Bien que le sort du traité modificatif de l’UE n’ait pas été discuté officiellement lors du sommet extraordinaire européen sur la Géorgie le 1er septembre, le sujet était néanmoins d’actualité. En effet, plusieurs responsables politiques de haut niveau ont souligné l’importance de l’entrée en vigueur du traité si l’UE doit renforcer son rôle d’acteur mondial.
Devant le Conseil européen, le président du Parlement Hans-Gert Pöttering a déclaré que les événements en Géorgie ont souligné expressément la nécessité du traité de Lisbonne. Il a notamment signalé que le traité aurait établi le principe de solidarité entre les Etats membres dans le domaine de l’énergie.
C’est pourquoi il est selon lui particulièrement important de ratifier la traité de Lisbonne aussi vite que possible.
Durant le débat parlementaire sur la Géorgie qui s’est tenu en marge du sommet, Joseph Daul (France), président du groupe du PPD-DE, a ajouté que le traité de Lisbonne aurait également favorisé la création d’une politique de défense européenne, un domaine pour lequel la crise actuelle en Géorgie a exposé les faiblesses de l’UE, selon M. Daul.
Le traité aurait en outre renforcé la fonction de haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères tout en créant une charge de président du Conseil européen à plein temps ainsi qu’un service européen pour l’action extérieure.
Dans une tribune récente au quotidien français Le Figaro, le président français Nicolas Sarkozy a indiqué que le traité aurait certainement donné plus de force et de continuité à la diplomatie européenne tout en permettant au bloc de mieux répondre à la situation en Géorgie puisque « l’Union européenne aurait été dotée des institutions dont elle a besoin pour faire face à une crise internationale ».
Alors que l’UE est dotée d’une fonction de chef de la diplomatie – l’Espagnol Javier Solana –, des observateurs tels que Graham Watson, le leader du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) au Parlement, ont noté son manque de présence au cours de la crise géorgienne (EURACTIV 01/09/08).
Certains analystes politiques ont fait savoir que l’UE a eu la chance d’avoir un pays aussi grand que la France à sa tête durant la crise en Géorgie. Elle a ainsi pu tempérer le manque de véritable leadership européen.
Antonio Missiroli, directeur du European Policy Centre, a indiqué au journal The Irish Times que l’UE a effectivement eu la chance que la France occupe actuellement la présidence puisque la Russie a accepté de s’engager avec M. Sarkozy sur le cessez-le-feu. A son avis, ce n’aurait peut-être pas été le cas si l’UE avait eu à sa tête un pays plus petit comme la République tchèque. D’autant plus que ce pays entretien des relations bilatérales difficiles avec Moscou en raison de sa décision d’accueillir le bouclier anti-missile américain.
Même le discours du président polonais, qui estimait encore récemment que le traité de Lisbonne était inutile et qu’il ne le signerait pas (EURACTIV 01/07/08), a changé du tout au tout après le sommet.
A la question de savoir si la Pologne était désormais plus en faveur du traité de Lisbonne, M. Kaczynski a concédé à un journaliste d’EURACTIV que plusieurs leaders européens avaient mentionné officieusement que le traité de Lisbonne aurait fourni de meilleurs instruments à l’UE pour aborder la crise géorgienne. Il a ensuite ajouté que l’Irlande devrait organiser un second référendum.
« La situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui est la suivante : l’Irlande doit tenir un nouveau référendum. Quand ? Je ne sais pas », a-t-il déclaré.

