A trois mois du lancement de l’Union pour la Méditerranée du président français Nicolas Sarkozy, la Commission imprime sa marque en présentant une étude sur le financement de plans de protection de la Méditerranée contre la pollution.
Le 10 avril, la Commission et la Banque européenne d’investissement ont présenté une étude menée en collaboration avec le Plan d’action pour la Méditerranée (PAM) du Programme des Nations Unies pour l’environnement qui ont recensé 131 « points chauds de pollution » en Algérie, Egypte, Israël, Jourdan, Liban, Syrie, Tunisie, Maroc et les territoires palestiniens.
L’étude recense 44 projets prioritaires qui s’élèveraient à un montant de 2,1 milliards d’euros concernant son possible financement dans le cadre du nouveau programme d’investissement « zones sensibles » pour la Méditerranée (MeHSIP). Sont compris dans ces projets le traitement des eaux urbaines usagées et des déchets solides ainsi que le ciblage des déchets et des rejets industriels.
L’initiative est considérée comme une tentative de la Commission d’imprimer sa marque et de montrer que la coopération euroméditerranéenne fonctionne dans le cadre des instruments déjà mis en place (comme le processus de Barcelone), avant que la France prenne la présidence tournante de l’UE le 1er juillet. En effet, aborder la pollution est l’une des priorités de l’Union méditerranéenne de M. Sarkozy – un projet que le président français a déjà considérablement réduit à la suite d’une forte opposition allemande (EURACTIV 13/12/07, 05/03/08).
Cependant, la Commission souligne que le projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative de Bruxelles intitulée « Horizon 2020 », lancée en 2005, et concurrence nullement les plans français.
Selon le journal le monde, la directrice de la Direction générale chargée de l’environnement de la Commission, Soledad Blanco, a déclaré que le besoin financier pour dépolluer la Méditerranée est tellement grand que tout appui politique est bienvenu et nécessaire. Elle a ajouté que l’exécutif européen communiquait constamment avec les français et qu’ils étaient très intéressés par les propositions.
Philippe de Fontaine Vive, vice président de la BEI, a renchéri que « Le Programme d’investissement « zones sensibles » est un point de départ important pour un effort conjoint entre des institutions financières internationales et bilatérales […]On ne fauche pas l’herbe sous les pieds des Français, bien au contraire, on sème pour récolter mieux que de l’herbe ».
Selon l’étude, plus de la moitié des agglomérations urbaines méditerranéennes de plus de 100 000 habitants ne disposent pas de stations d’épuration de leurs eaux résiduaires, 60 % d’entre elles déversant directement leurs eaux usées dans la mer. La dégradation des côtes méditerranéennes menace la santé de 143 millions d’habitants résidant dans les zones côtières et met en péril le développement à long terme de secteurs économiques clés tels que la pêche et le tourisme.
L’UE et Paris auraient jusqu’au lancement du sommet, le 13 juillet, pour convenir d’une liste de projets qui pourraient être portés dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée.

