Les dirigeants européens vont tenter de faire front commun lors d’un sommet qui se tient aujourd’hui 1er septembre à Bruxelles afin de revoir les relations de l’UE avec Moscou suite au conflit en Géorgie. Pour l’instant, aucune sanction n’apparaît toutefois à l’ordre du jour.
Même si des représentants de l’ONU ont annoncé que les troupes russes empêchent actuellement les Géorgiens de regagner leur foyer en Ossétie du Sud, la France, qui occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a déclaré qu’elle s’abstiendrait de proposer des sanctions à l’encontre de la Russie (EURACTIV 29/08/08).
Selon le cessez-le-feu négocié par l’UE (EURACTIV 29/08/08), la Russie et la Géorgie étaient censées ramener leurs forces à leurs positions d’avant-guerre. Mais Moscou estime que l’une des clauses de l’accord lui donne le droit de mettre en place des zones de sécurité désormais marquées par ses propres postes de contrôle.
Un ton conciliant
Reprenant le ton conciliant de la France, le Premier ministre slovène Janez Jansa a déclaré hier 31 août que le sommet n’émettrait aucune proposition de sanctions à l’encontre de la Russie. Selon lui, c’est d’ailleurs ce qu’a fait comprendre la présidence française, dont il soutient le point de vue.
Vendredi 29 août, le Premier ministre bulgare Ivailo Kalfin avait lui aussi indiqué que son pays s’opposait à des sanctions. D’après lui, c’est le dialogue avec la Russie qui aidera à résoudre la crise en Géorgie, et non les sanctions.
Une position plus ferme
Toutefois, plusieurs pays de l’UE – notamment la Pologne, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie, la Suède et le Royaume-Uni – appellent à adopter une ligne plus dure avec Moscou. Dans un article virulent publié par The Observer, le Premier ministre britannique Gordon Brown a enjoint à une révision fondamentale des relations avec la Russie. Indiquant que l’adhésion de la Russie au G8 pourrait être gelée, M. Brown a en outre mis en garde l’UE contre les dangers que représente la dépendance énergétique européenne à l’égard de la Russie. (EURACTIV 1/09/08).
Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel auraient quant à eux effectué des démarches diplomatiques intensives par téléphone, appelant la Pologne à ne pas requérir de sanctions lors du sommet de Bruxelles.
Un rapprochement des relations avec la Géorgie
Même si l’UE semble encore loin d’envisager des sanctions à l’encontre de la Russie, les dirigeants européens devraient toutefois offrir davantage d’aide humanitaire, économique et morale à la Géorgie. Ils devraient en outre signaler à Moscou qu’il est impossible d’entretenir des relations normales à moins que les troupes russes ne respectent l’accord de cessez-le-feu.
Des officiels français et belges ont indiqué que les dirigeants européens pourraient nommer un envoyé spécial qui garantirait la bonne application du cessez-le-feu en Géorgie. Selon eux, un responsable politique important, éventuellement le président français Nicolas Sarkozy, pourrait être envoyé en mission dans la région.
D’après le president géorgien Mikhail Saakashvili, le sommet européen est le signe d’un soutien international fort à l’égard de son pays. Il a déclaré à la télévision que la Russie se trouvait aujourd’hui plus isolée que l’Union soviétique ne l’avait jamais été. Certains pays de l’UE ont exprimé leur souhait d’inviter M. Saakashvili au sommet, mais de nombreux pays ont rejeté cette idée. Aussi pro-occidental que M. Saakashvili puisse paraître, il est également vu comme le responsable du déclenchement de la crise actuelle. Le 7 août, M. Saakashvili avait en effet donné l’ordre de bombarder la capitale sud-ossète Tskhinvali.
Le 31 août, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a mis en garde les nations européennes de ne pas se faire l’écho de la politique sévère des Etats-Unis avec la Russie en servant les intérêts politiques d’un autre pays. Le président russe Dmitri Medvedev a indiqué que la Russie pourrait certes considérer la mise en place de sanctions économiques contre les nations ennemies, mais qu’il préférerait éviter d’en arriver là.

