La nouvelle Commission devrait appliquer le multilinguisme

DISCLAIMER: Toutes les opinions affichées dans cette colonne reflètent l'avis de l'auteur, pas celle d'EURACTIV Media network.

Logo du multiliguisme au sein des institutions européennes / Source : ec.europa.eu

La politique linguistique au Parlement européen et au Conseil est acceptable, mais catastrophique à la Commission. Depuis l’élargissement de 2004, la tendance est au « tout anglais ». Les élections européennes constituent une excellente occasion pour tenter de corriger cette situation.

Michel Soubies, ancien fonctionnaire à la Commission entre 1976 et 2008, est membre du conseil d’administration de la DLF Bruxelles-Europe.

Les candidats pour la présidence de la Commission sont pressentis par le Conseil européen, en tenant compte du résultat des élections puis c’est le Parlement européen qui élit le/la président/e. Les actions décrites ci-dessous sont conduites par trois associations militant pour la promotion de leur langue et plus généralement le multilinguisme : il s’agit de l’ASSODILIT pour l’italien, DLF Bruxelles-Europe pour le français et de Verein Deutsche Sprache pour l’allemand. En outre, un vice-président du Parlement européen en charge notamment du multilinguisme s’est associé à ces actions qui s’articulent en 4 phases.

La première phase au niveau national s’est déroulée entre décembre 2013 et avril 2014. Elle a consisté tout d’abord à écrire aux présidents des partis nationaux des États membres concernés pour les inciter à choisir le plus possible de candidats polyglottes et sensibles au multilinguisme. Ensuite les chefs d’État et de gouvernements ont été appelés à désigner pour la présidence du Conseil européen, pressentir pour la présidence de la Commission et de la Haute représentation pour les relations extérieures, des personnalités couvrant le plus large éventail linguistique possible et s’engageant à pratiquer le multilinguisme. Le président François Hollande a envoyé une réponse encourageante par l’intermédiaire de sa chef de Cabinet.

La deuxième phase au niveau européen (depuis début avril 2014) consiste en une lettre commune  aux candidats désignés par le Parlement européen pour la présidence de la Commission, afin de les inviter à s’engager pour corriger la situation actuelle très mauvaise sinon catastrophique en matière de multilinguisme. Une action analogue sera conduite après l’été auprès des candidats à la fonction de président du Conseil européen.

La troisième phase se jouera après les élections en liaison avec nouveau Parlement (à partir de juin 2014). Les signataires de cette lettre écriront aux nouveaux présidents et vice-présidents, aux présidents des groupes politiques du Parlement européen et aux présidents des commissions parlementaires, dès qu’ils seront désignés. Il leur sera demandé de prendre en compte la problématique du multilinguisme dans leurs travaux et notamment lors de l’audition des futurs Commissaires. Il sera demandé qu’un vice-président du parlement européen reste en charge des questions de multilinguisme.

La quatrième phase se déroulera lorsque la nouvelle Commission aura reçu l’investiture en liaison avec les représentations permanentes et autres entités utiles, pour veiller à ce que les Cabinets se constituent en prenant en compte le multilinguisme et de même lors de la nomination des Porte-paroles.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer