La France semble faire machine arrière concernant sa proposition controversée de lancer une Union méditerranéenne. Un des hauts représentants a en effet déclaré que cette union se concentrerait sur des projets concrets et fonctionnerait sur une base purement volontaire. La Turquie a notamment critiqué cette idée qui, selon elle, offre une alternative déguisée à l’adhésion complète à l’UE.
Lors d’une visite à Bruxelles le 8 novembre, un haut fonctionnaire français a déclaré que les ministres européens des Affaires étrangères avaient été réceptifs au plan de Nicolas Sarkozy consistant à lancer une Union méditerranéenne mais uniquement si celle-ci peut apporter une valeur ajoutée à la situation actuelle dans le cadre d’Euromed.
Comme l’aurait déclaré le fonctionnaire à un débriefing avec des journalistes suite à une rencontre des ministres euro-méditerranéens des Affaires étrangères à Lisbonne la semaine dernière, le projet n’est pas destiné à être un substitut au partenariat Euromed.
La proposition, tout d’abord imaginée par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, est toujours en cours de rédaction avec un document devant être présenté par la Commission ce mois-ci. Mais l’idée a suscité l’inquiétude d’Ankara après que Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il privilégiait un partenariat avec la Turquie plutôt qu’une adhésion complète à l’UE.
Le haut fonctionnaire, entendu à titre officieux, a particulièrement insisté sur le fait que l’Union méditerranéenne n’est clairement pas une solution alternative à l’adhésion à l’UE.
En ce qui concerne les arrangements pratiques, il a déclaré que l’Union proposée serait assistée par un secrétariat léger et que la structure d’ensemble devrait rester légère, uniquement basée sur les projets.
Il a ajouté que cette Union est davantage un symbole qu’une réalité, paraissant ainsi d’éloigner des suggestions faites plus tôt par Nicolas Sarkozy concernant la mise en place d’un conseil d’Euromed permanent, semblable au Conseil de l’Europe (EURACTIV 16/07/07).
Des organes de direction de projets spécifiques seraient établis sur une base ad hoc, a-t-il expliqué, affirmant qu’ils chercheraient l’implication d’entreprises basées sur un modèle de partenariats public-privé. Il a cité la gestion de l’eau, la protection du littoral, la politique en matière de PME, ainsi que la protection civile, comme exemple d’agences éventuelles.
Le financement de projets individuels proviendrait d’organisations internationales comme la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissements et d’autres organisations régionales dans la zone méditerranéenne. Les fonds européens seraient utilisés dans le respect des critères de la communauté et comme complément aux programmes existants, a-t-il précisé.
La participation volontaire d’Etats souverains serait le coeur de l’Union, comme l’a affirmé le fonctionnaire, insistant sur le fait que la Commission européenne serait un membre à part entière avec la Ligue arabe. Une conférence des chefs d’Etat et de gouvernement méditerranéens, qui doit avoir lieu en 2008, pourrait être suivie par des réunions régulières organisées sous la forme de « G – Med ».

