Liberté de la presse : les dix cas les plus graves-juillet 2021

Si le métier implique d’être exposé au virus pour raconter la pandémie et ses retombées, les journalistes sont également confrontés aux caprices des certains gouvernements qui utilisent la crise sanitaire pour prendre des mesures de répression contre les médias.

Alors que la pandémie de Covid-19 continue d’entraîner des conséquences néfastes sur notre façon de vivre, elle a également restructuré la façon de travailler des journalistes. Si le métier implique d’être exposé au virus pour raconter la pandémie et ses retombées, les journalistes sont également confrontés aux caprices des certains gouvernements qui utilisent la crise sanitaire pour prendre des mesures de répression contre les médias.

Certaines des actions lancées dans l’urgence portant atteinte à la liberté de la presse – délibérément ou non – pourraient être maintenues à l’avenir. Cette situation nuit d’ailleurs déjà à la profession, comme le révèle la recherche sur les violations de la liberté de la presse liées à la pandémie menée par le Committee to Protect Journalists (CPJ) entre février 2020 et juin 2021.

Récemment, l’International Women’s Media Foundation (IWMF) a également publié un rapport commandé par la Fondation Gates traitant de la Covid-19 et de ses répercussions sur la voix des femmes et des journalistes de couleur.

« The Missing Perspectives of Women in COVID-19 News » met en évidence le fait que trop peu d’expertes sont citées dans l’actualité retraçant l’évolution de la pandémie. L’étude conclut qu’en Afrique du Sud, au Kenya, en Inde, au Nigeria, aux États-Unis d’Amérique et au Royaume-Uni le point de vue d’une femme journaliste sur le nouveau coronavirus est submergé par la voix des hommes.

Par ailleurs, le rapport fait la lumière sur le fait que l’absence de l’opinion des femmes dans la couverture médiatique de la Covid-19 signifie qu’elles exercent une influence limitée sur la représentation de la crise sanitaire dans l’actualité, et donc une influence limitée dans les décisions politiques.

L’IWMF et le CPJ fournissent également diverses informations et ressources à l’intention des journalistes afin qu’ils puissent travailler en toute sécurité au fil de la pandémie. Envie d’en savoir plus  ? N’hésitez pas à consulter l’avis de sécurité du CPJ régulièrement mis à jour et les différentes ressources de l’IWMF.

Dans ce contexte, la coalition One Free Press réunit des éditeurs du monde entier qui souhaitent mettre en avant les journalistes dont la liberté est menacée ou qui sont poursuivis, voire assassinés, en publiant chaque mois la liste des dix cas les plus graves. Cette prise de parole commune veut aussi montrer le courage des journalistes dont les voix sont réduites au silence.

  1. Rana Ayyub, Saba Naqvi et Mohammed Zubair (Inde)

L’année dernière, la police a lancé une enquête judiciaire à l’encontre d’un rédacteur du site d’information indépendant The Wire pour avoir prétendument « semé le trouble  » pendant le confinement. Désormais, les autorités ont amorcé une investigation du même acabit contre The Wire et les journalistes Rana Ayyub, Saba Naqvi et Mohammed Zubair prétextant qu’ils ont partagé des vidéos non vérifiées susceptibles d’entraîner des troubles sociaux.

  1. Azimjon Askarov (Kirghizstan)

Le 25 juillet marque le premier anniversaire du décès du journaliste et défenseur des droits de l’homme, Azimjon Askarov, dans une prison kirghize. Sa famille avait émis des soupçons quant au fait qu’il aurait pu avoir contracté le SARS-Cov-2, mais les autorités avaient refusé de lui faire passer un test de dépistage.

  1. José Antônio Arantes (Brésil)

Le fondateur et rédacteur de Folha da Região a reçu plusieurs messages de menace sur les réseaux sociaux en réponse à ses reportages sur la pandémie. Il a également été victime d’un incendie criminel à son domicile et lieu de travail.

  1. Gamal al-Gamal (Égypte)

Le chroniqueur indépendant égyptien a contracté le virus plus tôt cette année tandis qu’il avait été placé en détention préventive à la prison de Tora, dans la banlieue du Caire.

  1. Rozina Islam (Bangladesh)

Accusée de vol de documents officiels et d’espionnage, Rozina Islam a été arrêtée en mai après avoir relaté des informations sur des actes présumés de corruption et la mauvaise gestion du gouvernement lors de la pandémie de Covid-19. Bien qu’elle ait été libérée sous caution, elle aurait pu être condamnée à une peine de 14 ans de prison voire la peine de mort.

  1. Nurgeldi Halykov (Turkménistan)

Le correspondant indépendant Nurgeldi Halykov est emprisonné depuis septembre 2020 sur fond de fraude. D’après ses collègues, les accusations portées à son encontre constituent des mesures de rétorsion prises à la suite de ses reportages sur la pandémie pour le site Turkmen.news, dont le siège se situe aux Pays-Bas.

  1. Andrzej Poczobut (Bélarus)

Le journaliste politique et producteur Andrzej Poczobut est placé en détention préventive depuis mars. Il aurait contracté la Covid-19 derrière les barreaux – alors que prisonniers sont gardés dans des endroits surpeuplés -, mais est désormais en quarantaine.

  1. Siddique Kappan (Inde)

Le journaliste indien emprisonné se serait effondré plus tôt cette année après avoir contracté la Covid-19. Si la juridiction compétente a abandonné l’une des accusations non susceptibles de caution contre sa personne en juin, les autorités à Uttar Pradesh maintiennent certaines mesures de rétorsion supplémentaires.

  1. Shahram Safiri (Iran)

Le journaliste indépendant kurde à la tête de la chaîne locale d’informations « Rawezh Press » a été condamné à trois mois de prison en raison de ses reportages sur la situation sanitaire. Bien qu’il ait interjeté appel, il fait également face à deux autres poursuites.

  1. Oratile Dikologang (Botswana)

 Oratile Dikologang, cofondateur et rédacteur spécialisé dans le numérique pour le site local Botswana People’s Daily News, doit comparaître devant la justice le 12 juillet pour avoir partagé des informations sur Facebook concernant la Covid-19 et la politique locale. Il réfute la publication de ces postes.

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