Un eurodéputé demande que le turc devienne une langue officielle de l’UE

La « ligne verte » entre les le nord et le sud de Chypres est aujourd'hui ouverte en sept points, dont deux à Nicosie [Christopher Rose/Flickr]

Le turc comme 25e langue de l’Union européenne (UE) ? C’est ce que demande Akel Niyazi Kizilyurek dans une question posée à la Commission européenne. Une manière de préparer une future réunification de l’île de Chypre selon l’eurodéputé. Un article de notre partenaire Ouest-France.

L’eurodéputé a demandé que les procédures pour l’introduction du turc en tant que langue officielle de l’UE soient accélérées, a rapporté mardi 24 septembre le journal chypriote Cyprus Mail.

« Les citoyens chypriotes turcs de l’UE s’attendent certainement à ce que leur langue maternelle devienne une langue officielle de l’UE », a déclaré le député européen dans une question écrite posée à la Commission européenne. Akel Niyazi Kizilyurek est le premier Chypriote turc élu député européen à la fois par des Chypriotes grecs et turcs.

Pour les Chypriotes turcs

L’île de Chypre est encore occupée militairement au nord par l’armée turque en réaction à la tentative de coup d’État dans les années 1970. La partie « grecque » de l’île est entrée dans l’Union européenne en 2004 et a adopté l’euro en 2008. Elle est également membre du Commonwealth. Les Chypriotes turcs qui possèdent des documents de voyage de l’UE ou remplissent les conditions pour en obtenir sont considérés comme des citoyens de l’Union.

L’eurodéputé chypriote avait fait campagne avant les européennes du 26 mai 2019 sur cette question de l’incorporation du turc aux autres langues officielles de l’UE. Selon lui, cela contribuerait à mieux intégrer les Chypriotes turcs dans les institutions de l’UE et préparerait une réunification de l’île.

Devenir la 25e langue de l’UE

L’Union européenne et ses 28 États membres comptent 24 langues officielles. Le nombre de langues officielles a augmenté proportionnellement à l’adhésion de nouveaux États membres. Quand une langue obtient ce statut, tous les documents officiels de l’UE doivent être traduits dans celle-ci. Seules langues officielles dans les États membres qui ne sont pas reconnues au niveau européen : le luxembourgeois pour le Grand-Duché et le turc qui a pourtant court à Chypre.

Une fois qu’une langue acquiert ce statut, tout citoyen de l’UE doit pouvoir accéder dans celle-ci à l’ensemble des documents des institutions européennes selon la Charte des droits fondamentaux, rappelle le site Touteleurope.eu. Lors des débats en session plénière du Parlement européen à Strasbourg, tout eurodéputé doit également pouvoir s’exprimer dans n’importe laquelle des langues officielles dans l’hémicycle.

Mais pour cela, il faut que les États membres le décident à l’unanimité. Il n’y a aucun consensus pour le moment sur cette question au sein du Conseil de l’Union européenne.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.