Carte d’identité bilingue : l’Académie française prête à aller devant la justice

« On met à mal un principe essentiel », selon la secrétaire perpétuelle de l'Académie, Hélène Carrère d'Encausse. [NeydtStock/Shutterstock]

L’Académie française est prête à aller devant la justice administrative pour faire supprimer des mentions en anglais sur le futur modèle de carte d’identité française, a déclaré mercredi (5 janvier) sa secrétaire perpétuelle Hélène Carrère d’Encausse au journal Figaro.

« Longtemps, l’Académie a réagi par des déclarations et des communiqués qui étaient écoutés. Aujourd’hui, toutes les paroles se valent. Une autre forme d’intervention s’imposait », a déclaré au quotidien celle qui préside l’institution garante de la langue en France.

L’Académie estime qu’en ajoutant par exemple « Surname » à côté de « Nom » ou « Given names » à côté de « Prénoms », le modèle conçu par le gouvernement contrevient à la Constitution, qui dispose que « la langue de la République est le français ».

« On met à mal un principe essentiel », estime Mme Carrère d’Encausse. « Qui a décidé de mettre à égalité le français et l’anglais dans ce document ? », s’interroge-t-elle.

Par ailleurs, si un règlement européen oblige à traduire « Carte d’identité » dans au moins une autre langue officielle de l’Union européenne, ce texte ne prévoit pas d’autres traductions imposées.

D’après Le Figaro, l’Académie « a donc mandaté un cabinet d’avocats » qui a écrit au Premier ministre Jean Castex « pour lui demander d’abroger la disposition créant la nouvelle carte nationale d’identité », sans obtenir de réponse jusque-là. Ces avocats s’apprêtent à saisir le Conseil d’État, échelon suprême de la juridiction administrative en France.

Aucun porte-parole de l’Académie française n’était joignable mercredi soir.

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