Aujourd’hui 13 octobre, l’UE doit rencontrer le ministre biélorusse des Affaires étrangères pour la première fois depuis que Bruxelles a imposé des restrictions sur les déplacements des responsables biélorusses suite aux irrégularités qui ont marqué les élections présidentielles de 2006. Parallèlement, les ministres européens des Affaires étrangères examineront la question de la poursuite des négociations de partenariat avec la Russie après le retrait de ses troupes en Géorgie.
La réunion de l’UE avec le Biélorusse Serhiy Martynov se déroulera en marge de la rencontre des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg, qui abordera tout particulièrement l’assouplissement des restrictions de déplacement.
La majorité des Etats membres de l’UE souhaitent récompenser la Biélorussie pour les premiers signes positifs d’ouverture affichés après les élections parlementaires du mois dernier, et ce malgré la poursuite des violations des droits de l’homme. C’est ce qu’ont déclaré des diplomates de l’UE à EURACTIV. Ce renversement de politique serait soutenu par le Parlement européen, qui a voté la semaine dernière en faveur de la suspension pendant six mois de l’interdiction de visa imposée à certains responsables biélorusses. Ceux-ci sont actuellement persona non grata sur le territoire européen.
Mais pour le moment, les Pays-Bas restent opposés à tout assouplissement des sanctions, estimant que les dernières élections sont loin d’avoir été démocratiques. L’opposition biélorusse avait d’ailleurs appelé l’UE à ne pas reconnaître la « farce électorale » qui avait vu les alliés du président Alexander Loukachenko, considéré comme le dernier dictateur d’Europe, réclamer l’ensemble des 110 sièges du Parlement (EURACTIV 29/09/08).
Les ministres européens des Affaires étrangères procéderont en outre à une révision de leurs relations avec la Russie après que la présidence française de l’UE a confirmé que le pays avait tenu parole en retirant ses troupes du territoire géorgien le 10 octobre. C’est en effet ce que stipulait le plan de paix en six points négocié par le président français Nicolas Sarkozy (EURACTIV 18/08/08).
Toutefois, des pays plus critiques à l’égard de la Russie tels que la Pologne, la Suède et les républiques baltes estiment que le Kremlin ne s’est pas conformé à l’accord puisque 7 000 soldats russes sont encore stationnés dans les deux régions séparatistes. Ils n’étaient que 2 000 à 3 000 avant la guerre qui s’est déclenchée au mois d’août.
Ces pays s’opposent dès lors à une reprise des relations habituelles avec la Russie. Ils refusent ainsi de se rallier à la majorité qui souhaite relancer les négociations, suspendues depuis le début de la guerre, sur un nouvel accord de partenariat.
Les ministres ne devraient sans doute pas prendre de décision aujourd’hui. Dans tous les cas, cette décision devrait encore être confirmée par les dirigeants de l’UE lors de leur sommet du mercredi 15 octobre.
Le début des négociations internationales sur l’avenir de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie est prévu à la même date à Genève. Les pourparlers réuniront notamment des représentants de l’UE, de la Russie, de la Géorgie et des Etats-Unis. Ils pourraient durer des années en raison de la longue liste de problèmes pratiques liés au futur des deux provinces séparatistes géorgiennes. C’est ce que des diplomates européens ont déclaré vendredi.

