Le Parlement européen réduit le budget de la traduction

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Le Parlement européen a accepté de réduire une partie des services de traduction dans le but de raboter son budget de quelque 8,6 millions d’euros par an.

 

Mardi (21 novembre), les législateurs ont approuvé un rapport rédigé par Stanimir Ilchev, un eurodéputé bulgare libéral, visant à modifier les règles pour l'enregistrement des débats en plénière.

 

À partir de la prochaine plénière le 10 décembre, le Parlement ne devra plus traduire la session dans les 23 langues officielles de l'Union européenne, une procédure coûteuse qui peut prendre jusqu'à 4 mois.

 

Le Parlement enregistrera les débats uniquement dans leur langue originale, mais il devra les traduire si les États membres en font la demande.

 

M Ilchev s'est opposé aux propositions prévoyant la traduction uniquement en anglais, ce qui pourrait « sembler injuste d'un point de vue linguistique ».

 

Il a toutefois déclaré que cette initiative n'affaiblirait pas le multilinguisme protégé par les traités de l'UE. « Ce principe [de multilinguisme] n'est pas remis en question et tout le monde peut écouter nos débats en session plénière dans sa langue [grâce à l'interprétation] », a-t-il ajouté.

 

En outre, les amendements aux règles imposent au Parlement de diffuser tous les débats en direct sur son site Internet et dans toutes les langues d’interprétation active.

 

Une source du Parlement a expliqué à EURACTIV que la réduction des services de traduction durant les plénières trottait dans la tête des administrateurs et des eurodéputés depuis un certain nombre d'années. Cette réduction s'applique seulement maintenant, à un moment où le service vidéo est suffisamment utilisé pour justifier ce changement.

 

Cette mesure pourrait pourtant décevoir les défenseurs du multilinguisme, dont certains ont qualifié le Parlement d’« arche de Noé » des langues pour lutter contre ce qu'ils considèrent comme la montée de l'anglais dans les institutions de l'Union européenne.

 

M. Ilchev a annoncé à EURACTIV qu'à sa connaissance, aucun emploi ne sera perdu malgré la réduction de la charge de travail, mais il n'a pas mentionné si le Parlement engagerait moins d'indépendants.

 

« En outre, il est évident que nous devons tous nous adapter à la situation actuelle dans l'UE et aligner nos activités sur la demande générale de réductions budgétaires et de mesures d'austérité », a-t-il ajouté.

 

« [Le Parlement européen] ne peut pas faire exception à cette politique commune. »

 

Alors que l'argent dépensé dans les services de traduction est souvent qualifié de « coûts de la démocratie », l'eurodéputé britannique conservateur Geoffry Van Orden ne pense pas que les institutions de l'Union européenne doivent traduire les documents dans toutes les langues pour respecter leurs principes.

 

Il a longtemps fait campagne en vue de réduire le budget de la traduction et a déclaré l'année dernière après la publication de son rapport sur la réduction de la charge bureaucratique : « L'OTAN est constitué de 28 États membres et fonctionne seulement avec 2 langues de travail, l'ONU compte 193 États membres et 6 langues de travail. »

 

« Pourquoi doit-on traduire tous nos documents dans 22 langues différentes ? Il s'agit d’une des parts les plus coûteuses du budget du Parlement. »

 

Après l'élargissement de 2004, le Parlement européen a reçu une dérogation pour continuer à traduire des procédures dans les 11 « vieilles » langues en raison d'un manque de capacité pour la traduction dans les nouvelles langues.

 

Cette mesure a pris fin en septembre 2007. Il était alors nécessaire de revenir au système linguistique du règlement précédent : « Tous les documents du Parlement sont rédigés dans les langues officielles. »

 

Les institutions européennes dépensent environ 1 milliard d'euros pour la traduction et l'interprétation chaque année, soit 1 % du budget de l'UE ou 2,50 euros par citoyen.

 

Quelque 72 % des documents de l'UE sont rédigés à l'origine en anglais, 12 % en français et 3 % en allemand. Par ailleurs, 88 % des utilisateurs du site Internet de la Commission, Europa, parlent anglais, selon des données de l'exécutif européen.

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