En s’adressant à EURACTIV le jour de la prise de fonctions du nouveau président russe Dmitry Medvedev, Vladimir Chizhov, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, tient la Géorgie pour seule et unique responsable du déploiement militaire dans le Caucase du Sud. Il a décrit son pays comme étant le dénonciateur des abus dans la région.
L’ambassadeur russe a minimisé le déploiement militaire de la Russie en Abkhazie qui constitue, selon lui, une réponse légitime à « une présence militaire illégitime croissante et continue de la Georgie dans la haute vallée du Kodori, l’unique territoire abkhaz sous contrôle géorgien ».
Le Caucase du Sud est sous la menace d’une guerre, a déclaré M. Chizhov, mais il a fermement reproché à la Georgie d’essayer de résoudre par la force ses conflits avec les régions séparatistes de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.
M. Chizhov a rejeté les déclaration du Vice-premier ministre de la Georgie, Temur Iakobashvili à Bruxelles le 6 mai, selon lesquelles la Georgie était très proche d’une guerre avec la Russie. Selon lui, son pays a plutôt tiré le signal d’alarme, en attirant l’attention de l’UE sur le problème, comme l’avait fait le ministre des Affaires étrangères Sergei Lavrov à l’occasion de sa réunion avec la Troïka UE le 29 avril.
M. Chizhov a également nié les propos selon lesquels la Russie avait déclanché les tensions en Abkhazie, en réponse à l’indépendance du Kosovo. Il a plutôt dénoncé le précédent établi par le Kosovo pour se répercuter aussi loin qu’en Bolivie.
En commentant l’investiture, le même jour, du président Dmitry Medvedev, M. Chizhov a déclaré qu’il pensait que « plus tard, ce jour sera classé d’historique ». Il a rejeté les spéculations selon lesquelles une lutte éventuelle pour le pouvoir pourrait survenir entre le nouveau président et le M. Poutine qui doit prêter serment aujourd’hui comme nouveau Premier ministre.
« Vous ne vivrez pas assez longtemps pour y assister », a déclaré M. Chizhov, en soulignant les relations excellentes et les valeurs que partagent MM. Poutine et Medvedev.
L’ambassadeur a également minimisé le fait que les négociations concernant une nouvelle base juridique entre l’UE et la Russie soient bloquées en raison des objections de la Lituanie sur un certain nombre de questions, notamment le passé commun entre les deux pays.
« Il semble que certains des nouveaux arrivants apportent leurs fantômes du passé dans l’Union européenne. Et ils ont réussi à tester la solidarité européenne. Je n’ai rien contre la solidarité européenne. Ce que je n’accepte pas, c’est que l’on se serve de mon pays comme tester ce principe », a déclaré M. Chizhov.
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