Erasmus+ s’affirme comme le «sourire» de l’Europe

Étudiants d’art sur une place à Barcelone. L’Espagne est une destination Erasmus très prisée par les étudiants. [Librarygroover/Flickr]

Le programme d’échange européen Erasmus + ne cesse de croître. Aux yeux des européens, il représente tout autant l’UE que la PAC, pour un 25ième de son budget.

Erasmus, le programme d’échange universitaire immortalisé par L’Auberge espagnole en 2002, s’est depuis bien diversifié. Aujourd’hui, la version améliorée, Erasmus + couvre 33 pays et inclut notamment des possibilités de placement à l’étranger pour les enseignants, un volet dédié au sport, et des stages rémunérés à l’étranger. Le nombre de ses participants progresse chaque année : il se rapproche des 300 000 personnes en 2014.

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Antoine Godbert, directeur de l’Agence française Erasmus +, est venu présenter les perspectives du programme aux élus européens à Bruxelles. Il s’appuie sur une nouvelle étude d’impact pour montrer l’importance du dispositif.

Rêve européen et pragmatisme

« Erasmus +, c’est la rencontre du rêve européen et d’un pragmatisme politique nécessaire », rappelle-t-il. Une combinaison gagnante, puisque ce rêve est « important pour continuer à avancer dans la construction de cet objet qu’est l’Union européenne »,  et que la dimension très pragmatique d’un bagage offrant aux jeunes un meilleur accès au marché du travail est essentielle à l’avenir de l’UE.

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Le programme offre aussi à l’UE une visibilité très flatteuse puisque, dans l’esprit des Européens, Erasmus représente l’UE à égalité avec la politique agricole commune (PAC), juste après la monnaie unique, et que l’écrasante majorité des Européens estime le programme extrêmement positif. Une visibilité efficace, puisque le nouveau budget d’Erasmus + pour la période 2014-2020 s’élève à 14,7 milliards d’euros, soit 25 fois moins que le budget de la PAC.  « Erasmus, c’est le sourire de l’UE ! », affirme Antoine Godbert.

Un sourire qui ne s’arrête pas aux frontières de l’Union, puisque 33 États participent au programme : les 28, plus deux pays candidats, la Turquie et la Macédoine, ainsi que la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Le partenariat avec la Suisse, qui faisait partie d’Erasmus, a été limité suite au rafraichissement des relations entre Bruxelles et Berne. D’autres pays, notamment dans les Balkans occidentaux, ont d’ores et déjà manifesté de l’intérêt pour le programme.

Louis-Joseph Manscour, eurodéputé français représentant la Martinique, estime quant à lui qu’il faudrait faire plus pour inclure les régions ultrapériphériques. Le programme Erasmus est en effet prévu pour des échanges à 8 000 km et plus, et il n’est que difficilement accessible aux citoyens des régions ultrapériphériques. Or, c’est justement dans ces régions, où le chômage est élevé, que ce genre de programme prend tout son sens, selon l’eurodéputé. L’agence française Eramus + aimerait donc élargir le champ d’application à 12 000 km.

Le programme facilite l’accès à l’emploi

Une nouvelle étude d’impact européenne permet aujourd’hui de faire le bilan sur un programme très apprécié des Européens. Résultat : du point de vue personnel, les citoyens ayant bénéficié d’une mobilité trouvent ou retrouvent plus facilement un emploi et sont plus enclins à créer une entreprise.

Outre les compétences académiques et linguistiques, un Erasmus renforce certains traits de personnalité appréciés des employeurs, comme la confiance en soi, l’aptitude à résoudre des problèmes, la curiosité, la connaissance de ses points forts ou points faibles et la détermination au moment de l’embauche.

Jusqu’ici, Erasmus n’était jugé par la Commission que sur le bon usage des fond. Aujourd’hui, les différentes agences nationales qui gèrent le projet vont devoir se coordonner pour produire une étude d’impact pour l’ensemble des territoires européens. Un projet qui permettra de mesurer la valeur ajoutée d’Erasmus, et dont se réjouit Antoine Godbert, qui explique qu’une telle analyse n’a pas vu le jour plus tôt, pour deux raisons : « la première c’est que le calcul d’une valeur ajoutée sur un projet éducatif, cela dépasse les calendriers électoraux, puisqu’il est question de moyen, voire de long terme, et deuxièmement, parce que l’éducation n’est pas une compétence de l’UE ».

Selon lui, cette initiative permettra de rapprocher Erasmus des autres politiques européennes, en créant un système d’évaluation similaire, mais aussi d’intéresser les élus aux nouveautés d’Erasmus +. Il cite les nouveaux partenariats à l’échelle d’un territoire, ville ou région, partenariats impliquant des acteurs plus divers, académiques et universitaires, bien sûr, mais également des entreprises, des associations et des collectivités locales.

Antoine Godbert est plus qu’optimiste quant à l’avenir du programme. Il y a selon lui trois « plus » dans son Erasmus +, puisqu’il espère à l’avenir un budget plus élevé, plus d’États impliqués, et plus de bénéficiaires du programme Erasmus.

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