L’UE se rapproche d’un accord sur un pacte avec la Russie [FR]

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Les négociations internes de l’UE concernant un traité stratégique avec la Russie ont progressé durant le week-end mais on finalement été suspendues suite aux inquiétudes de la Lituanie qui craint que des « conflits latents » menacent actuellement l’intégrité territoriale de la Géorgie et de la Moldavie.

Hier 13 mai, la Lituanie était sur le point de lever ses objections au lancement des négociations pour un nouveau traité UE-Russie quand d’autres pays de l’UE ont introduit des modifications dans le texte approuvé, obligeant Vilnius à demander plus de temps pour des consultations internes.

Le ministre slovène des Affaires étrangères Dmitrij Rupel a tenté une percée le week-end après une visite à Vilnius pour le compte de la présidence de l’UE. Il était accompagné par ses homologues suédois et polonais, Carl Bildt et Radislaw Sikorsky.

« Il s’agit d’un accord satisfaisant, qui prend en compte non seulement les demandes de la Lituanie, mais également les intérêts de l’ensemble de l’Union européenne », a affirmé M. Dimitrij Rupel lors d’une déclaration dimanche 11 mai, suite à des négociations avec de hauts représentants lituaniens.

Cependant, la question a encore été abordée après la visite de Vilnius lors d’une réunion de diplomates d’Etats membres de l’UE (COREPER) à Bruxelles mardi 13 mai. Durant la réunion, certains des 23 pays restants ont introduit des changements dans le texte approuvé à Vilnius, suscitant de nouvelles objections de la part de la Lituanie.

Un accord final pour entamer les négociations avec la Russie devrait être confirmé lors de la prochaine rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’UE, prévue le 26 mai à Bruxelles. La présidence slovène espère alors lancer de nouveau les négociations complètes à temps pour le sommet UE-Russie qui se tiendra à Khanti-Mansiisk, en Sibérie, les 26 et 27 juin.

Les ministres européens des Affaires étrangères avaient déjà discuté des détails d’un mandat de la Commission afin d’entamer les négociations avec la Russie lors d’une rencontre au Luxembourg le 29 avril. Mais les ministres avaient été incapables de parvenir à un accord sur le texte, étant donné le veto de la Lituanie (EURACTIV 28/04/08). L’Etat balte a attiré l’attention sur les trois points suivants :

  • l’attitude de la Russie face aux « conflits latents » en en Abkhazie et en Transnistrie, en insistant sur l’intégrité territoriale de la Géorgie et de la Moldavie ;
  • sa coopération juridique et policière effective avec la Russie, et ; 
  • son approche vis-à-vis de l’énergie. Sur ce point, la Lituanie s’oppose notamment à la fermeture, par la Russie, de l’oléoduc Druzhba-1 qui approvisionnait le pétrole russe à l’unique raffinerie du pays. Moscou affirme que les raisons justifiant cette fermeture sont techniques et non politiques.

Mais des sources diplomatiques ont déclaré à EURACTIV que toutes les difficultés ont maintenant été résolues, à l’exception des conflits latents.

En abordant la question des obstacles levés dans le passé par la Pologne et, par la suite, la Lituanie au nouveau traité UE-Russie, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Chizhov a récemmentdéclaré à EURACTIV  que « certains des nouveaux arrivants apportent leurs fantômes du passé dans l’Union européenne ».

Dans une approche similaire, le ministre slovène aux Affaires étrangères Dmitrij Rupel, a déclaré : « La présidence slovène comprend les problèmes de la Lituanie, consciente que sa population ressent encore les conséquences de son histoire récente; cependant, la mission de la présidence est justement de chercher des approches communes en vue de résoudre ces problèmes ».

Certains pays de l’UE, doutant de la fiabilité des approvisionnements en gaz russe, insistent pour inclure un paragraphe sur l’énergie dans le nouveau cadre juridique, mais la Russie privilégie un document plus court qui ne fasse aucune référence à l’énergie.

La plupart des nations européennes concluront un accord avec la Russie afin d’améliorer l’atmosphère générale et d’offrir au président Medvedev une meilleure opportunité pour abandonner la position stricte de son prédécesseur. 

Les relations UE-Russie sont actuellement régies par un Accord de partenariat et de coopération datant de 1997, qui devait être remplacé après une période de 10 ans par un nouveau cadre juridique. Cependant, le processus a été bloqué à plusieurs reprises, tout d’abord par la Pologne (concernant une interdiction de la Russie imposée sur les importations de viande et de légumes), puis par la Lituanie, concernant l’énergie et d’autres craintes liées à des questions de sécurité.

  • 26 mai : réunion du Conseil Affaires générales et relations extérieures à Bruxelles pour parvenir à un accord sur le début des négociations avec la Russie.
  • 26-27 juin : sommet UE-Russie à Khanti-Mansiisk, Sibérie.

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