Centrale d’Ignalina : pression sur l’UE pour trouver une alternative [FR]

nuclear_plant_isp.jpg

Hier 12 octobre, les Lituaniens se sont prononcés lors d’un référendum visant à prolonger l’utilisation de la centrale nucléaire d’Ignalina jusqu’en 2012. Le référendum s’est déroulé parallèlement aux élections législatives qui ont propulsé au premier plan des responsables politiques populistes opposés à la fermeture de cette centrale, similaire à celle de Tchernobyl, en décembre 2009

Dans un référendum non contraignant, les Lituaniens se sont prononcés sur l’extension de l’exploitation de la centrale, qui fournit 60 % de l’électricité du pays. Les partisans de la centrale ont déclaré qu’ils espéraient reporter sa fermeture à 2012, quand de nouvelles installations seront construites. Il s’agirait ainsi pour le pays d’éviter de dépendre des importations énergétiques provenant de la Russie. 

En raison du faible taux de participation, le référendum sera certainement annulé. Cependant, les observateurs prédisent un retour au pouvoir de responsables politiques favorables à une position intransigeante face à Bruxelles au sujet de la centrale d’Ignalina et ignorant les engagements de préadhésion qui ont été pris. Même si aucun parti n’a remporté la majorité au Parlement, formé de 141 membres, on s’attend à ce qu’une coalition de partis conservateurs évince le parti socio-démocrate qui a dirigé différentes coalitions au pouvoir depuis 2001. 

L’ancien président Roland Paksas, défenseur de la centrale d’Ignalina et partisan d’une ligne dure à l’égard de l’UE, devrait faire son retour au sein de l’exécutif. Son Parti de l’ordre et de la justice aurait gagné 14 % des voix selon les sondages au sortir des urnes. Il se trouve juste derrière le parti conservateur d’Andrius Kubilius, l’Union de la patrie, qui a obtenu 18 % des voix. 

M. Paksas, un ancien aviateur-cascadeur, avait été élu au poste de président en 2003 avant d’être destitué une année plus tard, soupçonné d’entretenir des liens avec la mafia russe. 

Une autre personnalité politique qui fait son retour sur le devant de la scène politique est le Russe d’origine Victor Uspaskich, qui défend lui aussi la centrale d’Ignalina.

Mêlé à un autre scandale de corruption, il avait été forcé de fuir en Russie en 2006. Le parti qu’il dirige, le Parti du travail, est arrivé en cinquième position avec 10 % des voix. 

La semaine dernière, le ministre lituanien de l’Economie Vytas Navickas a déclaré que son pays serait peut-être forcé de prolonger l’exploitation de la centrale nucléaire. L’UE s’attend à ce que la Lituanie présente un plan d’action en décembre 2008. 

La Lituanie a encouragé un projet commun avec la Pologne, l’Estonie et la Lettonie, financé par l’UE à hauteur de 3 à 4 milliards de dollars. Ce projet viserait à fournir de l’énergie au pays et à réduire sa dépendance au gaz russe. Cependant, les discussions sur le sujet ont peu avancé. En outre, le pays a également été de moins en moins enclin à s’engager en faveur d’une réduction des émissions de CO2 alors que sa situation énergétique ne cesse de s’aggraver. 

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire