La future Commission appelée à lutter davantage contre la désinformation

#Media4democracy [Alexandre Dechaumont]

Un certain nombre d’eurodéputés fraîchement élus se sont engagés à unir leurs forces pour lutter contre la désinformation lors de ces cinq prochaines années, lors d’un événement organisé par la Fondation Euractiv.

Des eurodéputés issus de plusieurs groupes ont partagé leurs inquiétudes concernant l’impact de la désinformation sur la démocratie européenne et ont promis de travailler ensemble pour y faire face lors d’un événement organisé le 4 juin.

Interrogé par le journal allemand BILD, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a insisté sur la nécessité pour son successeur de lutter contre les fake news

« Je lui conseillerai de faire des déclarations publiques fortes pour contrer les tentatives répétées pour calomnier l’UE », a-t-il déclaré. « La Commission devrait mettre en place un département anti-fake news qui ne ferait rien d’autre que de mettre au jour ces mensonges. »

« Nous avons été trop hésitants par le passé à ce sujet », a reconnu le responsable de la Commission.

Propagande : attention danger ! alertent les eurodéputés

Le Parlement européen vient d’adopter une résolution contre la désinformation programmée. Il pointe notamment du doigt la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord.

Initiation aux médias

Siegfried Mureșan, eurodéputé roumain récemment réélu (PPE), a souligné la responsabilité des fonctionnaires dans la lutte contre la désinformation, mais également celle des médias et des citoyens.

« Les médias ont une responsabilité en termes de transparence, de code de conduite. Nous, en tant que citoyens, notre responsabilité réside dans le fait de savoir distinguer des fakes news de sources sérieuses issus de médias », a-t-il expliqué.

Mikulas Peksa, représentant tchèque du Parti pirate élu pour la première fois au Parlement, partage cette idée et souligne l’importance de l’éducation aux médias pour que les citoyens développent une réflexion critique.

L’évolution de l’intelligence artificielle représente le risque le plus important, assure-t-il, mais la solution n’est pas de réglementer. « Ce dont nous avons besoin c’est d’une population éduquée pour que les gens soient vraiment capables de distinguer la désinformation car il n’y a pas vraiment d’autres moyens d’empêcher les fakes news d’atteindre nos populations », insiste Mikulas Peksa, dont le parti a rejoint les Verts/ALE.

Durant leur campagne pour les élections européennes de mai, les Verts affirmaient que la politique médiatique devait être une priorité absolue de la prochaine Commission européenne. Et jusqu’à présent, le rôle de l’UE dans ce domaine a été très limité.

Pour garantir un paysage médiatique sain en Europe, les institutions doivent œuvrer à une meilleure coordination entre les États membres. « Ce dont nous avons réellement besoin est un marché européen commun pour les médias », souligne Mikulas Peksa.

Ricardo Gutiérrrez, secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes, a ajouté que « de l’histoire nous avons tous appris que le journalisme était le meilleur antidote à la désinformation. »

« Les menaces pour nos démocraties sont nombreuses : ingérence étrangère, abus des oligarques et des gouvernements alliés, concentration de pouvoir par les plateformes », énumère Christophe Leclercq, fondateur d’Euractiv. « Cela exige des normes journalistiques élevées fondées sur des revenus sains et une réglementation fondée sur les règles de la concurrence, et non sur la censure du gouvernement. »

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