L’UE souhaite sécuriser les approvisionnements en gaz pour son projet phare de gazoduc Nabucco à partir de la région du Machrek, qui comprend l’Iraq, la Jordanie et la Syrie. Parallèlement la participation de la Russie au projet Nabucco, qui contourne le territoire russe, a effectivement été écartée
Hier, 5 mai, le commissaire européen à l’Energie Andris Piebalgs et la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner ont rencontré des représentants de l’Egypte, de la Syrie, de l’Iraq, de la Jordanie, du Liban et de la Turquie pour discuter des liaisons du gazoduc.
Alors qu’aucun accord spécifique n’avait été conclu pendant les négociations de Machrek, l’UE espère relier son réseau de gaz au « Gazoduc Arabe » qui transporte actuellement 10 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz de l’Egypte à la Syrie en transitant par la Jordanie.
Le Gazoduc Arabe sera lié au réseau de gaz turc d’ici 2009, et plus tard au gazoduc Nabucco, dont l’achèvement est prévu d’ici 2013 (lire le LinksDossier d’EURACTIV). Au total, l’UE pourrait alors se procurer 7 bcm de gaz en provenance des pays du Machrek, selon la Commission.
Les discussions font partie des efforts de l’UE pour réduire sa dépendance aux approvisionnement en gaz russe, et surviennent peut après les négociations séparées pour sécuriser l’approvisionnement en gaz de l’Irak et du Turkménistan.
Gazprom, le monopole énergétique public de la Russie, répond actuellement jusqu’à 40% de la demande européenne en gaz naturel, mais ce chiffre devrait atteindre 60% d’ici 2030. La Russie est également active et s’efforce de maintenir sa position dominante, notamment en sécurisant un accord sur le gazoduc South Stream, considéré comme un rival au projet Nabucco (EURACTIV 30/04/08).
La Russie n’a démontré aucun intérêt à approvisionner le gazoduc Nabucco avec son gaz au, a déclaré M. Piebalgs aux journalistes à Bruxelles le 5 mai. Il a indiqué que l’UE ne devrait pas demander à la Russie de se joindre à un projet pour lequel ce pays n’a jamais montré aucun intérêt, ajoutant que la diversité est essentielle pour sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’UE.
Les remarques de M. Piebalgs sont survenues au lendemain de la visite du commissaire à Moscou pour discuter sur l’amélioration de la coopération énergétique entre l’UE et la Russie en prévision de la rencontre des ministres de l’Energie du G8 au Japon le 8 juin.
Alors qu’aucun accord n’a été conclu lors des négociations, les deux parties ont discuté de la participation de la Russie à un Partenariat international pour la coopération en matière d’efficacité énergétique (PICEE) et la possibilité d’un projet d’interconnexion des réseaux électriques de l’UE et de la Russie.

