Le gouvernement slovaque sur la sellette après la démission du ministre de l’Intérieur

Manifestation du 09 Mars à Brastislava en mémoire du meurtre de Jan Kuciak et de sa fiancée. Crédit: EPA

Après la démission de Robert Kalinak, les tensions entre le parti au pouvoir SMER et ses partenaires de coalition s’accentent sur la possibilité d’élections anticipées.

La crise politique slovaque se poursuit et met en péril le gouvernement. Lundi 12 mars, le ministre de l’Intérieur a annoncé sa démission sous à la pression de la rue, qui manifeste contre le gouvernement depuis l’assassinat du journaliste d’investigation Jan Kuciak. Dans le même temps, les partenaires de coalition du parti au pouvoir, le SMER, soutiennent un à un l’option d’élections anticipées, que refuse catégoriquement ce dernier.

Un journaliste d’investigation abattu chez lui en Slovaquie

Le journaliste Jan Kuciak enquêtait pour des affaires de fraude fiscale, impliquant des hommes d’affaires associés au membre du parti gouvernemental Smer. Un article de notre partenaire Euractiv Pologne

Démissions en chaîne

La démission de Robert Kalinak est la dernière en date, après celle le 28 février du ministre de la Culture Marek Madaric. Depuis l’assassinat du journaliste d’investigation Jan Kuciak, dont l’auteur reste à ce jour inconnu, la pression s’intensifie sur les membres du gouvernement.

Le journaliste d’investigation était en effet connu pour écrire sur des scandales d’évasion fiscale et de corruption impliquant des hommes de la classe politique du pays, dont des membres du gouvernement. Il aurait notamment enquêté sur des liens de ces hommes politiques avec la mafia italienne et celle calabraise, appelée la ‘Ndrangheta.

Vendredi soir, 40 000 personnes s’étaient rassemblées dans la capitale selon le décompte du quotidien SME pour dénoncer cet assassinat. Au nombre de leurs revendications figuraient la démission du ministre de l’Intérieur ainsi que celle du Premier ministre, également visé par les articles de Jan Kuciak.

La Slovaquie en crise après le meurtre du journaliste Jan Kuciak

Des milliers de personnes sont descendues dans la rue, le ministre de la Culture a démissionné. Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, accuse de son côté le président du pays de complicité avec George Soros.

Le gouvernement menacé d’implosion

Robert Kalinak a ainsi cédé à la pression tant de la rue que des partenaires de coalition du parti social-démocrate SMER du Premier ministre. Au nombre de deux, le parti national slovaque et le parti de la minorité hongroise Most-Hid, ils s’éloignent progressivement de leur allié au pouvoir. Le second, qui avait conditionné son maintien dans la coalition au départ du ministre de l’Intérieur, a malgré l’annonce de ce dernier appelé lundi soir à des élections anticipées.

« C’est la seule solution pour mettre fin à la crise » a déclaré son président Bela Bugar, qui a dans le même temps affirmé que le parti resterait dans la coalition pour préparer ensemble ces élections.

Si le Parti national slovaque s’est déjà prononcé pour cette option, elle n’est pas du goût du SMER et du Premier ministre Robert Fico. « Nous n’allons pas danser sur la tombe de deux jeunes gens », rapporte comme propos du Premier ministre le média Euractiv Pologne. « Nous ne nous comporterons pas comme l’opposition et les médias, et maintenant le président », a-t-il ajouté, faisant référence aux propos de ce dernier qui a considèré le 4 mars que les seules issues à la crise étaient un remaniement du gouvernement ou des élections anticipées.

La coalition gouvernementale apparaît plus que jamais en péril, Bela Bugar ayant déclaré à la presse que Robert Fico « refusait de négocier sur des élections anticipées » après s’être rendu au siège du SMER.

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