Lors de leur réunion du 15 septembre à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères devraient s’engager à dépêcher une mission de 200 observateurs en Géorgie avant le 1er octobre. Tout retard donnerait en effet une excuse à la Russie pour ne pas retirer ses troupes des territoires de la Géorgie même et rendrait insignifiant le plan de paix négocié par l’UE.
Des diplomates européens ont indiqué à EURACTIV que la priorité était d’envoyer le personnel à temps dans la région. Tous les détails ou les ambiguïtés seront donc traités ultérieurement. Selon le plan de paix négocié le 8 septembre lors de la visite du président français Nicolas Sarkozy et du président de la Commission José Manuel Barroso à Moscou et à Tbilissi (EURACTIV 09/09/08), l’UE doit envoyer au moins 200 observateurs avant le 1er octobre au plus tard dans une zone tampon géorgienne sur la frontière avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.
Les diplomates ont expliqué que plusieurs pays européens devraient envoyer des effectifs de type « gendarmerie », particulièrement appropriés à un déploiement rapide. Plusieurs pays ont d’ores et déjà exprimé leur empressement à contribuer à cette mission avec l’envoi d’observateurs. Ainsi, l’Allemagne s’est engagée à envoyer une quarantaine de personnes.
Sur long terme, la mission devrait évoluer et les pays membres auront le temps d’envoyer du personnel plus spécialisé. Les pays européens espèrent qu’à l’avenir, les observateurs pourront également mener des observations en Ossétie du Sud et en Abkhazie, ce que la Russie refuse aujourd’hui (EURACTIV 11/09/08).
Les observateurs ne pourront porter d’armes à feu que pour leur protection personnel. Ils ne devraient donc pas intervenir lors d’émeutes ou procéder à des arrestations, tâche dévolue à la police géorgienne. Pour l’instant, la couleur des uniformes des observateurs n’a pas été décidée. Lors d’une mission similaire en ex-Yougoslavie dans les années 1990, les observateurs de la mission d’observation de la communauté européenne (ECMM) portait des uniformes blancs assortis du drapeau européen sur le revers.
Les sources ont admis que la chaîne de commandement n’était pas claire par rapport aux missions de l’ONU et de l’OSCE déjà présentes en Géorgie. Les diplomates ont également exprimé leur appréhension concernant les obstructions auxquelles on peut s’attendre de la part de la Russie. En effet, Moscou recourt volontiers au protocole ou aux procédures pour troubler les actions de l’Occident.
Les ministres européens devraient également se mettre d’accord sur la nomination d’un représentant spécial de l’UE pour la crise en Géorgie, comme stipulé dans les conclusions du Conseil extraordinaire de l’UE le 1er septembre. Aussi ardue que la tâche puisse paraître, plusieurs pays européens ont nommé des candidats, sans pour autant révéler leur identité. C’est ce qu’ont indiqué les diplomates.
Le chef de l’OTAN attaque le plan de paix de l’UE
Entre-temps, le secrétaire général de l’OTAN Jaap De Hoop Scheffer a rendu la situation encore plus confuse en attaquant le plan de paix négocié par les représentants de l’UE le 8 septembre, le qualifiant d’inacceptable. Il considère en effet que le plan cède trop de terrain à Moscou.
Dans un entretien au Financial Times publié dimanche 14 septembre, M. De Hoop Scheffer s’est plaint que selon le plan de paix, on permet à la Russie de laisser une présence militaire en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Il a déclaré que cette situation enfreignait le plan en six points négocié par le président français Sarkozy le 12 août. Ce plan en six points demande le retour du status quo qui prévalait avant le déclenchement du conflit.
Depuis la capitale de l’Abkhazie Soukhoumi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a répondu à propos des déclarations de M. De Hoop Scheffer que « ce n’est pas très responsable de faire de telles déclarations » sur le conflit en Géorgie.
Les observateurs de l’OSCE interdits d’entrée dans les régions séparatistes
Il semble cependant que la mission de surveillance n’est pas la seule à se trouver dans l’incertitude. Des documents confidentiels consultés par Associated Press à Vienne révélaient que les forces russes et leurs milices séparatistes alliées n’autorisent pas non plus les observateurs de l’OSCE à entrer en Ossétie du Sud.
Les actions du Kremlin devant l’OSCE remettent en question la sincérité de l’engagement général de la Russie à autoriser l’entrée des observateurs internationaux et à se retirer elle-même. C’est ce qu’a indiqué un diplomate occidental vendredi 12 septembre.

