L’UE envisage un marché commun de l’énergie avec les pays méditerranéens [FR]

gas_pipeline2.jpg

Le 17 décembre, les ministres d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont approuvé un plan d’action de six ans, dont l’objectif à terme est de créer un marché commun euro-méditerranéen de l’énergie, fondé sur la libre concurrence et l’accès réciproque aux marchés de l’énergie. 

Réunis pour la 5ème Conférence ministérielle euro-méditerranéenne sur l’Energie à Chypre, les 37 pays se sont engagés à harmoniser progressivement leurs législations et leurs politiques dans le domaine de l’énergie et à améliorer les interconnexions de gaz et d’électricité entre eux. La déclaration commune prévoit également l’intégration, sur le long terme, d’autres pays, notamment la Libye et des nations subsahariennes, dans le marché énergétique euro-méditerranéen.

Les ministres ont également décidé de travailler ensemble pour diversifier leurs sources d’énergie, en particulier par le développement de sources d’énergie à faible teneur en carbone et d’énergies renouvelables. Ils souhaitent également contribuer au déploiement des technologies à efficacité énergétique.

L’UE et les pays méditerranéens ont été impliqués dans un dialogue sur les questions énergétiques depuis le lancement, en 1995, du processus de Barcelone, destiné en particulier à créer une zone de libre-échange d’ici 2010 (EURACTIV 22/11/05). Cependant, les progrès ont été longs à venir étant donné les faibles ambitions de l’UE et le manque de volonté de ses partenaires du Sud, notamment la Palestine et Israël, à coopérer l’un avec l’autre.

Néanmoins, dans un contexte d’inquiétudes grandissantes concernant la sécurité de l’approvisionnement en énergie et l’échec perpétuel pour parvenir à un accord avec la Russie sur un nouvel Accord de coopération et de partenariat qui formaliserait les relations souvent tendues entre les deux, l’UE compte développer des liens plus étroits avec d’autres pays voisins, riches en énergie (EURACTIV 29/11/06). 
L’Union importe déjà près de 15 % de son pétrole et de son gaz de l’Afrique, et ce pourcentage pourrait bien augmenter considérablement en investissant plus dans les infrastructures, comme des gazoducs sous-marins jusqu’en Espagne et en Italie.

Dans le plan d’action, l’UE a déclaré qu’elle investirait plus de 3,2 milliards d’euros dans des projets d’infrastructure d’intérêt commun pendant les quatre prochaines années. Certains projets remarquables comprennent l’installation d’un gazoduc Maghreb-Europe et d’un gazoduc transsaharien qui permettrait à l’Europe d’importer du pétrole nigérien par l’Algérie. Etablir des interconnexions électriques entre l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Turquie et leurs voisins européens que sont l’Espagne, l’Italie et la Grèce, sera également une question prioritaire.

Plus tôt dans l’année, le président français Nicolas Sarkozy avait proposé de renforcer le partenariat euro-méditerranéen en créant une « Union méditerranéenne », qui inclurait également la Turquie (EURACTIV 16/07/07). Sarkozy devrait tenter de mener à bien son projet une fois que son pays aura repris la présidence européenne en juillet 2008, mais il a été fortement critiqué par Ankara, qui considère l’initiative comme un essai destiné à revenir sur la proposition d’adhésion à part entière de la Turquie à l’UE.

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire