La formation professionnelle transfrontalière lutte contre le chômage des jeunes

Des cursus communs dans le domaine de la formation professionnelle voient le jour en France et en Allemagne. [(Credit: [Monkey Business Images]/Shutterstock)]

Des cursus franco-allemands dans le domaine de la formation professionnelle voient le jour. L’aéronautique et l’automobile sont les premiers secteurs concernés.

On connait déjà les crèches bilingues, l’Abibac ou encore l’université franco-allemande. La France et l’Allemagne mettent en présent en place des cursus communs dans la formation professionnelle.

A l’occasion de son ultime visite à Paris en tant que plénipotentiaire chargée des relations culturelles franco-allemandes, Annegret Kramp-Karrenbauer a dressé un bilan détaillé de son mandat. La plénipotentiaire représente les Länder allemands dans les domaines de la culture et de l’éducation, compétences exclusives des régions allemandes et coordonne leurs positions. La ministre-présidente de la Sarre est ainsi revenue sur l’une des priorités de son mandat : la formation professionnelle.

Des filières de formation franco-allemande ont été mises en place avec la création de lycées professionnels et d’établissement d’enseignement professionnel conjoints.   « Ce n’est qu’en agissant main dans la main et en partageant un engagement commun que nous pourrons combattre efficacement le chômage des jeunes en Europe » indique Annegret Kramp-Karrenbauer dans un communiqué.

>> A lire aussi : Chômage des jeunes en Europe, le Sommet européen de la dernière chance

En avril 2014, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans atteignait 22,7 % en France, selon l’OCDE.

Premiers projets dans les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile

La France et l’Allemagne ont déjà posé la première pierre de leur collaboration en matière de formation professionnelle. Ainsi dans le cadre de la coopération entre le lycée de Latresne près de Bordeaux et l’école professionnelle d’Offenbach sur le Main, une filière franco-allemande dans la maintenance aéronautique a vu le jour.

De même, le secteur automobile est lui aussi concerné puisque des cursus internationaux seront proposés à l’avenir au lycée professionnel Marly près de Metz et au centre de formation professionnelle de St. Ingbert dans la Sarre.

Ces formations professionnelles permettent aux élèves de bénéficier d’une formation théorique dans leur pays d’origine tout en étant apprentis dans le pays voisin. A la fin de la formation, le diplôme obtenu est reconnu des deux côtés de la frontière.

>> A lire aussi : Un système de formation en alternance pour pallier le problème des compétences professionnelles

« L’offre de formation franco-allemande telle qu’elle est aujourd’hui proposée est unique en Europe et dans le monde », estime Annegret Kramp-Karrenbauer ajoutant que le modèle de coopération franco-allemande en matière de formation professionnelle pourrait s’exporter à l’échelle européenne.

70 % des diplômés trouvent un CDI

Après la formation professionnelle se pose pour certains la question de trouver du travail. « En Allemagne, un jeune en formation dans une entreprise a une garantie d’embauche à la fin de son contrat, d’abord pour un an », explique Annegret Kramp-Karrenbauer. Pour les entreprises allemandes, il est intéressant de garder les jeunes qu’elles ont formés.

Selon la plénipotentiaire, les chances de trouver un emploi après un cursus franco-allemand sont excellentes. En effet, « 70 % des diplômés des filières des universités franco-allemandes trouvent un CDI dans les 3 mois après la fin de leurs études », explique-t-elle précisant que cela vaut pour le domaine universitaire comme pour la formation professionnelle.

Si à l’issue d’une formation franco-allemande la chance ne sourit toujours pas aux jeunes, il existe un joker. En 2013, un centre pour l’emploi franco-allemand a ouvert ses portes. Situé à Kehl du côté allemand, il est le premier service de placement transfrontalier grâce à la collaboration entre le Pôle emploi français et l’agence fédérale pour l’emploi en Allemagne. Ce centre a pour vocation principale de mettre en relation les demandeurs d’emplois et les entreprises frontalières.

Souvent tenue pour acquise, l'alliance franco-allemande remonte au 22 janvier 1963. À cette date, le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle ont fait table rase d'inimitié multiséculaire entre les deux nations.

La ratification du traité de l'Élysée visait à réconcilier le partenariat entre la France et l'Allemagne et avait parallèlement pour but de jeter les bases communes pour une construction européenne.

Le binôme franco-allemand est souvent cité comme le moteur de la construction européenne. À eux deux, ils représentent jusqu'à 33 % de la population totale de l'Union européenne. Économiquement, ils correspondent à environ 36 % du budget européen et 37 % du PIB de l'Union européenne.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER