Les partis d’extrême droite en tête des sondages en Italie

Le parti Fratelli d’Italia s’est emparé de la première place dans les sondages lorsque Salvini a décidé de soutenir le gouvernement d’«  urgence nationale » dirigé par l’ancien chef de la BCE, Mario Draghi. [EPA-EFE/MATTEO BAZZI].

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Avant de commencer à lire l’édition d’aujourd’hui des Capitales, vous pouvez jeter un coup d’œil au sondage d’EURACTIV sur les élections allemandes, en coopération avec Europe Elects. Vous pouvez trouver les versions anglaise et allemande ici.


Aujourd’hui dans les Capitales

ROME

Les partis d’extrême droite en tête des sondages en Italie. Le parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (Frères d’Italie, en référence à l’hymne national italien), dirigé par Giorgia Meloni, ainsi que la Ligue, le parti d’extrême droite de Matteo Salvini, sont actuellement en tête des derniers sondages avec respectivement 21 % et 20,6 %.

Le parti de M. Salvini était en tête de la liste des partis de droite favoris des Italiens depuis 2018. Fratelli d’Italia a arraché la première place lorsque Matteo Salvini a décidé de soutenir le gouvernement d’« urgence nationale » dirigé par l’ancien dirigeant de la BCE Mario Draghi.

Fratelli d’Italia, avec quelques autres petits groupes de députés, continue d’être dans l’opposition.

Toutefois, les deux partis ont toujours dit qu’ils se présenteraient aux prochaines élections générales prévues pour 2023, ensemble avec le parti de l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, Forza Italia, qui recueille actuellement 6,9 % des intentions de vote.

Si l’Italie venait à voter aujourd’hui, une coalition de ces trois partis obtiendrait donc la majorité au parlement et Giorgia Meloni serait alors la candidate désignée pour former le nouveau gouvernement. En effet, selon la pratique politique tacite, le chef du nouveau gouvernement est en principe le dirigeant du parti qui obtient le plus de voix.

Fratelli d’Italia été fondé en 2012 par un groupe de députés et de politiciens ayant fait leurs armes dans la formation post-fasciste Aleanza Nazionale (Alliance nationale) et notamment sa branche jeunesse, occupant même dans certains cas des postes gouvernementaux.

Mme Meloni, en particulier, a été ministre de la Jeunesse de 2008 à 2011. Son parti est considéré comme ayant de fortes opinions nationalistes, notamment à l’égard des migrants en situation irrégulière. La dirigeante du parti d’extrême-droite appelle depuis des années à un « blocus naval  » en mer Méditerranée.

L’opinion de Mme Meloni sur l’UE a évolué avec le temps. Après avoir été une eurosceptique convaincue qui s’est prononcée en faveur de la sortie de l’Italie de l’euro en 2014, elle a adouci son point de vue depuis son arrivée à la tête du groupe des conservateurs européens (ECR) en 2020. Elle soutient désormais que l’Italie n’a pas à quitter l’UE mais que le bloc devrait devenir une «  confédération  » d’États. Elle s’oppose également au renforcement des institutions de l’Union.

Ces dernières années, Mme Meloni a renforcé ses relations avec d’autres dirigeants souverainistes comme le Premier ministre hongrois Viktor Orbán — qui était l’invité d’honneur d’une réunion de Fratelli d’Italia en 2019 — le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki et son homologue slovène Janez Janša. Il y a tout juste une semaine, Giorgia Meloni était l’invitée du forum stratégique de Bled, organisé par l’actuelle présidence slovène de l’UE.

Selon un autre sondage publié le 4 septembre, la dirigeante de Fratelli d’Italia a l’un des taux d’approbation les plus élevés parmi les différents chefs de parti italiens avec 44,4 %. M. Salvini et le chef du parti démocrate de centre-gauche, Enrico Letta, sont à la traîne avec respectivement 31 % et 29,6 %.

Seul le Premier ministre Mario Draghi a un taux de popularité supérieur à celui de Mme Meloni, avec 67 %. Il est toutefois peu probable qu’il se présente aux prochaines élections, car il est pressenti pour prendre la place du président Sergio Mattarella, qui quittera ses fonctions en janvier 2022.

Les positions souverainistes et très critiques de Giorgia Meloni envers l’UE (partagées à plusieurs reprises par Salvini), ne semblent pas effrayer les citoyens italiens. Fratelli d’Italia et la Ligue ont déjà été aux affaires et l’idée d’un «  cordon sanitaire  » contre l’extrême-droite, similaire au modèle adopté en France et en Allemagne, n’a jamais été mise en œuvre en Italie.

Même en partant du principe que les élections auront lieu dans plus d’un an, plusieurs observateurs italiens considèrent que la victoire de la coalition de droite est probable lorsque le mandat du gouvernement «  d’urgence  » de Draghi arrivera à son terme. Ainsi, Mme Meloni pourrait diriger le prochain exécutif, devenant de facto la première femme et la première dirigeante ouvertement souverainiste à gouverner l’Italie moderne. (Daniele Lettig | EURACTIV Italie)

BERLIN

La plupart des conservateurs allemands sont contre l’élargissement des compétences de l’UE, d’après le président du Bundestag. Wolfgang Schäuble, le président du parlement allemand et l’un des hommes politiques les plus anciens de l’histoire du pays, a déclaré lors du congrès du Parti populaire européen (PPE) à Berlin qu’il était en minorité au sein de l’union conservatrice (CDU/CSU) lorsqu’il s’agissait de concéder des compétences supplémentaires à l’UE. Lire plus. (Nikolaus J. Kurmayer | EURACTIV Allemagne)

PARIS

La France compte 648 détenus radicalisés, selon Éric Dupont-Moretti. À l’occasion du lancement du procès des attentats du 13 novembre 2015, le ministre de la Justice a en outre fait savoir que sur les quelque 68 000 détenus en France, 454 seraient en prison pour des faits de terrorisme. Interrogé sur BFMTV, le ministre a néanmoins assuré qu’un suivi adapté était mis en place pour ces personnes, «  avec une détention adaptée à leur dangerosité  ». (Magdalena Pistorius | EURACTIV France

VIENNE

L’Autriche annonce de nouvelles restrictions concernant sanitaires pour les personnes non vaccinées. Les nouvelles restrictions s’appliqueront à partir du 15 septembre et visent spécifiquement les groupes de population qui refusent de se faire vacciner. Les restrictions ne s’appliqueront pas aux personnes entièrement vaccinées ou ayant guéri du virus. (Oliver Noyan | EURACTIV Allemagne)


ROYAUME-UNI ET IRLANDE

LONDRES | PARIS

Les tensions entre Londres et Paris augmentent au sujet des traversées de la Manche. La ministre britannique de l’Intérieur, Priti Patel, et le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, se sont entretenus mercredi (8 septembre) dans le cadre d’un conflit croissant concernant le nombre de migrants traversant la Manche vers le Royaume-Uni. Lire plus. (Benjamin Fox | EURACTIV.com)


PAYS DU NORD ET BALTES

TALLINN

L’Estonie fortifie sa frontière avec la Russie. L’Estonie construit une nouvelle clôture en acier à sa frontière sud-est avec la Russie, suivant ainsi les mesures que d’autres pays baltes et la Pologne ont déjà prises pour «  fortifier  » leurs frontières. (Pekka Vänttinen | EURACTIV.com)


EUROPE DU SUD

MADRID

Le premier ministre Pedro Sánchez convoque une réunion d’urgence suite à une agression homophobe. Le gouvernement a convoqué une réunion d’urgence prévue vendredi (10 septembre) suite à l’agression présumée d’un jeune homme par un gang homophobe à Madrid. Cet acte a provoqué une levée de boucliers contre les crimes de haine dans le pays.

LISBONNE

Selon le secrétaire d’État portugais, les citoyens ont besoin d’outils pour lutter contre la désinformation. Les citoyens ont besoin d’instruments pour se défendre contre les «  pièges de la désinformation  » qui «  minent les démocraties  », a déclaré à Lusa le secrétaire d’État portugais au cinéma, à l’audiovisuel et aux médias, Nuno Artur Silva. (Ana Raquel Lopes, Maria João Pereira | Lusa.pt)


GROUPE DE VISEGRAD

VARSOVIE

Un voyage risqué avec un faux test Covid. Un citoyen britannique de 39 ans a été arrêté à l’aéroport de Łódź après avoir falsifié le test de dépistage de la Covid-19 avant d’embarquer dans un avion pour Nottingham. Le citoyen britannique a été appréhendé car il était enregistré comme une personne devant faire une quarantaine en Pologne pendant une semaine. (Piotr Maciej Kaczyński | EURACTIV Pologne)

PRAGUE

Les négociations tchéco-polonaises sur la mine de Turów sont dans l’impasse. Les négociations entre la République tchèque et la Pologne au sujet de l’exploitation de la mine de charbon de Turów sont maintenant dans l’impasse, ce qui, selon les organisations environnementales tchèques, est dû au manque de volonté de la Pologne de résoudre le conflit et à la passivité des institutions européennes. (Aneta Zachová | EURACTIV République tchèque)

BUDAPEST  | BELGRADE

Viktor Orbán : Les sociétés civiles hongroise et serbe soutiennent les flux migratoires. Les organisations issues de la société civile en Serbie et en Hongrie soutiennent les migrations, a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Budapest lors d’une session gouvernementale conjointe mercredi, ajoutant que cela était en totale contradiction avec les intérêts des deux pays en matière de sécurité. (EURACTIV Serbie | betabriefing.com)

BRATISLAVA

Le ministre slovaque des Affaires étrangères salue les relations avec la République tchèque. Le ministre des Affaires étrangères Ivan Korčok a fait l’éloge des relations exceptionnellement chaleureuses entre la Slovaquie et la République tchèque aux niveaux gouvernemental et parlementaire, mardi, alors qu’il recevait une délégation de la commission des affaires étrangères, de la défense et de la sécurité du Sénat tchèque, conduite par le chef de la commission, Pavel Fischer. (Michal Hudec | EURACTIV Slovaquie)


NOUVELLES DES BALKANS

SOFIA

Le principal parti bulgare veut inscrire dans la loi l’interdiction de rendre la vaccination contre la Covid-19 obligatoire.  Le parti populiste « Il y a un tel peuple » — qui a remporté les dernières élections législatives mais n’a pas réussi à former un gouvernement — a proposé d’interdire par la loi toute possibilité d’introduire une vaccination obligatoire contre la Covid-19 en Bulgarie. Lire plus. (Krassen Nikolov | EURACTIV Bulgarie)

BELGRADE 

Mme Merkel se rendra à Belgrade pour discuter de coopération et d’intégration à l’Union européenne. La chancelière allemande Angela Merkel se rendra lundi à Belgrade, où elle rencontrera le président serbe Aleksandar Vučić pour discuter de la coopération politique et économique et du processus d’intégration à l’UE. Le lendemain, la chancelière allemande se rendra à Tirana où elle rencontrera le premier ministre albanais Edi Rama et déjeunera ensuite avec les premiers ministres des six États des Balkans occidentaux – Serbie, Kosovo, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Macédoine du Nord. (EURACTIV Serbie| betabriefing.com)

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[Edité par Alexandra Brzozowski, Sarantis Michalopoulos, Daniel Eck, Zoran Radosavljevic, Josie LeBlond]

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