Les dons pour la Géorgie surpassent les attentes [FR]

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Hier, l’UE et d’autres donneurs internationaux ont promis 3,5 milliards d’euros pour reconstruire la Géorgie, touchée par le conflit, et pour stimuler son économie en difficulté. Ils ont demandé des réformes démocratiques en échange. De son côté, la Commission européenne a annoncé que les pourparlers de paix entre la Russie et la Géorgie se poursuivraient le 18 novembre à Genève.

Le montant total promis par les donateurs est estimé à 3,7 milliards de dollars en prêts du secteur public et à 850 millions de dollars du secteur privé. L’UE, donateur le plus généreux, a promis 863 millions d’euros jusqu’à 2011 (1,1 milliard de dollars). Elle est suivie par les Etats-Unis (1 milliard de dollars) et par le Fonds monétaire international (750 millions de dollars), qui a promis presque un milliard. Le Japon s’est engagé à verser 200 millions de dollars.  

La contribution de l’Europe se compose de fonds de la Commission, des 27 Etats membres et de la Banque européenne d’investissement. Le part fournie par l’exécutif européen représentera presque deux tiers du montant total de l’aide européenne (500 millions d’euros). Le président José Manuel Barroso a affirmé que c’est « un impératif moral d’aider un voisin dans le besoin ». 

Selon la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, les fonds pourraient répondre à trois objectifs clé : reconstruire l’infrastructure stratégique (notamment les installations produisant de l’énergie), stimuler l’investissement et fournir de la nourriture et un toit à ceux qui sont dans le besoin. 

Evaluant le coût total des dommages causés par la guerre à 1 milliard de dollars, la Banque mondiale a estimé le montant nécessaire à 2,3 milliards de dollars jusqu’en 2010. Ces estimations ont été faites avant la situation actuelle de la crise financière et la menace de récession à l’échelle internationale

Les leaders de l’opposition géorgienne ont envoyé une lettre ouverte à la conférence pour demander aux donateurs de contrôler étroitement l’allocation des fonds. Mme Ferrero-Waldner a fait savoir que les financements étaient uniquement prévus pour les efforts de reconstruction et de secours d’urgence, et non pour renforcer l’administration du président Mikhaïl Saakashvili, que les leaders de l’opposition ont accusé d’avoir provoqué l’intervention militaire russe en août. 

Tous les participants ont en outre réaffirmé leur soutien résolu à l’intégrité territoriale de la Géorgie. Ils ont justifié leur décision de ne pas inviter la Russie en signalant que cette conférence était destinée à montrer leur solidarité à l’égard de la Géorgie. 

L’UE s’est également engagée à améliorer ses relations avec le pays dans un avenir proche sans pour autant évoquer de promesses concrètes. 

 

Le président de la Commission José Manuel Barroso a indiqué que la solidarité avec la Géorgie et son peuple touché par le conflit est un « impératif moral » pour la communauté internationale.

S’exprimant devant la presse au sortir de la conférence des donateurs à Bruxelles, la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner a déclaré que le montant dépassait ses espérances et qu’il s’agissait d’un jour de joie. 

Le Premier ministre géorgien Lado Gurgenidze a indiqué que les 4,5 milliards de dollars dépassaient largement les attentes de son pays. Selon lui, les Géorgiens ne vont jamais oublier l’aide qui leur a été apportée malgré la conjoncture actuelle.

Le 7 août, les troupes géorgiennes ont envahi la région séparatiste d’Ossétie du Sud. L’Ossétie du Sud et l’Abkhazie (l’autre province disputée) font officiellement partie du territoire géorgien, mais sont en réalité autonomes et en grande partie sous l’influence de la Russie

La Russie a répondu par une action militaire de grande envergure, envahissant une partie de la Géorgie et suscitant des inquiétudes en Occident. En effet, certains craignaient que la Russie ne profite de l’occasion pour renverser Mikhaïl Saakashvili, le président géorgien pro-occidental, et ne fasse de la Géorgie un Etat vassal, comme lors de l’époque soviétique.

Le mois dernier, la France a négocié un accord pour mettre fin à la guerre en Ossétie du Sud, mais depuis lors, Moscou défie l’Occident en maintenant ses troupes dans des « zones de sécurité » le long des frontières séparant la Géorgie de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, une autre région rebelle. La décision russe de reconnaître l’indépendance de ces deux régions a encore desserré les liens avec l’Occident.  

Lors d’un sommet extraordinaire le 1er septembre, les dirigeants européens ont décidé de geler les négociations sur un nouveau traité fondamental UE-Russie jusqu’à ce que Moscou se soumette complètement au plan de paix.

  • 18 nov. 2008 : deuxième tour des pourparlers de paix entre la Russie et la Géorgie à Genève.

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