En Serbie, des attaques contre les journalistes compromettent la liberté de la presse

Le président serbe Aleksandar Vucic et la Première ministre Ana Brnabic à l’ambassade de France à Belgrade le 14 juillet 2018. [BalkansCa/Shutterstock]

102 cas de pressions et autres attaques envers des  journalistes et d’autres professionnels des médias ont été recensés en Serbie. Une tendance à la hausse inquiétante pour l’État candidat à l’UE.

Une étude de l’association des journalistes indépendants de Serbie (IJAS) a recensé 7 agressions physiques, 72 cas de pressions et 23 de menaces verbales contre des journalistes au cours de l’année 2018. Selon l’association, le nombre d’attaques contre des journalistes a plus que doublé depuis 2016. « Bien que les pressions ne se traduisent pas par des menaces explicites, elles mettent indirectement leurs vies en danger », explique un analyste de l’IJAS.

En décembre, la maison d’un journaliste du site d’information Zig Info a été incendiée. Celui-ci avait dénoncé les malversations des élus de la municipalité belgradoise de Grocka. Le journaliste et sa femme ont pu échapper aux flammes. Les auteurs ont été arrêtés et le maire, suspecté d’être à l’origine de l’incendie, est actuellement en détention. Les pressions à l’égard des médias ont également lieu par voie judiciaire : 626 poursuites ont été engagées contre des médias, et 505 d’entre elles ont été traitées.

Selon l’IJAS, le monde des médias serbes a été marqué par un nombre croissant d’actions en justice engagées par des fonctionnaires publics contre des journalistes et des médias indépendants qui rapportent l’information de manière critique.

Les représentants de l’IJAS ont également souligné le problème de l’impunité des attaques contre les journalistes et rappelé que certains procès avaient duré trop longtemps et que des affaires de meurtre datant d’il y a plusieurs décennies en étaient encore au stade de pré-enquête.

La secrétaire d’État du ministère de l’Intérieur, Biljana Popović Ivković, assure que la police prend toutes les mesures nécessaires en cas d’attaques contre des journalistes et que le gouvernement est déterminé à punir plus sévèrement les coupables.

Dans le rapport de 2018 de l’ONG Reporters sans frontières, la Serbie est passée de 66ème à 76ème sur une liste de 180 pays et est l’un des 5 pays au monde où la liberté de la presse a connu le plus grand déclin.

La «haine du journalisme» menace les démocraties, selon RSF

La liberté de la presse s’est encore dégradée dans le monde l’an dernier, selon le rapport annuel de Reporters sans frontières. Le climat de haine à l’encontre des journalistes qui se développe notamment en Europe et aux États-Unis menace les démocraties, s’inquiète l’ONG.

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