Les Basques militent pour une Charte européenne des droits linguistiques

9445-img.jpg [Source : gouvernement basque]

Le langues « minoritaires » de l’Union européenne comme le frison ou le basque, doivent être mise sur un pied d’égalité avec les langues officielles, selon une feuille de route pour la diversité linguistique présentée à Bruxelles.  Un article d’EURACTIV Espagne.

La feuille de route pour une Charte européenne des droits linguistiques, présentée le 5 février à Bruixelles, doit servir de bouclier protecteur aux langues dites minoriaitres,  pourtant parlées par des millions de locuteurs, a défendu Patxi Baztarrika, vice-conseiller de la politique linguistique du gouvernement basque. 

Dans la proposition qu’il a soumise  au Parlement européen, le Basque a rappelé que « les citoyens européens disposent de droits linguistiques qui doivent être protégés ».

« C’est le devoir des institutions européennes de protéger et de faire appliquer ce droit. Une telle Charte permettrait de donner du contenu concret à l’article 22 de la Charte européenne des Droits fondamentaux, où il est indiqué que l’UE doit respecter la diversité culturelle, religieuse et linguistique », a-t-il expliqué.

Droit inéliénable

« Il s’agit d’un droit inaliénable pour tous les États membres », a ajouté Patxi Baztarrika, soulignant au passage que les langues « qualifiées à tort » de minoritaires « sont les langues maternelles de millions d’Européens ». C’est pour cela que Patxi Baztarrika a demandé à l’UE de « réaffirmer et actualiser son engagement pour préserver la diversité linguistique, qui « ne doit pas s’arrêter aux seules langues d’État. »

>>Lire: La France relance la ratification de la Charte européenne des langues régionales

D’autre part, il a regretté que ce que l’on appelle les « langues officielles » soient uniquement liées à la langue officielle d’un État. « Dans un contexte européen où les États possèdent des entités autonomes, établir une hiérarchie entre les langues officielles n’est pas une approche européenne très intégratrice », a-t-il assuré.

Le vice-conseiller basque a également exhorté la Commission européenne, pionnière en matière de multiculturalisme et dotée d’une véritable politique linguistique, à participer au renforcement des langues minorisées « telles que le catalan, le galicien, le gallois, le frison ou le basque ».

Langues officielles versus langues minoritaires

Les partenaires européens qui, aux côtés du gouvernement basque, ont participé à l’élaboration de la feuille de route étaient également présents le 5 février : le directeur exécutif du réseau NPLD (de promotion de la diversité linguistique), le Gallois Meirion Jones, la présidente du NPLD, Jannewietske de Vries, de la province autonome de Frise (Pays-Pas), ainsi que Joe McHugh, le ministre irlandais en charge des sujets liés au Gaeltacht (région où l’on parle le gaélique irlandais).

La feuille de route pour la diversité linguistique propose aux institutions européennes une série d’actions et de mesures en vue d’une politique d’encouragement au multilinguisme, de la reconnaissance du rôle de toutes les langues dans la cohésion sociale et le développement personnel et économique et pour une coexistence harmonieuse de toutes les langues européennes. Suite à cette présentation, un processus de consultation a été ouvert pour que les partenaires européens et les institutions puissent apporter leur contribution.

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