Les ministres des Finances des huit nations les plus industrialisées ont fait pression sur Moscou pour que la Russie ratifie le traité sur la Charte de l’énergie pendant le week-end après qu’un conflit avec l’Ukraine en janvier a souligné la dépendance de l’Europe envers l’approvisionnement russe en gaz.
Dans leur communiqué final publié à Moscou le 11 février 2006, les ministres ont affirmé que « les mécanismes de marché sont essentiels pour le fonctionnement effectif du système énergétique mondial ». Le communiqué ajoute que les efforts doivent continuer pour « améliorer la transparence et la fiabilité des informations sur l’offre et la demande, faciliter les investissements nécessaires pour l’exploration, la production, l’acheminement et la capacité de renouvellement des équipements et pour améliorer l’efficacité énergétique ».
Le ministre français de l’économie, Thierry Breton, a demandé à la Russie de ratifier le traité sur la Charte de l’énergie de 1991, un instrument juridiquement contraignant qui promeut la coopération industrielle est-ouest dans des domaines tels que l’investissement, le transit et le commerce.
Dans une déclaration faite dans AFX news à Moscou, « il est dans l’intérêt de l’Europe tout entière de voir la Russie trouver un moyen de ratifier cette charte ».
Le ministre russe des finances, Alexei Koudrine, a fait un pas prudent en ce sens en indiquant dans un article de Reuters qu’à l’avenir, « l’accès au pipeline d’exportations deviendra égal. Je ne suis pas prêt à dire quand cela se produira ».
La brève interruption de l’approvisionnement de Kiev dans la « guerre du gaz » en janvier 2006, a mis en évidence la dépendance de l’Europe envers le gaz russe (un quart de sa consommation) et a placé la sécurité de l’approvisionnement énergétique comme priorité de l’agenda de l’UE (EURACTIV, 5 janv. 2006).
La Russie a par ailleurs fait de la sécurité énergétique le thème central du G8 qu’elle préside cette année.
