Une initiative citoyenne appelle à la protection des minorités européennes

Des panneaux en polonais et en allemand à la gare du village de Suchy Bor, dans le sud-ouest de la Pologne, le 30 octobre 2012. [EPA/KRZYSZTOF SWIDERSKI]

L’initiative européenne pour la protection des minorités nationale « Minority SafePack », a encore cinq jours pour collecter les 300 000 signatures manquantes pour obtenir le droit d’être examinée par l’UE. Un article du partenaire d’Euractiv Pologne, Gazeta Wyborcza.

L’initiative citoyenne, baptisée « Minority SafePack » (paquet de protection pour les minorités nationales) a été lancée par l’Union fédéraliste des communautés ethniques européennes (UFCE).

Cette ONG internationale, créée en 1949 en collaboration avec le Conseil de l’Europe, rassemble 99 minorités nationales de tout le continent européen. Dans le cas de la Pologne, l’UFCE regroupe les communautés allemande, kachoube et lemko.

Les initiatives citoyennes permettent aux citoyens de l’UE d’attirer l’attention de la Commission et du Parlement sur une question importante. Pour ce faire, elles doivent collecter un million de signatures.

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L’objectif de l’initiative « Minority SafePack » est de convaincre les États membres d’adopter une législation protégeant l’identité, la culture et les langues des minorités européennes. L’UFCE souhaite que l’UE crée un Office pour la diversité linguistique promouvant les langues régionales et minoritaires, telles que le kachoube, le gaélique, l’écossais et le lusitanien, les protégeant ainsi de la disparition.

L’initiative n’est pas anodine, car les communautés linguistiques minoritaires doivent faire face à de nombreux défis dans la vie de tous les jours. Par exemple, il est parfois difficile pour elles d’appeler une ambulance ou la police quand la personne au bout du fil ne parle pas leur langue. Jusqu’à présent, le Royaume-Uni est le seul pays à s’être attaqué au problème en s’assurant qu’il y ait des locuteurs gallois dans chaque équipe.

Les communautés ethniques déplorent le manque d’écoles dans lesquelles leurs enfants peuvent étudier ainsi que la difficulté d’obtenir des fonds pour leurs initiatives locales. En effet, la majorité a généralement la priorité pour l’acquisition de fonds.

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À partir du 1er avril 2018, les Européens ont accès dans n’importe quel pays de l’Union aux plateformes en ligne auxquels ils sont abonnés, comme Netflix ou Spotify. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Un autre problème est le géoblocage des plateformes numériques, c’est-à-dire le fait de bloquer l’accès à un contenu en fonction de la provenance géographique. À titre d’exemple, les résidents germanophones du Sud-Tyrol en Italie ne peuvent pas regarder les programmes télévisés allemands ou autrichiens sur Internet. Les Ukrainiens vivant en Pologne ou les Polonais en Lituanie ne peuvent pas voir leurs émissions préférées dans leur langue maternelle. Pour l’UFCE, le géoblocage doit donc être supprimé.

La Commission s’est déjà attaquée à ces restrictions. À partir du 1er avril 2018, les Européens auront accès dans n’importe quel pays de l’Union aux plateformes en lignes auxquelles ils sont abonnés. Ces règles s’appliqueront aux services payants, mais les fournisseurs de contenu gratuit pourront également les appliquer.

En Pologne, plusieurs associations ont pris part à la collecte de signatures pour l’initiative « Minority SafePack » : l’Association des sociétés socioculturelles allemandes, l’Association kachoube-poméranienne, l’Institut kachoube de Gdańsk, l’Association du peuple kachoube, l’Union des Ukrainiens ainsi que l’Association russe pour la culture et l’éducation. L’initiative « Minority SafePack » est également soutenue par la minorité biélorusse ainsi que les communautés karaïtes et roms dans le pays.

Jusqu’à présent, près de 700 000 personnes à travers l’UE ont soutenu l’initiative. Pour qu’elle soit examinée par la Commission et le Parlement, elle doit encore collecter 300 000 signatures avant le 3 avril 2018. Si l’action aboutit, le Parlement européen organisera une audition publique spéciale à laquelle la Commission devra ensuite répondre par écrit.

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