La Russie déstabilise actuellement la région séparatiste d’Abkhazie, Moscou voulant distraire la Georgie de sa tentative d’adhésion à l’OTAN, comme l’a expliqué Salome Samadashvili, l’ambassadrice de la Georgie auprès de l’OTAN et de l’UE, dans d’un entretien à EURACTIV.
Selon Mme Samadashvili, précédemment députée au Parlement géorgien avant d’être nommée à Bruxelles en 2005, les tensions actuelles et la présence croissante des forces armées russes la semaine dernière sont les conséquences directes de l’échec du sommet de l’OTAN à Bucarest en avril (EURACTIV 02/04/08) qui concernait l’entrée de la Georgie et de l’Ukraine dans l’UE en leur accordant des « plans d’actions pour l’adhésion ».
Constatant que l’UE était elle-même divisée sur la question, quelques pays affirmant que Tbilissi devrait résoudre les conflits en Abkhazie et à l’Ossétie du sud, Mme Samadashvili a vivement encouragé l’Union à ne pas lier les deux sujets.
« Empêcher la Georgie et l’Ukraine de rejoindre l’OTAN est devenue une priorité de la Russie en matière de politique étrangère », a déclaré l’ambassadrice Samadashvili. Rejetant les accusations russes selon lesquelles la Georgie déploie des troupes militaires près de la frontière de l’Abkhazie, elle a néanmoins admis que son pays utilise des avions espions avec un pilotage automatique afin de surveiller la situation dans la zone de conflit. Elle a affirmé que l’utilisation de ces drones est légitime.
L’ambassadrice Samadashvili a demandé à l’UE de lancer des pourparlers pour changer le format des négociations de paix concernant les régions séparatistes, déclarant que tous les formats actuels sont monopolisés par la Fédération russe. Elle a ajouté qu’elle espérait que l’UE serait le réel intermédiaire objectif pendant le processus. Bien que les appels à l’UE pour le déploiement de casques bleus aient cessé, elle a souligné que la présence actuelle de casques bleus russes en Abkhazie ne pouvait pas être jugée impartiale.
L’ambassadrice a conclu en déclarant que la Géorgie s’attend à ce que l’UE introduise des mesures pour contrer la Russie « avec un véritable impact » plutôt que de se contenter d’émettre des déclarations. « Quand la Russie se comporte en hooligan dans les relations internationales, en essayant de voir jusqu’où elle peut aller en violant les normes du droit international, je souhaiterais que l’UE envoie un signal très clair de ce qui est, selon elle, un comportement acceptable d’un partenaire stratégique », a-t-elle soutenu.
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