La Commission dévoile un nouveau moteur de traduction

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Un nouveau moteur de traduction qui peut comprendre plus rapidement le jargon des technocrates de Bruxelles dans les 23 langues européennes sera lancé par la Commission européenne en juillet dans un effort de réduction des coûts.

 

Le système interne, connu sous le nom de MT@EC, sera plus familier au jargon de l'UE que les services de traduction en ligne comme Google Translate et sera plus rapide et efficace que les systèmes existants de la Commission, indiquent des responsables de l'UE.

 

La Commission européenne pourrait devoir licencier 10 % de ses 2 500 traducteurs au cours des cinq prochaines années en vertu d'un nouveau budget convenu par les États membres ce mois-ci.

 

Alors que la bureaucratie complexe de l'Union européenne ne cesse de produire une avalanche de documents, les traducteurs de la Commission pourraient être ensevelis si aucune nouvelle méthode pour accélérer leur travail n’est trouvée.

 

Le nouveau système fonctionne grâce à des algorithmes statistiques. Il est moins cher à entretenir qu'un ancien système de traduction automatique de l'UE puisqu'il nécessite moins de personnel spécialisé, explique le gestionnaire de projet Spyridon Pilos.

 

« Nous disposons de l'une des plus grandes collections de traductions humaines », a-t-il ajouté. « Nous souhaitons utiliser ce matériel afin que la machine traduise en respectant le style et la terminologie que nous voulons. »

 

Ce système est également conçu pour être plus sécurisé que les moteurs de traduction ouverts au public.

 

Environ un quart des documents de l'UE à traduire provient de matériel déjà traduit, affirme Dennis Abbott, porte-parole de la Commission.

 

Les traducteurs de la Commission qui se préparent à déchiffrer un document verront des segments apparaître en vert et en jaune, signes que la mémoire reconnaît ces passages.

 

Les phrases qui ne figurent pas dans la mémoire devront être traduites manuellement ou à l'aide de la traduction automatique qui fournit une première version qui doit être éditée par un être humain.

 

« Je pourrais travailler en me passant [de traduction automatique], mais j'aime l’utiliser », a déclaré Ann Barnett, une traductrice anglaise qui travaille à partir de l'allemand, du français et de l'italien. « J'aime démonter quelque chose et le rassembler par la suite. »

 

Le développement d’un système de traduction automatique fondé sur des règles a débuté dans les années 1970. Mme Abbott a déclaré que la Commission avait commencé à utiliser la traduction automatique de manière intensive dans les années 1990. Les institutions de l'Union européenne et les gouvernements nationaux ont utilisé ce système jusqu'en 2010 lorsque ce dernier est devenu dépassé et a été abandonné progressivement.

 

Le projet bénéficiera d'un budget de 4,3 millions d'euros pendant trois ans, mais M. Pilos a affirmé qu'il est difficile d'estimer les avantages en termes de coûts de MT@EC pour le moment.

 

Les traducteurs de la Commission utilisent une première version du système depuis juillet 2011. Tous les membres du personnel de la Commission auront accès à une version mise à jour en juillet 2012, qui sera finalement utilisé par d'autres institutions de l'Union européenne et États membres.

 

Pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne, des dirigeants européens ont convenu d’une réduction du budget de l'UE pour 2014-2020, ce qui reflète les efforts des États membres en vue de diminuer les déficits publics.

 

Le Parlement européen avait anticipé ces changements en novembre dernier en convenant de restreindre son service de traduction afin de réduire son budget d'environ 8,6 millions d'euros par an.

 

>> Lire : Le Parlement européen réduit le budget de la traduction

 

Les institutions européennes dépensent environ 1 milliard d'euros pour la traduction et l'interprétation chaque année, ce qui représente 1 % du budget de l'UE ou 2,50 euros par citoyen.

 

Quelque 72 % des documents de l'UE sont rédigés en anglais, 12 % en français et seuls 3 % en allemand. Par ailleurs, 88 % des utilisateurs du site Internet de la Commission, Europa, parlent anglais, selon des données de l'exécutif européen.

Commission européenne

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