Les problèmes juridiques rencontrés par EU-Lex, la mission européenne de maintien de la paix au Kosovo, pourraient être résolus. En effet, les diplomates négocient actuellement des plans pour partager la gestion avec MUNIK, la mission de l’ONU.
Dans le cadre des plans prévus à l’origine par l’UE, la mission EU-Lex forte de 2 200 hommes aurait à terme remplacé la mission MINUK comme mission principale de règle de droit dans le tout nouvel Etat du Kosovo.
Mais face à l’opposition de la Serbie et de la Russie, qui ont toutes deux défié la légitimité juridique de la mission, les diplomates élaborent maintenant des plans pour que les deux missions coexistent dans le cadre d’un commandement commun.
La solution permettrait à l’UE de garder la face, selon les diplomates qui se sont adressés à EURACTIV sous couvert d’anonymat. La raison justifiant cette approche est que la MINUK a déjà été acceptée par la Serbie et la Russie qui détient un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.
D’après les sources, le mot clé est désormais la « reconfiguration » entre les deux entités. Un porte-parole pour la MINUK a déclaré à EURACTIV que bien que la décision politique n’est pas encore été prise, l’ONU et l’UE avancent dans la même direction.
De façon assez commode, il se trouve que Joachim Ruecker, le représentant spécial du secrétaire général de la MINUK, est originaire de l’Allemagne, un pays membre de l’UE. Dans un récent entretien à l’Associated Press, M. Ruecker a déclaré que EU-Lex pourrait être sous l’égide de l’ONU.
Javier Solana, en charge de la politique étrangère de l’UE, a débattu de la question avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à Stockholm aujourd’hui (29 mai). M. Ban Ki-moon, qui espère être renommé à son poste actuel, s’est récemment incliné face à la pression de la Russie en refusant de céder la mission du Kosovo à EU-Lex, cela sans l’aval du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Selon un diplomate européen, cette fois le secrétaire général de l’ONU devra cependant parvenir à un accord plus vaste s’il veut conserver le soutien des membres occidentaux de l’ONU.
D’après les sources diplomatiques, les âpres négociations sont loin d’être terminées, puisque les chaînes de commande et de reportage, ainsi que le partage des responsabilités restent flous.
La proposition selon laquelle la même personne devrait être à la tête des missions EU-Lex et MINUK a été émise à l’origine par Goran Svilanovic, l’ancien ministre serbe des Affaires étrangères, dans un récent entretien avec EURACTIV (EURACTIV 08/05/08).

