La mise en place d’un groupe d’experts russes et européens a été annoncée hier, 16 octobre, à Bruxelles pour discuter d’une clause de réciprocité, incluse dans les propositions de libéralisation de l’énergie présentées par la Commission en septembre. Cette clause, qui suscite la colère de Moscou, empêcherait Gazprom et les autres investisseurs étrangers d’acquérir des éléments d’actifs énergétiques en Europe, si leur pays n’ouvre pas leur marché en échange.
Le commissaire européen à l’Energie, Andris Piebalgs, et le ministre russe à l’Energie, Victor Krishtenko, se sont rencontrés à Bruxelles le 16 octobre pour discuter des relations tendues entre les deux parties concernant l’énergie. Cette réunion a eu lieu avant le sommet UE-Russie, prévu le 23 octobre, où la question de l’énergie semble une fois de plus dominer l’ordre du jour.
- Clause de réciprocité pour les investissements énergétiques
Un groupe spécial d’experts composé de représentants de l’UE et de la Russie a été mis en place lors de la réunion afin de discuter de la clause de réciprocité, incluse par la Commission dans ses propositions du 19 septembre sur la libéralisation de l’énergie.
Lors d’une conférence de presse commune à Bruxelles, M. Piebalgs a qualifié les discussions de franches et fructueuses et M. Krishtenko a réitéré l’engagement de Moscou à assurer la sécurité des approvisionnements en gaz de l’UE.
M. Krishtenko a fait savoir que son gouvernement attendait les résultats de ces discussions pour adopter une position officielle sur la proposition. Il a ajouté que Moscou était très intéressé par la perspective de participer aux discutions et de les enrichir.
La Russie a déjà séparé son secteur de l’électricité, mais les entreprises gazières, notamment Gazprom, restent verticalement intégrées et étroitement liées à l’Etat russe.
En l’absence de position formelle de son gouvernement, M. Krishtenko a donné son point de vue personnel, en tant qu’ingénieur. Il doute que les réseaux de l’électricité et du gaz doivent être séparés de la même manière. Les infrastructures électriques et gazières fonctionnent différemment. Pour lui, les mécanismes de marché qui les gouvernent et les décisions sur les investissements, notamment des contrats à long terme, sont également différents.
- Un nouveau système d’avertissement en amont ?
En réaction aux questions des journalistes, M. Krishtenko a annoncé la possible création d’un système d’avertissement en amont en deux phases entre l’UE et la Russie.
La première phase fonctionnerait comme un mécanisme d’échange d’informations sur les nouvelles législations, ainsi que sur les risques et les opportunités à long terme. Moscou, par exemple, n’a pas caché sa surprise lorsque la proposition de réciprocité a été publiée par la Commission.
La seconde phase serait conçue pour le partage d’informations sur les questions importantes qui pourraient donner lieu à des difficultés à court terme, a déclaré M. Krishtenko. En janvier 2006, le différend avec l’Ukraine concernant l’approvisionnement en gaz, qui avait provoqué une brève interruption de l’approvisionnement de l’Europe par Moscou, avait particulièrement inquiété l’Europe.
Interrogé sur une éventuelle répétition des interruptions de l’approvisionnement en gaz pendant l’hiver prochain, M. Krishtenko a déclaré qu’il n’y avait aucun obstacle à l’horizon, mais ajoute, dans une référence probable à l’Ukraine, qu’on ne peut exclure des risques périodiques au niveau des pays de transit.

