A la suite d’une réunion à Bruxelles avec le ministre des affaires étrangères, Arseniy Yatsenyuk, la commissaire chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a affirmé qu’une situation politique stable après les élections législatives de septembre 2007 permettrait à l’Ukraine d’adhérer rapidement à l’OMC et de finaliser un « accord renforcé » avec l’UE.
A la suite d’une réunion avec le ministre des affaires étrangères ukrainien le 17 juillet 2007 à Bruxelles, la commissaire chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a déclaré que « des progrès avaient été réalisés sur l’accord renforcé » et qu’il ne restait que « quelques questions ouvertes minimes sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OMC ».
L’UE encourage fortement une « adhésion rapide » de son pays voisin à l’Organisation mondiale du commerce, qui « faciliterait les négociations sur un accord de libre-échange profond et global », point central du nouvel accord renforcé.
L’Ukraine espère adhérer à l’OMC d’ici fin 2007.
La commissaire chargée des relations extérieures a également souligné que l’Ukraine devrait dans un premier temps surmonter sa crise politique interne et faire en sorte que les prochaines élections du 30 septembre 2007 « soient menées de façon entièrement démocratique et en conformité avec les normes internationales ».
Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Arseniy Yatsenyuk, a promis que « l’Ukraine organiserait des élections transparentes, démocratiques et légitimes ». Il a indiqué : « Nous avons conscience que procéder à des élections démocratiques entre d’une certaine manière dans le cadre des relations UE-Ukraine. C’est la raison pour laquelle nous avons tout intérêt à organiser les élections les plus transparentes que nous n’ayons jamais eues ».
Benita Ferrero-Waldner a déclaré que l’accord constituerait « l’accord plus avancé dans notre politique de voisinage » et que l’UE « ferait tout pour qu’il se concrétise le plus vite possible ».
Yatsenyuk a ajouté que tisser des liens étroits avec l’UE constituait un « choix de la population ukrainienne » et que « c’était la raison pour laquelle « nous n’avions pas de divergences au sein de nos forces politiques. Tout le monde soutient l’intégration européenne et notre chemin vers l’UE ».
Réactions
Michael Gahler, membre du groupe PPE-DE et vice-président de la commission parlementaire Affaire étrangères, a indiqué : "L'Ukraine a aujourd'hui la chance de pouvoir choisir le rythme qu'elle doit prendre dans sa démarche. Malheureusement, il existe des doutes quant à la possibilité de mettre en oeuvre un programme aussi exigeant. Je perçois donc les prochaines élections législatives et la formation du gouvernement qui suivra comme un test afin de voir dans quelle direction le pays se dirigera".
Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, a indiqué : "Pour les dirigeants ukrainiens, les élections du 30 septembre 2007 constituent un test de crédibilité, de sagesse politique et de responsabilité sur la scène internationale", ajoutant : "Je suis convaincu que les autorités ukrainiennes sont disposées à répondre à leurs devoirs, mais tout le monde doit coopérer avec elles. Tout le monde doit comprendre que les acteurs internationaux les observent".
WWF a critique l'UE en amont de la réunion et a soutenu qu'elle ne devrait pas récompenser l'Ukraine pour ses mauvais résultats en matière environnementale. Dans une déclaration, l'ONG a indiqué : "La Commission européenne et les Etats membres ont approuvé l'allocation de 22 millions d'euros à l'Ukraine, reconnaissant les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de l'agenda de réforme conclu dans le cadre de la politique européenne de voisinage. WWF estime que l'Ukraine ne devrait pas recevoir de "l'argent en guise de récompense", étant donné ses maigres résultats en matière de gouvernance environnementale, de coopération régionale sur les questions écologiques et sur le respect des accords internationaux, et concernant les actions visant à empêcher la détérioration et à gérer de manière durable les ressources naturelles. Il s'agit de tous les points-clés du plan d'action UE-Ukraine".
Contexte
A plusieurs occasions, l'Union européenne a pressé l'Ukraine de surmonter sa crise politique interne qui a éclaté en avril 2007 lorsque le président Viktor Ioutchenko a appelé à des élections anticipées, que le premier ministre Viktor Ianoukovitch a refusé jusqu'à maintenant. Les deux dirigeants politiques sont en rivalité depuis la Révolution orange en 2004.
Les négociations sur un nouvel "accord renforcé", qui comprendrait une zone de libre-échange et une coopération accrue dans le domaine énergétique, ont été lancées le 5 mars 2007.
Prochaines étapes
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14 septembre : Sommet UE-Ukraine.
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30 septembre : Elections anticipées en Ukraine.
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