Essor des affaires entre la France et la Russie malgré la crise géorgienne [FR]

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Samedi 20 septembre, le Premier ministre français François Fillon et son homologue russe Vladimir Poutine se sont rencontrés à Sotchi, une station balnéaire sur la mer Noire. Dévoilant un paquet économique bilatéral impressionnant, les deux dirigeants semblent avoir mis en veilleuse leurs désaccords sur la récente crise géorgienne.

M. Poutine a déclaré que le secteur de l’énergie est la locomotive des relations économiques bilatérales après avoir annoncé que la France avait confirmé la participation de Total à toutes les étapes du développement du gisement de gaz de Shtokman, sur la mer de Barents, un des plus grand gisement marin du monde.

Total possède une participation de 25 % dans la Shtokman Development Company, qui doit développer le gisement de 3,7 trillions de mètres cubes. Le reste de la compagnie est contrôlé par Gazprom (51 %) et StatoilHydro (24 %). Pour répondre à des défis technologiques considérables tels que le développement de plateformes flottantes – le réchauffement climatique libérera en effet d’énormes icebergs –, Gazprom a extrêmement besoin de l’expertise occidentale pour développer le gisement. 

L’énergie nucléaire a également figuré en bonne place dans l’agenda bilatérale. La compagnie russe Atomenergomash et la firme française Alstom devraient d’ailleurs développer conjointement des turbines à vapeur pour les centrales nucléaires, a déclaré M. Poutine, cité par le site Internet du gouvernement russe. Le Premier ministre russe a en outre annoncé des plans pour une coopération accrue entre les géants de l’électricité des deux pays – Electricité de France et Inter RAO UES – ainsi qu’une série de projets dans le secteur des transports. Les entreprises françaises Vinci et Bouygues construiront des routes en Russie, et il y a de grands projets pour Renault et Peugeot dans le pays, a-t-il indiqué. 

Il a également souligné la coopération dans le secteur spatial, où la compagnie française Arianespace, le numéro un mondial du transport spatial commercial, devrait acheter dix fusées de propulsion russes.

Le lancement d’une fusée de propulsion russe est prévu pour septembre 2009, a annoncé M. Poutine, ajoutant que la Russie et la France cherchaient à mettre en place une coopération spatiale à long terme. De nombreux spécialistes français travaillent d’ailleurs déjà en Russie, et c’est aussi le cas en France pour des centaines d’experts russes.

Le Premier ministre russe a en outre annoncé qu’une année culturelle de la Russie se déroulerait en France, à l’instar de « l’année de la France » qui se tiendra en Russie en 2010. 

Contrairement à son hôte, le Premier ministre français n’a pas cherché à omettre les questions qui fâchent dans sa déclaration au sortir de la réunion. De fait, M. Fillon a entamé son discours en mentionnant les questions sur lesquelles les points de vue russes et français diffèrent, rappelant l’objection de la France à la récente reconnaissance par la Russie de l’indépendance des provinces géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Il a également souligné la décision de l’UE d’envoyer 200 observateurs dès le 1er octobre dans une zone bordant l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.

Par ailleurs, M. Fillon a indiqué qu’il s’attendait à ce que les négociations entre l’UE et la Russie à propos d’un nouveau traité fondamental entre Moscou et Bruxelles se poursuivent dès le mois d’octobre sur la base de la mise en œuvre russe du plan de paix négocié par l’Union.

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