France : un journaliste afghan menacé d’expulsion finalement autorisé à demander l’asile

Après l'entrée des talibans à Kaboul en août, des centaines de journalistes afghans ont fui le pays par peur de représailles. [ChameleonsEye/Shutterstock]

Elyaas Ehsas, un journaliste afghan de 28 ans entré en clandestinité en France pour éviter d’être expulsé vers son pays où il est menacé de mort par les talibans, a finalement été autorisé à déposer une demande d’asile, a-t-il indiqué mardi (23 novembre) à l’AFP.

« Je vais raconter mon histoire aujourd’hui ou demain pour le dossier de demande d’asile et l’envoyer à l’OOffice français de protection des réfugiés et apatrides », a-t-il déclaré à l’AFP.

Elyaas Ehsas, qui travaillait dans son pays pour une chaîne de télévision, appartient à la communauté Hazara, une minorité chiite discriminée, ciblée par les talibans sunnites.

En exil depuis 2015, il était arrivé en France à l’automne 2020. Domicilié à Rennes, dans l’ouest du pays, il avait annoncé en avril son intention de disparaître alors qu’il était menacé d’expulsion vers la Suède, en raison du règlement européen de Dublin qui oblige un demandeur d’asile à déposer sa demande dans le premier pays de l’UE où il est arrivé. Or, la Suède lui a déjà refusé une demande d’asile.

Mais entretemps, sa famille a été évacuée fin août d’Afghanistan par les autorités françaises qui ont pris en compte les menaces pouvant peser sur elle à cause de l’activité journalistique de M. Ehsas et le fait que sa petite soeur était dans l’équipe nationale afghane de basket-ball, a expliqué à l’AFP son avocat, Clément Père. Et M. Ehsas a reçu une attestation de demande d’asile en procédure normale la semaine dernière.

« Etant donné que sa famille était demandeuse d’asile en France, j’avais demandé qu’il puisse lui aussi faire sa demande en France et que cette dernière renonce à poursuivre la procédure Dublin. Cette procédure signifie que la France ne va même pas regarder le fond et les raisons pour lesquelles une personne demande l’asile », a ajouté Me Père.

Après l’entrée des talibans à Kaboul en août, des centaines de journalistes afghans ont fui le pays par peur de représailles. Des journalistes et ONG afghanes ont dénoncé mardi les nouvelles règles imposées par le régime taliban aux télévisions afghanes, craignant un musèlement progressif des médias.

Le gouvernement taliban a publié dimanche une série de « directives religieuses » destinées aux médias, la première tentative de régulation du secteur par les talibans depuis leur reprise du pouvoir mi-août. Il a notamment appelé les médias à éviter les programmes « opposés aux valeurs islamiques et afghanes ».

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