Hier 8 septembre, la délégation de l’UE en Russie, menée par le président français Nicolas Sarkozy, est parvenue à convaincre le président russe Dmitri Medvedev d’accepter de retirer la totalité de ses troupes de la Géorgie même, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud restant hors du champ d’application de l’accord. La Russie a également reconnu le rôle de l’UE en tant que garante de la paix dans le pays.
M. Sarkozy aurait menacé de claquer la porte au cours des négociations très tendues qui se sont tenues dans le château néo-gothique de Meiendorf, près de Moscou. Pourtant, les deux parties ont finalement adopté un accord sur de « mise en œuvre du plan du 12 août 2008 ». Ce plan prévoit le retrait complet des troupes russes du territoire géorgien hors Abkhazie et Ossétie du Sud dans les dix jours du déploiement des « mécanismes internationaux, y compris au moins 200 observateurs de l’UE ». Le contingent de l’UE, qui remplacera les forces russes de maintien de la paix, devrait arriver le 1er octobre.
Dans un communiqué de presse, le président russe reconnaît en outre le rôle de l’UE en tant que garante de la paix.
Selon l’accord de mise en œuvre du plan, les parties se sont mises d’accord sur le fait que « l’Union européenne en tant que garante du principe de non-recours à la force, prépare activement le déploiement d’une mission d’observation en complément des mécanismes d’observation existants ».
Des questions en suspens
Malgré ces avancées considérables, la frustration de M. Sarkozy a percé au travers de la conférence de presse commune avec Medvedev, à laquelle ont également assisté le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le chef de la diplomatie européenne Javier Solana.
A la question de savoir s’il avait en réalité autorisé la Russie à modifier les frontières de la Géorgie en excluant les deux provinces disputées dans l’accord, M. Sarkozy a répondu que :
« Ce qui a été résolu aujourd’hui est assez considérable », même si tout n’a pas été résolu à son avis. Saluant l’accord, il a indiqué que l’UE et la Russie avaient toutes deux évité une guerre froide dont nul n’a besoin.
De son côté, M. Medvedev a rejeté la responsabilité de la crise sur les Etats-Unis : la Géorgie aurait en effet reçu la bénédiction de ce gouvernement au départ. Même s’il ne sait pas s’il s’agit d’un ordre direct ou d’une approbation tacite, il ne fait selon lui aucun doute que c’est ce qui s’est produit.
Le président russe a également fait savoir que le retrait des troupes russes se ferait à condition que la Géorgie signe un pacte de non-agression avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.
L’intransigeance de la Géorgie
Le trio de l’UE s’est alors envolé pour Tbilisi, où il a été reçu par le président géorgien Mikhaïl Saakashvili. Tout en accueillant la médiation européenne comme « un pas en avant », M. Saakashvili a rappelé que son pays ne cèderait pas l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud et que l’armée russe « devrait ficher le camp ».
D’après M. Saakashvili, il reste encore un long chemin à parcourir avant de restaurer l’intégrité territoriale de la Géorgie. « En aucune façon, la Géorgie n’abandonnera une parcelle de sa souveraineté, une parcelle de son territoire », a-t-il déclaré.
M. Saakashvili a également annoncé qu’un sommet consacré à la question de la reconstruction serait organisé à Tbilisi le mois prochain avec le soutien du président français Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel.
Parallèlement, la Géorgie et la Russie ont porté le conflit à propos des provinces séparatistes devant le Tribunal pénal international de La Haye le 8 septembre. Trois jours d’audience ont commencé à la demande de la Géorgie à propos d’une injonction ordonnant à la Russie de cesser de « terroriser » la population géorgienne et d’autoriser les réfugiés à regagner leur foyer.

