’UE ont critiqué la rhétorique anti-européenne du Premier ministre polonais.[Shutterstock / Novikov Aleksey]

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Aujourd’hui dans les Capitales

VARSOVIE / STRASBOURG

La position du nouveau gouvernement allemand sur les questions d’État de droit de l’UE sera cruciale dans le cadre de la dispute qui s’intensifie entre Bruxelles et Varsovie, a déclaré à EURACTIV Christopher Glück, directeur de l’UE chez Forefront Advisers.

«  Une position nettement plus ferme sur l’État de droit et une forte pression pour lier la primauté du droit de l’UE aux versements du Fonds de relance pourraient changer la donne  », a-t-il ajouté.

M. Glück a déclaré que, pour l’instant, la coalition « feu tricolore » (SPD, Verts et FDP) n’a pas défini en détail son programme européen et a estimé qu’il était peu probable qu’Olaf Scholz place l’État de droit au centre de ses objectifs européens en tant que chancelier.

«  Cependant, les Verts et le FDP se concentrent sur les questions d’État de droit et pourraient être tentés de faire de ce sujet l’une de leurs principales revendications  », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la session plénière de l’UE mardi, le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a défendu fermement la remise en cause par Varsovie de la primauté du droit communautaire et a accusé l’UE d’outrepasser ses compétences.

Tous les groupes politiques en faveur de l’UE ont critiqué la rhétorique anti-européenne du Premier ministre polonais. Le chef du groupe du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, déclaré qu’«  un patriote n’est pas forcément un nationaliste  ». La chef du groupe socialiste, Iratxe Garcia Pérez, s’est quant à elle opposée à un Polexit mais a déclaré que «  si quelqu’un n’applique pas les règles, il se pousse lui-même vers la sortie  ».

Pour le conservateur Ryszard Czarnecki (CRE), le débat a été honnête et «  certaines choses ont blessé  », en évoquant la question de Nord Stream 2. «  Il est préférable de dire certaines choses ouvertement, en famille, et il a reçu des réponses franches de la part des groupes politiques  ».

Bernard Guetta (Renew Europe) a déclaré à EURACTIV que l’Europe avait le choix entre «  l’Europe des nations et une union de plus en plus proche  », ajoutant que le discours de M. Morawiecki était populaire non seulement en Europe centrale, mais aussi en France, en Italie ou en Suède.

«  Nous avons assisté à un théâtre de Mateusz Morawiecki pour les médias polonais  », a commenté Sandro Gozi (Renew Europe).

De plus, l’eurodéputé du PPE Adam Jarubas, a déclaré que le Premier ministre polonais a perdu l’occasion d’être plus conciliant et a averti le parti au pouvoir en Pologne que l’UE pourrait devenir «  l’ennemi n° 1  » assez rapidement.

Les Verts ont adopté une position plus sévère. Le député européen Terry Reintke a déclaré que les fonds européens destinés à la Pologne devraient être gelés, puisque «  le levier financier fonctionne  ». De son côté, la députée Eleonora Evi a fait écho à d’autres voix demandant à la Commission de ne pas accepter le fonds de relance polonais.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’exécutif explorait plusieurs options telles que la poursuite de Varsovie devant la Cour de justice de l’UE, le déclenchement du mécanisme liant le déboursement des fonds de l’UE à l’État de droit, et la procédure de l’article 7, selon laquelle les autres États membres pourraient priver Varsovie de ses droits de vote.

Un compromis possible

M. Glück, sur la question des appels à lier le fonds de relance à la question de l’État de droit, a déclaré qu’il ne fallait pas s’attendre à ce qu’un accord pour l’approbation du fonds de relance polonais soit conclu avant le premier semestre 2022.

Cependant, il a estimé que le débat sur la primauté du droit de l’UE serait maintenu individuellement de la question sur le fonds de relance, puisqu’il n’y a pas de réelle solution disponible.

«  Nous attendons plutôt de la Commission qu’elle présente une procédure d’infraction et qu’elle applique le nouveau mécanisme de primauté du droit de l’UE.  »

«  Un compromis possible impliquerait que le gouvernement polonais inclue la fermeture de la chambre disciplinaire comme l’une des «  étapes » de son plan de relance national, plutôt que de faire de la fermeture de la chambre une condition préalable à l’approbation. Cela permettrait le versement d’un préfinancement. Par la suite, le gouvernement serait tenu de faire des progrès dans ce domaine afin de débloquer d’autres paiements. M. Morawiecki a laissé entendre qu’il s’agissait d’une solution possible lors de son audition aujourd’hui  », a conclu M. Glück.

(Piotr Maciej Kaczyński | EURACTIV Pologne – Édité par Sarantis Michalopoulos | EURACTIV.com)

BERLIN

Les parlementaires allemands se disputent sur la disposition des sièges. Les parlementaires allemands sont assis par fractions et la place à côté du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) est particulièrement impopulaire, ce qui a donné lieu à une récente dispute entre les députés.

(Nikolaus Kurmayer | EURACTIV Allemagne)

PARIS

Face à la hausse des prix de l’énergie, Jean-Luc Mélenchon propose de « bloquer les prix ». Le candidat de La France Insoumise à la présidentielle de 2022 a expliqué, sur BFMTV ce mardi, vouloir « bloquer les prix pour les rendre à un niveau supportable ». M. Mélenchon propose en outre de redistribuer les profits des fournisseurs aux citoyens : « Si vous prenez les 10 % des profits des fournisseurs de gaz, vous pouvez donner à tous les abonnés 500 euros, c’est-à-dire toute la somme de ce qu’ils ont payé en rab depuis 2017 », selon le candidat de gauche.

(Magdalena Pistorius | EURACTIV France)

VIENNE

Les députés européens autrichiens divisés sur le nouveau Chancelier. Avant la réunion du Conseil européen de jeudi (21 octobre), les députés européens autrichiens ont indiqué qu’ils avaient des attentes différentes vis-à-vis du nouveau chancelier Alexander Schallenberg, en poste depuis lundi dernier. Lire plus.

(Oliver Noyan | EURACTIV Allemagne)


ROYAUME-UNI – IRLANDE

LONDRES

Le programme «  net zéro  » du Royaume-Uni est insuffisant. Le Royaume-Uni prévoit d’investir 90 milliards de livres et de créer plus de 440  000 emplois au cours des dix prochaines années afin d’atteindre ses objectifs climatiques «  net zéro  », a annoncé le gouvernement mardi 19 octobre.

(Benjamin Fox | EURACTIV.com)

DUBLIN

L’Irlande freine la levée des restrictions liées à la pandémie alors que le nombre de cas augmente. Le gouvernement a annoncé que certaines mesures relatives à la COVID-19 seront prolongées au-delà de leur fin prévue plus tard cette semaine en raison de l’augmentation des taux d’infection.

(Molly Killeen | EURACTIV.com)


PAYS DU NORD ET BALTES

HELSINKI

Il est déconseillé de se rendre en Finlande : le pays passe au rouge sur la carte Covid de l’UE. Après un léger répit, la situation du coronavirus en Finlande s’est détériorée à un rythme alarmant. Le dernier taux d’incidence de 138 pour 100 000 habitants a amené le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) à faire passer le pays de la catégorie jaune à la catégorie rouge. Cette classification signifie que les voyages en Finlande ne sont pas recommandés.

(Pekka Vänttinen | EURACTIV.com)


EUROPE DU SUD

ROME

L’Italie apporte les derniers changements à son projet de budget tardif. Les législateurs italiens ont approuvé à l’unanimité le plan budgétaire Drat d’un montant de 24 à 25 milliards d’euros. Le plan, approuvé mardi (19 octobre), définit les principaux points de la prochaine loi budgétaire pour 2022.

(Viola Stefanello | EURACTIV Italie)

MADRID

L’Espagne demande à l’UE de prendre des mesures pour lutter contre la crise énergétique « au-delà de l’hiver ». Avant le sommet de l’UE de cette semaine, l’Espagne a exhorté le bloc à mettre en œuvre des mesures urgentes et coordonnées pour atténuer la hausse des prix de l’énergie, mettant en garde contre un « risque » que les pénuries d’énergie durent au-delà de l’hiver prochain en Europe. Lire plus.

(Fernando Heller | EuroEFE.EURACTIV.es)

LISBONNE

Le Portugal est l’un des six pays à adopter des mesures de réduction des prix de l’énergie. Le Portugal est l’un des six pays de l’UE qui ont présenté des mesures de soutien pour faire face à la crise énergétique après avoir reçu des conseils de la Commission européenne pour freiner la hausse des prix, a déclaré une source communautaire à Lusa.

(Ana Matos Neves, Lusa.pt)

ATHÈNES

Le Premier ministre grec affirme que l’énergie est un «  pont  » entre l’Égypte et l’Europe. Lorsque l’Europe cherchera à diversifier ses sources d’énergie, l’Égypte pourrait devenir un fournisseur d’électricité qui sera produite essentiellement par le soleil, a déclaré le PM grec Kyriakos Mitsotakis.

(Matthaios Tsimitakis | EURACTIV Grèce)

Un néonazi est libéré dans un contexte d’inquiétude quant à l’intégrité du système judiciaire. La décision du procureur général de libérer de prison George Patelis, militant principal de l’Aube dorée (parti néonazi), moins d’un an après sa condamnation avec les autres dirigeants de l’organisation nazie, a provoqué des tensions en Grèce. Il s’agit de la troisième libération anticipée d’un condamné de l’Aube dorée à ce jour.

(Matthaios Tsimitakis | EURACTIV Grèce)


GROUPE DE VISEGRAD

PRAGUE

La police tchèque va enquêter sur un éventuel acte de sabotage commis par le bureau présidentiel. La police tchèque va enquêter afin de déterminer si un crime contre la république a été commis par le bureau du président tchèque Miloš Zeman. En effet, le public et les autres responsables n’ont pas été informés de l’incapacité de M. Zeman à assumer ses fonctions, bien que les membres de son administration soient au courant de la situation.

(Aneta Zachová | EURACTIV République tchèque)

BRATISLAVA | BUDAPEST

Le gouvernement hongrois va rénover des églises en Slovaquie sans le consentement slovaque. Le gouvernement hongrois de Viktor Orbán va envoyer plus de 4 millions d’euros en Slovaquie pour la reconstruction d’églises, bien que le gouvernement slovaque ne soit pas impliqué dans cette initiative. Les ministères de la Culture et des Affaires étrangères ont découvert cette information dans les médias.

(Michal Hudec | EURACTIV Slovaquie)


NOUVELLES DES BALKANS

BUCAREST

Le président roumain convoque en urgence les autorités sanitaires face à l’explosion des cas. Le président Klaus Iohannis a convoqué une réunion de toutes les autorités sanitaires impliquées dans la gestion de la pandémie de coronavirus, alors que le nombre de décès a atteint un nouveau record de 574 décès liés à la Covid-19 mardi (19 octobre). Lire plus.

(Bogdan Neagu | EURACTIV Roumanie)

SOFIA

La Bulgarie introduit le «  green pass  » pour la COVID-19, partout. Le gouvernement bulgare a drastiquement renforcé les mesures restrictives pour tenter d’endiguer la quatrième vague d’infection au coronavirus. À partir de jeudi, le «  green pass  » devient obligatoire pour la plupart des activités intérieures.

(Krassen Nikolov | EURACTIV Bulgarie)

ZAGREB

La transition écologique et numérique a un impact important sur l’économie croate. La transition écologique et numérique peut avoir un impact important sur l’économie croate, a déclaré le ministre des Finances Zdravko Marić lors de la conférence «  Possibilités du Pacte vert pour l’Europe  » organisée à Zagreb par la Banque européenne d’investissement (BEI) et son bureau en Croatie, la représentation de la Commission européenne en Croatie, le partenaire d’EURACTIV Jutarnji List et la société d’édition Hanza Media.

(Željko Trkanjec | EURACTIV Croatie)

LJUBLJANA

Un enregistrement qui a fait l’objet d »une fuite porte préjudice au ministre slovène de l’Environnement. Le gouvernement slovène, déjà en difficulté, est confronté à un nouveau scandale. Un enregistrement divulgué par une chaîne de télévision semble montrer le ministre de l’Environnement Andrej Vizjak, un proche collaborateur du Premier ministre, en train de se rapprocher d’un homme d’affaires en 2007, lui donnant même des conseils pour éviter de payer des impôts.

(Sebastijan R. Maček | STA)

BELGRADE

Oliver Varhelyi affirme que l’UE n’est pas complète sans les Balkans occidentaux. Le commissaire européen Oliver Varhelyi a déclaré mardi au Parlement européen que l’UE ne serait pas complète tant qu’elle n’intégrerait pas les Balkans occidentaux en son sein, puisque, outre la géographie, elle partage avec eux les mêmes intérêts, les mêmes valeurs et la même histoire.

(EURACTIV Serbie | betabriefing.com)

SARAJEVO

Milorad Dodik perd le soutien de l’opposition et d’Aleksandar Vucic. Les partis d’opposition de la Republika Srpska (RS) de Bosnie-Herzégovine «  s’opposent fermement  » à toute activité mettant en danger la sécurité du pays. Ils s’opposent notamment à l’initiative du membre serbe de la présidence de la Bosnie-Herzégovine, Milorad Dodik, qui vise à transférer unilatéralement des compétences du niveau de l’État au RS, a déclaré le chef du Parti démocratique serbe (SDS), Mirko Šarović.

(Željko Trkanjec | EURACTIV Croatie)

La Bulgarie, l’Albanie et la Macédoine du Nord vont construire des infrastructures le long du corridor VIII. Le ministre bulgare intérimaire des Transports, de l’Informatique et des Communications, Hristo Aleksiev, la ministre albanaise des Infrastructures et de l’Énergie, Belinda Balluku, et le ministre des Transports et des Communications de Macédoine du Nord, Blagoj Bočvarski, ont signé un mémorandum de coopération sur la construction d’infrastructures durables le long du corridor VIII.

(Željko Trkanjec | EURACTIV Croatie)

PRISTINA

Les pays des Balkans occidentaux sont invités à «  maîtriser  » la Serbie. Le plus haut diplomate du Kosovo a demandé aux pays des Balkans occidentaux de contrer les menaces que la Serbie pourrait faire peser sur la stabilité et la sécurité régionales.

(Alice Taylor | Exit.al)

TIRANA

Un parti d’opposition albanais demande un contrôle de tous les politiciens. Le principal parti d’opposition du pays, le Parti démocrate d’Albanie, a soumis au Parlement une proposition réclamant un contrôle de tous les politiciens et des modifications du code électoral.

(Alice Taylor | Exit.al)

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[Edité par Sarantis Michalopoulos, Alexandra Brzozowski, Daniel Eck, Benjamin Fox, Zoran Radosavljevic, Alice Taylor]

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