Le 29 avril au Luxembourg, le Conseil des Affaires générales et des relations extérieures (AGRE) pourrait donner don feu vert à un nouveau traité fondamental entre l’UE et la Russie. Un seul des 27 pays de l’UE – la Lituanie – a exprimé des réserves à la veille de la réunion.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov rencontrera le haut représentant européen pour la politique étrangère, Javier Solana, la commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, et le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitri Rupel, dont le pays occupe actuellement la présidence de l’UE, pour discuter d’une relance possible des pourparlers visant à conclure un traité fondamental entre la Russie et l’UE. Par respect pour la date de la Pâques orthodoxe, le Conseil, réunissant la Troïka (UE-Russie), aura lieu mardi prochain au lieu de lundi.
Les relations UE-Russie sont actuellement dictées par un Accord de partenariat et de coopération dépassé, datant de 1997, qui devrait être remplacé après 10 ans par un nouveau cadre juridique. Mais la question a été bloquée à plusieurs reprises, essentiellement par la Pologne, qui utilisé mis son veto lors des négociations en signe de protestation concernant un embargo russe sur la viande et les légumes polonais. Par la suite, dès que l’embargo de la Russie sur la Pologne a été levé, la Lituanie a déclaré qu’elle bloquerait le lancement des négociations, suite à la fermeture, par la Russie, d’un gazoduc qui alimentait l’unique raffinerie de pétrole dans le pays balte. La Russie soutient que les raisons de la fermeture sont techniques et non politiques.
Certains pays de l’UE, remettant en question la fiabilité des approvisionnements en gaz russe, tiennent à ce qu’un paragraphe sur l’énergie soit inclus dans le nouveau cadre juridique. La Russie est partisane d’un texte plus court sans référence à l’énergie. La plupart des nations européennes souhaitent signer un accord avec la Russie afin de détendre l’atmosphère générale et d’offrir au président Medvedev une meilleure opportunité d’abandonner la ligne dure de son prédécesseur. La présidence slovène espère relancer les pourparlers avant le sommet UE-Russie en Sibérie le 26 et 27 juin prochains.
Récemment, l’ambassadeur auprès de l’UE, Vladimir Chizov, a fait des remarques sarcastiques concernant les difficultés de l’UE à trouver une position commune sur le « traité de partenariat stratégique », comme il l’a appelé. Il a déclaré que depuis qu’il avait été nommé négociateur en chef par Moscou, cela fait maintenant un an et demi qu’il attend que ses homologues européens participent activement au débat.
D’après M. Chizov, si l’UE a besoin de temps pour réfléchir, comme c’est visiblement le cas, qu’il en soit ainsi. La Russie le souhaite autant, ou aussi peu, que l’UE la signature du traité. M. Chizov souhaite surtout éviter que le processus des négociations soit pris en otage par des Etats membres de l’UE qui souhaitent privilégier leurs propres politiques et poursuivre leurs objectifs qui ont peu ou rien à voir avec les relations UE-Russie.

