Les négociations sur la gestion de l’après crise suite à la brève guerre du mois d’août entre la Géorgie et la Russie ont débuté aujourd’hui 15 octobre à Genève. Les responsables de l’UE reconnaissent qu’il sera difficile de trouver une solution.
Des responsables de l’UE ont déclaré qu’il faudra encore de nombreuses autres séances avant que les troupes russes ne quittent l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, les deux régions géorgiennes qui ont déclaré leur indépendance à la suite du conflit.
Les diplomates pourraient être surpris de voir que les acteurs principaux des négociations, c’est-à-dire la Russie et la Géorgie, sont représentés à un niveau plutôt bas, par des ministres des Affaires étrangères adjoints. Cela est dû à la controverse au sujet de la participation des représentants de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud à certaines phases des négociations (EURACTIV 03/10/08).
Du côté des médiateurs, l’ONU est représentée au plus haut niveau par le secrétaire général Ban Ki-moon. Seront également présents le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, représentant la présidence française, et le ministre finlandais des Affaires étrangères Alexander Stubb, qui préside l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les Etats-Unis sont représentés par le sous-secrétaire d’Etat Daniel Fried.
Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d’Etat français chargé des affaires européennes a affirmé que les modalités en matière de sécurité et de stabilité dans la région resteraient les principaux problèmes soulevés à Genève, notamment le sort des personnes déplacées et la situation dans les régions de la gorge de Kodori et d’Alkhalgori.
Dans son intervention devant le Parlement européen, M. Jouyet a déclaré que les troupes russes s’étaient retirées des territoires adjacents à l’Ossétie de Sus et à l’Abkhazie comme il avait été demandé dans le plan Medvedev-Sarkozy en 6 points du 12 août 2008. Il a affirmé qu’il s’agissait d’une étape essentielle tout en ajoutant que les troupes ne s’étaient pas complètement retirées.
Pour M. Jouyet, les négociations devraient avoir lieu dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie. Parallèlement, la Géorgie affirme que les troupes russes sont toujours présentes sur le territoire de la région d’Alkhagori en l’Ossétie du Sud et dans la gorge de Kodori en Abkhazie, violant par conséquent l’accord de cessez-le-feu.
Il y a maintenant plus de 330 observateurs de l’UE dans les régions adjacentes à l’Ossétie du Sud et à l’Abkhazie, a indiqué M. Jouyet, louant le chef de la diplomatie européenne Javier Solana pour la rapidité du déploiement.
Un certain nombre de pays européens sont très critiques par rapport aux actions russes visant à augmenter le nombre de troupes en Abkhazie et en Ossétie du Sud alors que la Russie s’est engagée à revenir aux positions et aux niveaux d’avant la crise. Mais l’ambassadeur russe auprès de l’UE Vladimir Chizhova récemment déclaré que la question de la présence militaire en Ossétie du Sud et en Abkhazie n’a pas été abordée au cours des négociations entre le président russe Dmitri Medvedev et les négociateurs européens.
Lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre avec le président de la Commission José Manuel Barroso, le président géorgien Mikhail Saakashvili a qualifié les représentants de l’Ossétie du Sud présents à Genève de « criminels », les accusant de procéder à un nettoyage ethnique. Il a refusé de traiter les émissaires des deux régions à Genève comme des représentants officiels.
M. Saakashvili a déclaré que la population de l’Abkhazie était passée de 600 000 à 80 000 individus et qu’il ne s’agissait pas d’une entité à part entière, à l’instar des Sudètes, la région à l’ouest de l’ancienne Tchécoslovaquie annexée par Hitler en 1938.

