Lundi 18 juillet, le bureau du président ukrainien Viktor Iouchtchenko a accusé Ioulia Timochenko, Premier ministre et alliée lors de la « révolution orange », de trahir les intérêts nationaux en n’affirmant pas son soutien à la Géorgie dans le cadre du conflit avec la Russie.
Le camp de Iouchtchenko a accusé Mme Timochenko de rester silencieuse afin de s’assurer le soutien de Moscou lors de l’élection présidentielle de 2010.
« Les agissements du Premier ministre actuel portent des marques de haute trahison et de corruption politique », a affirmé le chef adjoint de la présidence, Andri Kyslynsky. Selon le site Internet présidentiel, les dirigeants russes envisageraient sérieusement de soutenir la campagne présidentielle de l’actuelle Premier ministre Timochenko à condition que celle-ci adopte une position passive au sujet du conflit avec la Géorgie.
La déclaration ajoute que le secrétariat présidentiel était en train de transmettre des documents à la justice au sujet du « travail systématique de Ioulia Timochenko pour les intérêts de la partie russe ».
L’élection présidentielle ukrainienne aura lieu en 2010. M. Iouchtchenko semble pour l’instant vulnérable face aux ambitions de Mme Timochenko, qui jouit d’une plus grande popularité.
La semaine dernière, M. Iouchtchenko s’est rendu à Tbilissi aux côtés des dirigeants de quatre Etats d’Europe centrale afin d’exprimer son soutien au président géorgien Mikhaïl Saakachvili. Il s’est attiré les foudres de Moscou en instaurant des restrictions sur la circulation des navires et des avions de la flotte de la mer Noire, basée en Crimée, une péninsule ukrainienne. Pour le moment, Mme Timochenko et son bloc se sont efforcés d’afficher une position modérée par rapport au conflit en Géorgie.
Lors du sommet de l’OTAN en avril dernier, l’Ukraine et la Géorgie s’étaient toutes deux vu refuser un rapprochement avec l’alliance (EURACTIV 02/04/08). Mais des analystes pensent que l’Ukraine cherche à accélérer son adhésion à l’OTAN dans le contexte de la crise géorgienne. Les ministres européens des Affaires étrangères se sont récemment mis d’accord sur la signature d’un accord d’association avec l’Ukraine. Celui-ci va au-delà de l’accord de partenariat actuel sans toutefois offrir au pays une perspective d’adhésion à l’UE (EURACTIV 23/07/08). Cette formule – un partenariat mais pas une adhésion – a déçu Kiev, qui l’a comprise comme une invitation à redoubler d’effort afin de rejoindre l’Alliance atlantique.

