Moria : Paris et Berlin sont prêts à accueillir 400 migrants mineurs

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BERLIN | PARIS

La France et l’Allemagne accueillent les réfugiés de Moria. À la suite de l’incendie de Moria, Paris et Berlin ont déclaré qu’ils accepteraient 400 mineurs non accompagnés du camp. La chancelière Angela Merkel souhaite que d’autres États membres de l’UE lui emboîtent le pas.

« Nous savons depuis longtemps que les gens vivent dans des conditions inhumaines », a-t-elle avancé. L’incendie a simplement « montré, comme à travers une loupe, quel est le problème […] Nous ne pouvons pas rester les bras croisés ».

L’Allemagne a déjà accueilli 460 enfants non accompagnés de l’île grecque de Lesbos, et certains Länder ont indiqué vouloir en accepter davantage. Cette décision nécessite le consentement du gouvernement fédéral, mais le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer (CSU) s’y oppose, arguant qu’il faudrait plutôt trouver une solution à l’échelle européenne.

Les sociaux-démocrates (SPD), partenaires de la coalition GroKo (SPD et CDU/CSU), ont commencé à faire pression sur M. Seehofer, tandis que les Verts continuent d’exprimer leur mécontentement face à la décision du ministre. La coprésidente du SPD, Saskia Esken, a appelé la CSU à agir rapidement pour débloquer cette situation. La ministre de la Famille Franziska Giffey (SPD) a maintenu que « nous ne [pouvions] pas attendre que tous les pays partenaires européens [parviennent] à un accord. Cela [prendrait] des semaines voire des mois ».

Certains membres au sein du propre parti de M. Seehofer invitent également ce dernier à revoir sa position. À cet effet, 16 législateurs de la CDU/CSU ont écrit une lettre au ministère de l’Intérieur cette semaine, exhortant le pays à accepter 5 000 réfugiés en provenance de l’île sinistrée « si possible avec d’autres États de l’UE, mais si nécessaire aussi seul ».

Le ministre du Développement et collègue de M. Seehofer, Gerd Müller, a demandé l’admission de 2 000 réfugiés dans le pays. « [Moria] n’est pas un camp de réfugiés, c’est une prison. Les réfugiés y sont entassés comme des criminels », a-t-il déploré dans une interview à la chaîne de télévision ARD. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne)

INSTITUTIONS DE L’UE | ATHÈNES

Moria hante la politique migratoire de l’UE. « Moria est ici pour rappeler à l’Europe que nous devons changer. Il est inconcevable que l’Europe n’ait pas encore une politique migratoire unique et cohérente », a déclaré le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lors d’une visite au camp de réfugiés de Moria ravagé par les flammes dans la nuit du mardi 8 septembre, laissant des milliers de personnes sans abri. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

VIENNE

L’incendie de la Moria constitue un test pour la coalition gouvernementale. Depuis son lancement en janvier, la coalition entre le parti conservateur ÖVP et les Verts n’a présenté qu’une faille : la politique migratoire. Un défaut mis en lumière lors du débat du gouvernement concernant l’incident à Moria.

Le ministre des Affaires étrangères Alexander Schallenberg a déclaré mercredi (9 septembre) que l’Autriche n’accueillerait aucun des habitants du camp. Des propos qui ont suscité les foudres des Verts. « Nous sommes en pourparlers permanents avec l’ÖVP et nous continuerons à faire pression », a déclaré la porte-parole des Verts pour la politique étrangère, Ewa Ernst-Dziedzic. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne)

BRUXELLES

Le lancement de l’application de traçage COVID-19 est retardé. Le lancement d’une application de traçage Covid-19 à l’échelle nationale a été reporté d’une semaine, car les développeurs attendent toujours un avis de l’UE, a confirmé jeudi (10 septembre) Karin Moykens du comité interfédéral « Testing & Tracing ».

La dernière étape du développement est terminée, a souligné Mme Moykens. À la suite des réactions des 80 personnes ayant participé à la phase de test, une version finale et officielle est en cours de réalisation. Celle-ci devrait être testée par quelque 10 000 personnes, a révélé l’agence de presse Belga. (Alexandra Brzozowski, Euractiv.com)

LONDRES

L’UE adresse un ultimatum au Royaume-Uni : Bruxelles a lancé un ultimatum sévère au Royaume-Uni jeudi 10 septembre, l’exhortant à retirer son projet de loi bafouant le protocole irlandais, faute de quoi les négociations sur un accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni seront rompues. (Benjamin Fox, Euractiv.com)

DUBLIN

Micheál Martin en discussion avec la Commission européenne. Le Taoiseach Micheál Martin a fait part de ses préoccupations à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, concernant la tournure que prennent les négociations du Brexit.

S’adressant à RTE News jeudi (10 septembre), M. Martin a déclaré qu’il avait été en contact étroit avec la cheffe de la Commission, et que les tentatives du Royaume-Uni de contourner l’accord de retrait par son nouveau projet de loi sur les marchés intérieurs signifiait que « la confiance [était] érodée ». (Samuel Stolton, Euractiv.com)

ROME

Nouveau confinement ? « Hors de question ». Un confinement total, semblable à celui observé lors de la première vague de Covid-19 en Italie, est « hors de question », a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio, ajoutant que le Premier ministre Giuseppe Conte avait « exclu cette possibilité également ». (Euractiv Italie)

MADRID

L’Espagne soutient la Grèce et Chypre. Alors que les 7 membres de l’UE ayant un littoral méditerranéen se sont réunis pour un sommet en Corse, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré qu’il y avait « de la place » pour que l’UE ait un « véritable dialogue » avec Ankara, ce qui conduirait à un apaisement des tensions avec Athènes et Nicosie. (Euroefe)

PRAGUE

Le V4 est divisé sur l’opposition biélorusse. Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš a refusé de rencontrer le président actuel de Visegrad, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki et l’opposition biélorusse en Pologne vendredi (11 septembre), ont indiqué des sources gouvernementales au quotidien Deník N.

La rencontre constituait, selon les hôtes polonais, un geste de solidarité, mais M. Babiš y a opposé son veto, au motif qu’il ne voulait pas faire « un geste imprudent » avant que l’UE ne décide d’une position commune. (Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque)

SOFIA

64 jours de manifestations antigouvernementales en Bulgarie. Des membres du mouvement civil du BOEC ont manifesté devant la représentation de la Commission européenne à Sofia jeudi (10 septembre) « pour s’assurer qu’ils soient entendus par Bruxelles ». Ils ont demandé la suspension du financement de l’UE à la Bulgarie « parce que le versement de ressources dans un pays sans réforme prolonge l’agonie et présente un caractère hypocrite, car il renforce la corruption ». Jeudi a marqué le 64e jour des manifestations antigouvernementales en Bulgarie, lors desquelles les protestataires appellent à la démission du Premier ministre et du Procureur général. (Krassen Nikolov, Euractiv Bulgarie)

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