L’Internet devient de plus en plus multilingue

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Les noms de domaines internationalisés (IDN), considérés comme la pierre angulaire de la création de l’Internet multilingue, sont de plus en plus courants, indique un nouveau rapport.

 

Le rapport « EURid-UNESCO on Internationalised Domain Names » comprend des données issues de 90 % des domaines de premier niveau du monde entier.

 

Ce rapport publié mardi (6 novembre) s'appuie aussi sur des études de cas d'Arabie saoudite, d'Égypte, du Qatar, de République de Corée et de Russie.

 

Il révèle une corrélation significative entre les IDN et le contenu local.

 

EURid est une organisation à but non lucratif qui exploite le domaine de premier niveau .eu.

 

En l'espace de deux ans – de la mise à disposition des IDN –, au moins 3,5 millions d'enregistrements ont déjà été effectués. Parmi les pays qui ont adopté les IDN au premier niveau, citons la Fédération de Russie et la République de Corée – avec, ensemble, environ 1 million d'enregistrements à ce jour.

 

« L'introduction des noms de domaine internationalisés, au niveau national, a constitué une évolution particulièrement positive qui a stimulé le multilinguisme dans le cyberespace et qui a donné de nouvelles opportunités d'accès à l'information aux pays qui n'utilisent pas l'alphabet latin », a expliqué Janis Karklins, sous-directeur général de l'UNESCO pour la communication et l'information.

 

« L'UNESCO collabore avec plusieurs partenaires pour que ce développement puisse profiter aux populations du monde entier », a-t-elle ajouté.

 

La Commission européenne, tout en accordant son soutien aux États membres, exprime son respect pour la diversité linguistique en tant que valeur fondamentale de l'Union européenne.

 

Des millions d’utilisateurs du nom de domaine .eu

 

Le domaine .eu se classe parmi les domaines de top niveau les plus importants au monde. Il relie 500 millions de personnes dans 27 pays européens à une seule identité Internet.

 

De nombreuses sociétés et marques utilisent un site Internet avec l'extension .eu comme une solution pratique pour véhiculer clairement leur identité européenne et leurs ambitions commerciales. Fairtrade International, Foot Locker, Louis Vuitton, MAN Group, Microsoft Corporation, Orangina et Toyota en sont quelques exemples.

 

« Les caractères des 23 langues de l'Union européenne sont pris en charge par l'extension .eu. Par conséquent, nous voyons et comprenons l’importance de la relation entre la langue locale et l’emplacement géographique dans les modèles d’enregistrement IDN », a déclaré Marc Van Wesemael, le directeur général d'EURid.

 

L'Union européenne souhaite promouvoir le multilinguisme et assurer que chaque citoyen de l'UE parle au moins deux langues étrangères.

 

En pratique toutefois, les sites Internet de nombreuses institutions et agences de l'UE se limitent à une ou deux langues de travail.

 

La question de l'utilisation des langues est parfois controversée. Par exemple, les tentatives de créer un brevet européen qui ne serait qu'en anglais, français et allemand ont dû faire face aux ripostes de l'Italie et de l'Espagne qui ont qualifié cette idée de discriminatoire.

 

La prédominance de l'anglais est surtout décriée par des associations francophones, telles que la Francophonie et l'Association de défense de la langue française (DLF).

 

Cette dernière a souvent attribué son prix satirique à des fonctionnaires de l'UE, dont Romano Prodi et Jean-Claude Trichet, pour leur « utilisation abusive » de la langue anglaise.

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