Les élections russes essuient la critique internationale [FR]

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Invoquant la fraude généralisée et l’intimidation des partis de l’opposition, le Conseil de l’Europe, le gouvernement allemand, l’OCDE et un certain nombre d’autres parties sont intervenus pour condamner le déroulement des récentes élections législatives en Russie.

D’après de nombreux observateurs, la victoire retentissante et la nette majorité parlementaire du parti Russie unie permettront au président russe sortant Vladimir Poutine de tirer les ficelles du pouvoir dans l’ombre, tout en laissant ses fonctions à un autre président, probablement un de ses proches.

Selon certaines hypothèses, Poutine, qui, selon le droit russe ne peut pas briguer un troisième mandat consécutif, pourrait être réélu président après le prochain mandat présidentiel. En attendant, il pourrait travailler en tant que président de la chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération.

Même si le nom du prochain leader russe après les élections présidentielles en 2008 n’est pas encore certain, en septembre, M. Poutine a nommé Premier ministre Viktor Zubkov, un inconnu pro-Poutine, auparavant chef de la lutte contre le blanchiment d’argent en Russie.

Le parti Russie unie devrait officiellement annoncer son candidat aux élections présidentielles lors d’une convention du parti prévue le 17 décembre.

Une mission d’observation parlementaire, conjointement menée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Conseil de l’Europe a conclu que les élections n’étaient pas équitables et n’avaient pas respecté de nombreuses normes des organisations pour la tenue d’élections démocratiques.

La présidence portugaise de l’UE s’est dite préoccupée de l’incarcération de militants de l’opposition durant les élections tout au long du week-end.

Alors que le ministre britannique des Affaires étrangères et le gouvernement français ont appelé la Russie à prendre en considération les allégations de fraude électorale, le gouvernement allemand a déclaré que, selon ses propres normes, ces élections n’étaient ni libres, ni démocratiques et a conclu que la Russie, qui n’était pas une démocratie, en est encore très loin aujourd’hui.

Mais le président russe Vladimir Poutine a nié ces allégations. Il voit dans l’issue des élections un signe, selon lequel les Russes ne permettront jamais que leur pays disparaisse, comme d’autres pays de l’ex-Union soviétique.

Johannes Laitenberger, porte parole de la Commission, a déclaré que l’UE était consciente des allégations concernant les irrégularités. La Commission publiera un commentaire sur les élections une fois que les rapports pertinents auront été analysés.

Le Parlement européen s’est montré globalement critique sur la question.

Ria Oomen-Ruijten, eurodéputé néerlandaise chrétienne démocrate (PPE-DE) a déclaré que si la Russie voulait montrer qu’elle était une démocratie ouverte et transparente, elle devrait enquêter sur l’ensemble des allégations concernant l’organisation d’élections inéquitables. Selon elle, il faut prendre très au sérieux les observations de la mission de députés de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) et de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation pour la sécurité et le développement en Europe (OSCE AP).

L’eurodéputé Graham Watson, leader des libéraux démocrates (ALDE), a dénoncé l’issue des élections, taxant Poutine de populiste aux airs de dictateur. Il doute que la Russie remplisse encore les critères exigés pour adhérer au Conseil de l’Europe. Selon lui, les résultats des élections montrent l’échec de l’Occident à comprendre la Russie et sa population.

Janusz Onyszkiewicz, eurodéputé polonais libéral, prévoit que l’issue des élections donnera tout le contrôle de l’ensemble des institutions politiques à une seule personne, dont le programme consistant à renforcer encore le pouvoir de l’Etat, pourrait conduire à une dictature autocratique.

Pour le groupe Vert/ALE, les élections étaient un faux-semblant dépourvu de crédibilité démocratique. Il a appelé l’UE à adopter une approche plus responsable dans ses relations avec le régime en introduisant des clauses sur des questions comme les normes démocratiques minimum dans les contrats énergétiques conclus avec la Russie.

Lors des élections du 1er et 2 décembre, Russie unie, le parti du président sortant Vladimir Poutine, a remporté 64,1 % des votes, écrasant ainsi un certain nombre de partis de l’opposition.

Seuls trois des dix partis candidats ont dépassé le seuil des 7 % nécessaires pour être représenté à la Douma d’Etat, le Parlement russe.

Tout au long du week-end, les élections ont déjà attiré de nombreuses critiques de trucage (EURACTIV 03/12/07).  

  • 17 Dec.: United Russia to announce presidential candidate for 2008 elections.

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